Drug checking : le Conseil fédéral veut simplifier les règles
Le Conseil fédéral souhaite renforcer la sécurité juridique du drug checking, considéré comme un outil essentiel de réduction des risques. Au niveau national, Infodrog a engagé un processus participatif avec les offres de drug checking pour traiter certaines de ces questions. En Suisse romande, le GREA et sept organisations actives dans le domaine ont contribué à la réflexion en publiant une prise de position commune pour que les pratiques du terrain soient pleinement prises en compte.
Le drug checking permet aux personnes qui consomment des substances de faire analyser gratuitement et anonymement leurs produits, avec un entretien de conseil sur les risques. Lancé à Berne en 1998, le dispositif s’est étendu à plusieurs villes, dont Genève, Lausanne, Bienne, Bâle, Zurich et Lucerne. En 2024, près de 8000 échantillons ont été analysés en Suisse. Face à l’arrivée de nouveaux produits comme les opioïdes de synthèse (fentanyl, nitazènes) ou les cathinones synthétiques, son utilité est largement reconnue.
Dans son rapport du 24 juin 2026 en réponse au postulat Molina, le Conseil fédéral pointe pourtant une difficulté structurelle : le drug checking n’est pas explicitement réglé dans la loi sur les stupéfiants. Selon les substances analysées, les structures doivent obtenir des autorisations auprès de l’OFSP, des cantons, de Swissmedic et du Département fédéral de l’intérieur.
Pour préparer la suite, Infodrog a lancé un processus participatif réunissant les offres de drug checking de toute la Suisse. Côté romand, Nuit Blanche de Première Ligne (Genève), Nightlife Vaud, Addiction Neuchâtel, REPER, Le Tremplin et AdO (Fribourg) ainsi que Promotion Santé Valais ont uni leurs réflexions avec le GREA, en collaboration avec Infodrog. Leur prise de position, publiée en août, rappelle que le drug checking relève avant tout d’une compétence cantonale et communale : le cadre national doit préserver la marge de manœuvre des acteurs locaux pour adapter l’offre aux réalités de leur territoire. Les organisations romandes plaident aussi pour que les données issues du terrain alimentent davantage le système d’alerte d’Infodrog, qui a diffusé 893 alertes en 2025, et pour un monitorage national harmonisé intégrant les questionnaires courts déjà développés par les équipes romandes.
Pour mettre fin à l’insécurité juridique, le Conseil fédéral propose quant à lui une autorisation unique délivrée par le canton, des exigences de qualité et de sécurité harmonisées, une meilleure exploitation des données dans un monitorage national et l’élaboration de standards spécifiques pour l’accueil des mineur·es, aujourd’hui officiellement admis·es uniquement à Zurich et à Bâle.
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