4) La situation des vitamines en Suisse : la meilleure possible ?ima39808.jpg (9040 octets)

Les maladies de carence classiques telles que le scorbut (manque de vitamine C) ou le rachitisme (manque de vitamine D) sont heureusement des phénomènes rares dans notre pays. Dans le tiers monde, en revanche, la situation est tout à fait différente. Les carences vitaminiques y sont toujours très répandues et, s'ajoutant à la sous-alimentation, entraînent des infections et d'autres maladies qui aboutissent à la mort dans des milliers de cas. Ainsi, d'après les estimations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), il y a dans, le monde plus de cent millions d'enfant, en bas âge qui souffrent d'un manque de vitamine A, ce qui peut se traduire par une mortalité accrue en cas d'infection et par des lésions au niveau des yeux allant jusqu'à la cécité.

Pénurie dans l'abondance

Dans les pays industrialisés, la situation est meilleure étant donné la surabondance de l'offre alimentaire. A première vue, l'apport vitaminique dans la population suisse est satisfaisant, car, à l'exception de la vitamine D et de l'acide pantothénique, les quantités moyennes fournies par l'alimentation correspondent à l'apport journalier recommandé. Il s'agit toutefois de moyennes statistiques ayant peu de valeur au niveau de l'individu. Des études menées en Suisse et dans d'autres pays ont en effet montré que certains groupes de population avaient un apport vitaminique insuffisant.
On rencontre des carences en vitamine chez les personnes âgées, les femmes enceintes ou qui allaitent, les malades ou les patients hospitalisés. Mais celui ou celle qui fume trop, qui boit plus que de raison, souffre souvent de refroidissement ou lutte contre un excès de poids par des régimes amaigrissants fait partie des groupes dits à risque, lesquels peuvent être sous-alimentés en certaines vitamines. Il en résulte l'apparition de signes non spécifiques tels que fatigue, irritabilité, troubles
du sommeil ou difficultés de concentration. Ces types de symptômes non spécifiques peuvent bien évidemment porter sensiblement atteinte à la qualité de vie des personnes concernées. On trouvera une description plus détaillée des différents groupes à risque sous les rubriques énumérées ci-dessous.

Femmes enceintes ou qui allaitent

Les besoins en presque toutes les vitamines sont accrus, pouvant parfois atteindre 100 pour cent. En revanche, l'augmentation des besoins énergétiques, d'environ 20 pour cent, est relativement faible. Aussi faut-il, pendant la grossesse et la période d'allaitement, veiller tout particulièrement à une densité nutritionnelle élevée, c'est-à-dire à ce que la nourriture absorbée présente un rapport adéquat entre les vitamines et les minéraux, d'une part, la teneur en calories, d'autre part. L'acide folique revêt ici une importance particulière : il protège l'enfant à naître de certaines malformations de la moelle épinière (se référer également au chapitre D'une grande importance pour les femmes, voir Sommaire partie n° 6). C'est pourquoi il est recommandé de prendre des produits polyvitaminiques qui apportent un complément de fer, de magnésium et de calcium au cours de cette période de la vie.

Nourrissons

ima39809.jpg (6828 octets)On part généralement du principe que le lait maternel constitue la meilleure alimentation pour le nourrisson, et que cela vaut aussi pour les vitamines. Cela est vrai, à condition toutefois que la mère reçoive elle-même un apport suffisant. Des problèmes se posent parfois avec les vitamines D et K. Ainsi a-t-on observé, même chez des enfants nourris au sein, l'apparition, au cours de la première année de vie, d'un rachitisme (déformation du squelette) et d'hémorragies due à une carence en vitamine K. En Suisse, l'administration de gouttes de vitamine D est de ce fait recommandée au cours de la première année. La plupart des nourrissons reçoivent de la vitamine K immédiatement après la naissance.

Obèses

Contre l'excès de poids, il existe un remède souverain : manger moitié moins. Mais, en même temps que les kilos, fondent aussi les réserves en vitamines de l'organisme. Les nutritionnistes s' accordent à dire que l'apport vitaminique devient problématique au-dessous de 1600 kcal par jour et est sans aucun doute insuffisant à partir de 1000 kcal. Une étude portant sur différents régimes en vogue a montré que, pour plusieurs vitamines, ils se situaient tous au-dessous de l'apport journalier recommandé. C'est une carence en vitamine B1 (thiamine) qui se manifeste en premier, car les réserves de l'organisme en cette vitamine ne suffisent que pour quelques jours.

Les malades

Dans de nombreuses affections gastro-intestinales et hépatiques, l'organisme n'est plus en mesure d'absorber en quantités suffisantes les vitamines provenant de l'alimentation. Certains médicaments, en particulier les antibiotiques, les analgésiques et les tranquillisants, font diminuer les réserves en vitamines. Mais notre système immunitaire, qui, comme on le sait, nous défend contre les facteurs pathogènes, ne fonctionne convenablement que si l'apport vitaminique est optimal. Après une maladie, au cours de la période de convalescence, un apport complémentaire en vitamines contribue également à la guérison complète et permet de retrouver rapidement toute ses capacités.

Fumeurs et gros buveurs

Leur apport vitaminique est doublement menacé. Ils absorbent moins de vitamines parce qu'ils ont généralement peu conscience de ce qu'est une alimentation saine. Et en même temps, ils en dépensent plus : le taux de vitamine C dans le sang des fumeurs baisse avec le nombre de cigarettes fumées par jour. Les grands fumeurs devraient de ce fait absorber au moins 40% de plus de vitamine C que les non-fumeurs. Pour le bêta-carotène également, on a trouvé des valeurs plasmatiques plus basses (inférieures en moyenne de 15% par rapport aux non-fumeurs). Chez les alcooliques, ce sont souvent les vitamines du groupe B qui sont touchées, surtout les vitamines B1 (thiamine), B6 (pyridoxine) et l'acide folique.

Sportifs

L'activité sportive ou le travail physique intense augmentent la consommation d'énergie et, par conséquent, les besoins vitaminiques. Sont particulièrement concernées les vitamines du groupe B ainsi que les vitamines C et E. En outre, le fait de transpirer entraîne la perte, non seulement de minéraux, mais aussi de différentes vitamines. Un effort physique maximal ne peut être fourni que si l'apport vitaminique est optimal.

Personnes âgées

La solitude, les problèmes de mastication, les affections gastro-intestinales ou encore certains médicaments influent sur les habitudes alimentaires et donc sur l'apport vitaminique des personnes âgées. On est frappé par le grand nombre de personnes qui présentent un déficit en vitamine D au printemps, ce qui peut s'expliquer par le manque de lumière solaire : la production de vitamine D par l'organisme lui-même, au niveau de la peau (sous l'effet des rayons ultraviolets) est fortement réduite pendant les mois d'hiver peu ensoleillés. De plus, la capacité de synthèse de la vitamine D par voie cutanée diminue avec l'âge. Beaucoup de personnes âgées ont en outre un apport insuffisant en vitamines A, B1 B2 B6 B12 et C ainsi qu'une carence en acide folique. Un complément nutritionnel sous la forme d'un produit polyvitaminique judicieusement dosé est hautement recommandé dans de nombreux cas pour ce groupe d'âge.

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