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VIVRE AVEC UN CONJOINT
alcoolodépendant

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CELA N'ARRIVE PAS QU'À MOI...
Vivre avec une personne dépendante de l'alcool est une situation difficile où l'on ne cesse de se poser des questions et de se remettre en question. Espoir, désespoir, amour, haine, colère, culpabilité... tant de sentiments qui se succèdent ou cohabitent qu'il arrive souvent qu'on ne sache plus où on en est. Parfois colère, tristesse et découragement nous amènent à en perdre nous-mêmes le sommeil et à affecter notre propre santé physique. Et puis il y a aussi de nombreuses questions qui nous empoisonnent la vie : suis-je responsable de la situation ? Quand il me dit qu'il boit à cause de moi, est-ce vrai ? Comment cacher la situation à mon entourage ?... Ces sentiments de honte et de culpabilité nous isolent peu à peu. S'offrir du bon temps, suivre ses envies et ses désirs, se changer les idées deviennent missions impossibles par manque de temps, parce qu'on n'a plus l'énergie de sortir et parce qu'on a peur qu'une catastrophe se produise en notre absence. Alors peu à peu s'installent solitude, épuisement, désespoir et le sentiment d'avoir raté quelque chose et de ne rien pouvoir changer.
ET POURTANT NOMBREUSES SONT LES FEMMES, PARTENAIRES, MÈRES, FILLES OUI SOUFFRENT D'UNE TELLE SITUATION AVEC LE SENTIMENT D'ÊTRE TOTALEMENT SEULES. EN EFFET ON ESTIME QU'IL Y A EN SUISSE ENTRE 450'000 ET 900'000 PERSONNES OUI VIVENT AVEC UN PROCHE ALCOOLIQUE ET BEAUCOUP DE CES PERSONNES SONT DES FEMMES.
QU'EST-CE OUI SE PASSE ?

Pour tenter d'améliorer la situation, d'aider son partenaire à arrêter de consommer, nous essayons différentes stratégies : essayer de comprendre, discuter, menacer, aimer davantage, réduire nos propres exigences,... et rien n'y fait ou du moins durablement. Alors que se passe-t-il ? Que dois-je faire pour bien faire ?
Parallèlement à l'évolution de la maladie de l'alcoolisme s'installe petit à petit un processus que l'on appelle codépendance. C'est une suite d'attitudes et de réactions que nous adoptons pour aider notre partenaire mais qui, finalement, nous épuisent sans que la situation ne s'améliore en définitive. Pour être en mesure d'aider l'autre, il est nécessaire de comprendre ce processus. Peut-être vous reconnaîtrez-vous dans l'une ou l'autre ou dans toutes les situations décrites ci-dessous.

ima41108.gif (571 octets)    PROTÉGER ET EXCUSER
«II a beaucoup de travail... beaucoup de soucis... ses amis l'entraînent à boire... il ne sait pas dire non...»; bien souvent nous cherchons des excuses ou des raisons pour expliquer pourquoi il boit trop.

Bien souvent aussi nous assumons les responsabilités à sa place, pour lui éviter des soucis ou parce qu'il n'est pas en état de les assumer. Et puis, nous cachons à notre entourage ces épisodes qui nous mettent mal à l'aise. La peur et la honte nous rendent muettes, et comme il devient de plus en plus difficile d'en parler avec notre partenaire, nous finissons par nous taire et nous isoler avec ce problème.

ima41108.gif (571 octets)   CONTRÔLER
Protéger et excuser n'a rien changé au problème, alors nous essayons de limiter les consommations, de contrôler ce qu'il fait, où il va, avec qui... Nous développons parfois d'ingénieuses stratégies pour essayer de maîtriser la consommation d'alcool de notre partenaire. Mais là encore le problème persiste et notre humeur varie au gré de l'humeur de notre partenaire. Il boit peu, il sort moins et nous retrouvons espoir. II rentre tard et s'endort sur le canapé et c'est la déception. Sans compter que nous perdons peu à peu confiance en lui et en nous-mêmes, ainsi qu'en notre capacité à l'aider et à l'empêcher de boire. Alors les épisodes de disputes, les colères éclatent de plus en plus souvent... colère contre lui, contre l'alcool, contre nous-mêmes, contre ceux qui boivent avec lui, contre ceux qui voient son problème et ne disent rien...

ima41108.gif (571 octets)   ACCUSER
Lorsque la situation est devenue insupportable et que toutes nos tentatives pour essayer de le faire arrêter de boire ont échoué, nous laissons alors libre cours aux reproches. C'est à cause de lui que tout va mal, c'est lui qui nous rend malheureuse... il doit arrêter de boire sinon il sera responsable des conséquences qui peuvent aller d'une dénonciation pour conduite sous effet de l'alcool à une demande de divorce.

IL AURA FALLU BEAUCOUP D'ÉNERGIE DÉPENSÉE, DE SOUFFRANCES ACCUMULÉES, DE MOMENTS D'ESPOIR ET DE DOUTE POUR FINALEMENT NOUS RENDRE COMPTE DUE NOUS NE POUVONS PAS FAIRE LES CHOSES À SA PLACE ET QUE SANS SON ENGAGEMENT DANS UNE DÉMARCHE, TOUTES NOS TENTATIVES N'ARRIVENT PAS À STOPPER LA PROGRESSION DE LA MALADIE DE LA DÉPENDANCE. POURTANT NOUS POUVONS FAIRE QUELQUE CHOSE, MÊME S'IL N'EST PAS PRÊT À SE FAIRE SOIGNER.

COMPRENDRE LE RÔLE QUE L'ON JOUE

Pour une femme, il est particulièrement difficile de ne pas offrir spontanément son aide et son soutien. L'image de la femme est en effet souvent associée à des qualités comme la patience, la sensibilité, la serviabilité, le dévouement, la capacité à se mettre à la place de l'autre. Ces représentations sociales imprègnent et déterminent notre comportement de femme et l'image que nous avons de nous-mêmes.

Nous nous sentons facilement responsables et pensons que, sans notre aide, il n'arrivera pas à s'en sortir... quitte à devoir nous-mêmes avoir recours à des médicaments ou à d'autres substances pour pouvoir tenir le coup dans une telle situation.

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QUE FAIRE ? QUEL COMPORTEMENT ADOPTER ?

Un couple, c'est un peu comme un engrenage : les pièces s'imbriquent les unes dans les autres et tournent à un rythme donné. Si une des pièces se met à tourner différemment, tout l'engrenage doit tourner différemment... ou casser. Alors plutôt que désespérer de le voir changer... si MOI je change quelque chose, cela aura nécessairement une influence sur son comportement à lui. Mais que changer ?

ima41109.gif (454 octets)    ACCEPTER QUE JE NE PEUX PAS ARRÊTER DE BOIRE À SA PLACE, NI ME FAIRE SOIGNER À SA PLACE
ima41109.gif (454 octets)    JE NE PEUX CHANGER QUE MOI-MÊME
ima41109.gif (454 octets)    JE PEUX RÉ-APPRENDRE À RÉPONDRE À MES BESOINS ET MES ENVIES : FAIRE CE OUI ME FAIT PLAISIR, RENCONTRER LES PERSONNES QUE J'AIME, PRENDRE DU TEMPS POUR M'OCCUPER DE MOI
ima41109.gif (454 octets)    JE NE DOIS PAS ME SENTIR COUPABLE : IL NE BOIT PAS À CAUSE DE MOI, IL BOIT PARCE QU'IL EST MALADE DE L'ALCOOL ET C'EST LA SEULE RAISON OUI EXPLIQUE SON COMPORTEMENT
ima41109.gif (454 octets)    JE PEUX POSER DES LIMITES POUR NE PLUS SOUFFRIR PAREILLEMENT DE CE PROBLÈME D'ALCOOL
ima41109.gif (454 octets)    JE NE DOIS PLUS TOUT ASSUMER À SA PLACE NI TOUT FAIRE À SA PLACE
ima41109.gif (454 octets)    JE PEUX CHERCHER DE L'AIDE POUR MOI-MÊME, POUR SOULAGER MA SOUFFRANCE ET M'AIDER DANS MA DÉMARCHE.
ACCEPTER DE CHERCHER DE L’AIDE POUR SOI-MÊME

Même si c'est mon partenaire qui est dépendant de l'alcool, sa maladie m'affecte tellement qu'il m'est difficile de continuer à supporter la situation. Nous ne pouvons que vous encourager à chercher de l'aide à l'extérieur de votre couple auprès de :

ima41110.gif (468 octets)   un médecin en qui vous avez confiance et à qui vous pouvez parler de votre situation

ima41110.gif (468 octets)   un centre de consultation en alcoologie et autres dépendances. Dans chaque canton, vous trouverez les adresses de ces différents services dans l'annuaire téléphonique sous les rubriques suivantes : alcoolisme, centre de consultation, ligues...

ima41110.gif (468 octets)    un groupe d'entraide qui réunit des proches de personnes dépendantes; vous pouvez trouver les coordonnées des groupes AI-anon dans l'annuaire ou auprès des centres spécialisés (ci-dessus).

VOUS POUVEZ FAIRE APPEL À L'UNE OU/ET L'AUTRE DE CES DIFFÉRENTES RESSOURCES. CHOISISSEZ LA VOIE QUI VOUS CONVIENT LE MIEUX ET SURTOUT CELLE OÙ VOUS VOUS SENTIREZ COMPRISE ET ÉCOUTÉE. TOUTES CES PERSONNES ONT LE DEVOIR DE GARDER POUR ELLES-MÊMES CE QUE VOUS ALLEZ LEUR CONFIER; DE PLUS, LEURS PRESTATIONS SONT SOIT GRATUITES SOIT PRISES EN CHARGE PAR VOTRE ASSURANCE-MALADIE.

APPRENDRE À AIDER …

Comment aider quelqu'un oui ne demande rien et oui ne souhaite pas changer ?

II est légitime de vouloir aider votre partenaire, mais parfois aider c'est trouver le courage de lâcher prise, c'est-à-dire de laisser votre partenaire assumer lui-même les responsabilités de sa consommation d'alcool et leurs conséquences au quotidien... même si, dans un premier temps, il vous semblera inhumain de le laisser se détruire sans rien essayer de faire. Mais peut-être est-ce la seule façon pour votre partenaire de prendre conscience de la gravité de sa maladie et du besoin qu'il a de se faire soigner.

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LA DYNAMIQUE DU CHANGEMENT

Votre nouvelle attitude va forcément provoquer des changements. II faut vous préparer à ce que ces changements ne soient pas nécessairement positifs et qu'ils engendrent une augmentation de la consommation, des menaces, des conflits. Impossible de prédire la réaction de votre partenaire mais il va certainement réagir, parce que quelque chose change dans sa vie à lui aussi et qu'il souhaiterait que les choses restent comme elles ont été jusque-là. N'hésitez pas à chercher de l'aide, car cela peut être un moment particulièrement difficile pour vous et, dans ces conditions; vous hésiterez certainement à poursuivre dans cette nouvelle voie.

Pourtant si vous lui laissez assumer ses responsabilités et ses tâches, non seulement vous aurez vous-même le sentiment de revivre et de reprendre goût à la vie, mais votre bien-être retrouvé ne pourra que donner espoir à votre partenaire qu'il peut lui aussi changer, lui aussi chercher de l'aide pour lui-même, afin d'atténuer les souffrances de sa maladie : II n'y a que lui qui peut s'offrir cette chance.

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REDONNER LA RESPONSABILITÉ DE LA MALADIE ET DE SON TRAITEMENT À SON PARTENAIRE, LÂCHER PRISE, PRENDRE CONSCIENCE DE SES PROPRES BESOINS ET Y RÉPONDRE; VOILÀ UNE REDÉCOUVERTE POUR VOUS-MÊME. PRÉPAREZ-VOUS À FAIRE FACE À DES REMARQUES INTERROGATIVES ET PARFOIS DÉSOBLIGEANTES DE VOS INTERLOCUTEURS : «COMMENT PEUT-ELLE LE LAISSER TOUT SEUL? POURQUOI EST-ELLE SI INSENSIBLE ? POURQUOI NE L'AIDE-T-ELLE PAS ?»... TOUT LE MONDE N'A PAS VOTRE EXPÉRIENCE ET SPONTANÉMENT TOUT LE MONDE PENSE QU'IL FAUT PROTÉGER, EXCUSER, AIMER, ÊTRE PRÉSENT, TROP PARFOIS, POUR AIDER UN PARTENAIRE DÉPENDANT. VOUS AUSSI VOUS AVEZ CRU CELA... À PRÉSENT, VOUS SAVEZ QUE FAIRE, PRENDRE DU TEMPS POUR VOUS-MÊME ET NE PAS HÉSITER À CHERCHER DE L'AIDE À L'EXTÉRIEUR!

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Institut suisse de prévention de l'alcoolisme et autres toxicomanies
Schweizerische Fachstelle fÜr Alkohol- und andere Drogenprobleme
Istituto svizzero di prevenzione del l'alcolismo e altre tossicomanie

En collaboration avec GREAT, A+S et Ingrado.
Avec le soutien financier de l'Office fédéral de la santé publique

Pour toutes informations :
ISPA : tél. 021 321 29 85




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