État des lieux concernant les effets des nouvelles formes de travail sur la santé
Le rapport analyse, sur la base d'une recherche systématique de littérature, la diffusion de nouvelles formes de collaboration en Suisse, leurs liens avec la santé mentale ainsi que les chances et les risques qui y sont liés.
Les nouvelles formes de collaboration se distinguent par trois caractéristiques principales :
- Des structures organisationnelles modifiées qui permettent une plus grande participation, une plus grande implication et une plus grande démocratie. Elles vont de pair avec la suppression des niveaux hiérarchiques traditionnels.
- Des structures et des styles de direction modifiées, qui favorisent l'auto-organisation des équipes. Les tâches de direction sont également assumées par des collaborateurs qui n'ont pas de fonction de direction légitimée par la hiérarchie.
Nouvelles pratiques de travail en équipe, dans lesquelles les membres de l'équipe s'organisent eux-mêmes et participent activement aux décisions.
Diffusion de nouvelles formes de collaboration : Kanban est la forme la plus répandue et est utilisée par une personne active sur dix en Suisse. Scrum suit avec 8%, SAFe avec 4% et Scrum of Scrums 2%. L'holacratie - en tant que forme particulièrement étendue de nouvelle collaboration dans les organisations - concerne environ 2% de la population active. Selon Soltermann et Weichbrodt (2025), environ 30% de la population active suisse met en œuvre au moins une forme de nouvelle collaboration. C'est une proportion considérable et une lente augmentation est à prévoir. Il n'en reste pas moins que jusqu'à présent, les nouvelles formes de collaboration ne sont réellement vécues au quotidien que par une minorité.
Liens entre les nouvelles formes de collaboration et la santé mentale : Des études empiriques indiquent que les nouvelles formes de collaboration offrent plus de chances que de risques pour la santé mentale. Les méthodes agiles, en particulier, ont des effets bénéfiques sur la santé d'autant plus importants qu'elles sont appliquées de manière fréquente et cohérente. Même au sein des hiérarchies traditionnelles, des études montrent des liens majoritairement positifs entre la mise en œuvre de nouvelles formes de coopération et la santé des collaborateurs. Les méthodes agiles sont associées à une réduction du stress et de l'épuisement ainsi qu'à une augmentation du bien-être, de l'engagement, du sens vécu, de l'auto-efficacité professionnelle, du soutien social, de la cohésion d'équipe, de l'autonomie, de la performance d'équipe, du comportement innovant et de l'empowerment. Toutefois, les études montrent également que si les nouvelles formes de collaboration ne sont pas introduites et accompagnées de manière durable, des risques peuvent apparaître - par exemple en raison de l'intensification du travail, d’une surcharge des tâches, de la pression constante du travail, de l'accessibilité permanente, du manque de ressources ou des conflits de rôles.
Recommandations d’action : Pour les acteurs de l'entreprise, une introduction soigneuse et un accompagnement continu des nouvelles formes de collaboration sont décisifs. Il convient tout d'abord de vérifier si de telles formes sont appropriées et dans quels domaines. Ensuite, il convient de préparer les collaborateurs de manière ciblée, par exemple par des formations, une communication transparente des responsabilités et des priorités, suffisamment de temps et la promotion des relations sociales. Compte tenu des lacunes existantes en matière de recherche et du manque d'études exigeantes sur le plan méthodologique, il est recommandé de rendre la recherche future plus exigeante. Les ambivalences lors de l'introduction, les formes hybrides de mise en œuvre (nouvelles formes de collaboration au sein des hiérarchies traditionnelles) et les processus de travail numériques devraient être pris en compte. Des points de départ pertinents ont été identifiés pour les acteurs interentreprises tels que les partenaires sociaux et les autorités. Étant donné que les nouvelles formes de collaboration modifient fondamentalement le monde du travail, les acteurs interentreprises peuvent contribuer à créer des conditions-cadres saines, à promouvoir des projets pilotes innovants et à soutenir les initiatives de recherche.
Santé psychique
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