5) Des vitamines contre le cancer et l'infarctus du myocarde ?

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Récemment, certaines vitamines ont fait beaucoup parler d'elles sous le thème de la "protection cellulaire" et dans le contexte de la prévention des maladies. Maintenant que des maladies de carence comme le scorbut et le rachitisme ont pratiquement disparu, l'intérêt se porte sur l'action préventive des vitamines dans le cancer et les maladies cardio-vasculaires. Des études passionnantes portent en effet à croire qu'elles s'opposent à ces maladies de civilisation ainsi qu'à différentes manifestations du vieillissement. Rappelons ici quelques faits :

Aussi bien dans les affections cardio-vasculaires que dans l'apparition d'un cancer, la façon dont nous nous alimentons joue un rôle important. Il va sans dire que ces maladies dites "de civilisation" sont à l'origine non seulement de grandes souffrances, mais encore de dépenses énormes. Il est donc d'autant plus intéressant de savoir quelle contribution les vitamines peuvent apporter déjà au niveau de la prévention des maladies chroniques.

Les radicaux libres et leurs antagonistes (les antioxydants)

L'attention est centrée sur les vitamines dites antioxydantes, la vitamine C, la vitamine E et le bêta-carotène, un précurseur de la vitamine A. Ces vitamines sont actuellement considérées comme des substances protectrices indispensables et comme des antagonistes des molécules qui agressent l'organisme, autrement dit les radicaux libres. Par radicaux libres, on n'entend ni un groupe politique ni une bande de fanatiques militants. Il s'agit en fait de molécules fortement réactives, à l'action destructrice, qui proviennent tant du métabolisme normal que d'un certain nombre de facteurs extérieurs comme les rayons ultraviolets, le smog, la pollution de l'environnement, ou encore d'une agression intérieure telle que la prise de médicaments, d'alcool et de nicotine. Ils réagissent avec les lipides et les protides de l'organisme, ce qui peut provoquer des lésions ayant de graves conséquences au niveau des cellules et des tissus : ils jouent un rôle capital dans le développement de maladies telles que le cancer, l'artériosclérose, la cataracte (opacification du cristallin) et d'autres maladies de civilisation. Ils interviennent également dans le vieillissement et ses manifestations (taches de vieillesse, par exemple).

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: Les radicaux libres (ima39813.jpg (866 octets)) peuvent endommager la cellule en attaquant la membrane de celle-ci.

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: L'action combinée de différents antioxydants protège les cellules de l'agression des radicaux libres. La vitamine E et le bêta-carotène (ß-C), tous deux liposolubles, se fixent dans la membrane cellulaire et constituent déjà à ce niveau une première ligne de défense. La vitamine C, hydrosoluble, protège le contenu liquide de la cellule.

Une série d'études récentes a permis de confirmer ce que l'on supposait déjà depuis longtemps sur la base d'observations expérimentales. A savoir que les vitamines antioxydantes diminuent le risque d'être victime d'une des maladies précédemment mentionnées. Il ressort par exemple de l'étude chinoise qui vient d'être publiée qu'une association de vitamine E, de bêta-carotène et de sélénium protège de certains types de cancer - en particulier du cancer de l'estomac, très fréquent dans ce pays. Chez les personnes ayant participé à l'étude, qui avaient pris cette association de vitamines tous les jours pendant plusieurs années, le taux global de mortalité a en outre baissé de neuf pour cent. Des études réalisées en Suisse vont dans la même direction. Dans l'"étude de Bâle", étude à large échelle menée chez plusieurs milliers de personnes, on a fait la constatation suivante : plus le taux des vitamines antioxydantes dans le sang est faible, et plus grand est le risque de cancer. Cette corrélation s'est vérifiée tout particulièrement pour les vitamines C et E. Une autre étude a permis de démontrer l'efficacité de hautes doses de vitamine E dans les affections cardiovasculaires. Il s'est avéré dans ce cas que la prise quotidienne de vitamine E (100 milligrammes au minimum) pendant deux ans ou plus entraînait une réduction d'environ 40 pour cent des maladies cardiaques.


Comment s'explique-t-on l'effet surprenant de cette vitamine ? Les vitamines antioxydantes peuvent protéger les cellules humaines du fait qu'elles captent les radicaux libres excédentaires. La ligne de défense des vitamines ne fonctionne que si celles-ci sont présentes en quantités suffisantes, et combinées comme il convient. Une vitamine, à elle seule, n'offre pas la protection suffisante. C'est uniquement l'action combinée de plusieurs antioxydants qui permet de s'opposer à l'agression des radicaux libres.

Quelle quantité faut-il donc prendre ?

Notre corps est donc constamment exposé aux attaques des radicaux libres. Dans un premier temps, nous ne les sentons pas, mais tous les petits coups d'épingle qu'ils infligent à notre corps s'ajoutent au fil des années. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle des maladies comme le cancer et l'artériosclérose apparaissent surtout à partir d'un certain âge. La vitamine C, la vitamine E et le bêta-carotène contribuent à tenir les radicaux libres en échec, à condition qu'ils soient absorbés en quantités suffisantes. Mais qu'entend-on par quantité suffisante ? Sur cette question, les spécialistes ne sont pas tous du même avis ; une chose, toutefois, est claire : pour une santé optimale et à titre préventif, il est souhaitable que l'apport en vitamines antioxydantes soit assez important, c'est-à-dire que, par rapport à la dose journalière officiellement recommandée, la dose de vitamines antioxydantes à prendre chaque jour doit être nettement augmentée. Ce que cela veut dire pour chacune de ces vitamines dans l'état actuel des connaissances est indiqué dans le tableau ci-dessous. Selon l'appartenance à tel ou tel groupe à risque (voir Sommaire partie n° 4), on ajustera la dose vers le haut.

Celui ou celle qui croit à l'action protectrice des antioxydants et désire se nourrir en conséquence aura toutefois de la peine à se procurer par la seule alimentation toutes les vitamines nécessaires en quantité requise. Cela vaut particulièrement pour la vitamine E. Pour arriver par exemple à 100 mg, il faudrait absorber par jour environ 200 grammes d'huile de tournesol, ce qui serait naturellement une absurdité d'un pur point de vue nutritionnel. C'est la raison pour laquelle de nombreux chercheurs spécialisés dans l'étude des vitamines et des antioxydants prennent eux-mêmes un complément de vitamines sous la forme d'un produit pharmaceutique. La prise complémentaire d'antioxydants ne doit toutefois jamais constituer un alibi justifiant une alimentation ou un style de vie contraires à la santé.

L'être humain ne pourra sans doute jamais réaliser son vieux rêve d'éternelle jeunesse, car le processus de vieillissement est naturel et inéluctable. Toutefois : alimentation optimale et bonne santé vont de pair. Aujourd'hui, la recherche ne se préoccupe pas tant d'ajouter des années à la vie que de donner de la vie aux années. L'objectif est de maintenir vitalité et qualité de vie jusqu'à un âge avancé - et les vitamines y contribuent.

POSOLOGIE RECOMMANDEE POUR LES VITAMINES ANTIOXYDANTES
(en milligrammes par jour)

  dose optimale  recommandée par jour (1) dose journalière recommandée jusqu'à présent (2)
vitamine C
vitamine E
bêta-carotène
60-250
30-100
6-20
60
10
2
(1) Selon différentes sources (Diplock 1993, Gey 1993, Roth 1993).

(2) Selon les RDA (Recommended Dietary Allowances ou apport journalier recommandé) ou la DGE (Deutsche Gesellschaft fur Ernährung ou Société allemande de Nutrition).


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