Toux du fumeur ?
Faites un test - votre santé est en jeu !

 

 

Qu'est-ce qui peut provoquer une BPCO ?
Qu'est-ce que la BPCO ?
BPCO et asthme : les différences
La BPCO : souvent non identifiée
Seul un traitement spécifique anti-BPCO est efficace
Quel risque courrez-vous ? Faites le test !
Quel risque courrez-vous ? Évaluation
Que puis-je encore faire contre la BPCO?

Chère lectrice, Cher lecteur,

Dans l'ombre de la toux du fumeur, se développe souvent une bronchopneumopathie chronique obstructive, ou BPCO. Il s'agit d'un mal chronique rétrécissant les voies respiratoires et affaiblissant les poumons. On estime que plus de 350000 personnes en souffrent aujourd'hui en Suisse. La BPCO - on pourrait également parler de «poumon du fumeur» - progresse sans cesse. Elle est aussi répandue, voire plus fréquente que l'asthme.

En général, cette affection demeure longtemps non diagnostiquée, car au début, beaucoup de gens atteints ne présentent pas de signes alarmants. Ils ne savent donc pas que leur santé est menacée. La BPCO est souvent confondue avec l'asthme, bien que ces deux maladies appellent un traitement différencié et qu'il existe aujourd'hui des médicaments spécifiques anti-BPCO.

Cette brochure se veut une information sur le développement, les symptômes et les traitements de la BPCO. Vous trouverez dans cette brochure un test individuel qui vous permettra de déterminer si vous faites partie d'un groupe à risque. Suivant le résultat, nous vous recommandons de demander à votre médecin un dépistage de la BPCO.

Pensez-y : plus le diagnostic est précoce, meilleur est le pronostic !

Sincères salutations
Info-point BPCO

Qu'est-ce qui peut provoquer une BPCO ?

Nos voies respiratoires (trachée et bronches) sont recouvertes d'une tunique muqueuse protectrice et de poils très fins qui conduisent continuellement le mucus des poumons vers le larynx, où nous l'avalons sans même nous en apercevoir. Plus elles pénètrent à l'intérieur des poumons, plus les voies respiratoires - les bronches - rétrécissent, à l'instar des branches d'un arbre. A l'extrémité des bronches, on trouve les alvéoles pulmonaires, qui ressemblent à des ballonnets. Les parois des alvéoles sont riches en petits vaisseaux sanguins - les capillaires. C'est à ce niveau que l'air et le sang se rencontrent, ce qui permet au sang d'absorber de l'oxygène et de se débarrasser du gaz carbonique.

Chez les patients souffrant de BPCO, la fonction pulmonaire est altérée. Le transport de l'air est rendu plus difficile du fait d'un rétrécissement des bronches. Les alvéoles sont en partie détruites ou elles se recomposent, en formant des bulles plus volumineuses, ce qui diminue la surface disponible pour les échanges gazeux. La cause la plus fréquente de la maladie est la fumée du tabac. Dans de bien moindres proportions, d'autres substances nocives, telles que poussières, vapeurs et gaz, peuvent également provoquer une BPCO. L'inhalation de fumée et d'autres polluants irrite les bronches: la tunique muqueuse se met à produire davantage de mucus pour tenter d'évacuer la fumée ou ces autres polluants. Ce mucus doit ensuite être expulsé en toussant (toux du fumeur). Par ailleurs, la musculature des voies respiratoires se crispe. Ce qui réduit le diamètre de ces conduits et débouche sur une résistance respiratoire accrue. Dans les alvéoles, les échanges gazeux se réduisent. Les poumons ne se vident plus complètement à l'expiration. Une insuffisance respiratoire se développe, couplée à une diminution des performances.

Qu'est-ce que la BPCO ?

La BPCO résulte de l'association de deux maladies, actives à des niveaux différents: la bronchite chronique et l'emphysème pulmonaire.

La bronchite chronique est une maladie chronique caractérisée par une inflammation et un rétrécissement des bronches déclenchés par des substances irritantes. La tunique protectrice et les petits poils fins des voies respiratoires sont endommagés. Symptômes principaux: toux chronique et expectoration (toux du fumeur). En particulier à l'effort, les malades ont des difficultés à respirer, des quintes de toux sévères et leurs performances baissent fortement.

On nomme emphysème une dilatation anormale des poumons causée par l'éclatement des alvéoles qui se mettent à former de plus grosses bulles. Les poumons perdent en élasticité et emmagasinent de l'air. La surface de tissu disponible pour les échanges gazeux rétrécit, de même que le diamètre des vaisseaux pulmonaires. En particulier à l'effort, les poumons ne peuvent plus inspirer suffisamment d'oxygène.

La BPCO peut être diagnostiquée par un test simple de la fonction pulmonaire, appelé spirométrie. Reste que bon nombre de gens touchés ne sont pas conscients de leur maladie. Cela vient du fait que la maladie évolue sournoisement. Contrairement à l'asthme, elle ne s'accompagne pas dès le départ de symptômes soudains ou sévères. Cette évolution explique aussi pourquoi les malades consultent plus rarement et plus tardivement le médecin. L'établissement d'un diagnostic précoce est pourtant capital. Si le diagnostic est erroné ou trop tardif, ou encore si les malades ne suivent pas les prescriptions, le mal continue de progresser et le pronostic s'assombrit.

Un traitement adéquat permet d'améliorer les symptômes et de freiner l'évolution de la maladie.

BPCO et asthme : les différences

Les voies respiratoires ont une musculature leur permettant de modifier leur calibre. Si cette modification est subite, par à-coup, on parle d'asthme. L’inspiration d'allergènes, comme les poussières domestiques, le pollen végétal, mais aussi des irritants, comme la fumée ou l'air froid, provoquent une inflammation de la tunique muqueuse. Il s'en suit une contraction de la musculature, donc un rétrécissement des voies respiratoires. Cet événement est décrit comme une crise d'asthme, induisant une insuffisance qui se manifeste souvent aussi par de la toux et de l'expectoration.

La BPCO n'entraîne pas de manifestations aiguës. On observe au premier chef une toux chronique avec expectoration.

Les différences principales entre la BPCO et l'asthme:

La BPCO : souvent non identifiée

Au sein de la population, la BPCO est moins connue que l'asthme, bien qu'elle soit tout aussi fréquente, voire davantage. L’organisation mondiale de la santé (OMS) estime qu'en 2020, la BPCO sera la troisième cause de mortalité. Aujourd'hui, environ 2,75 millions de personnes décèdent chaque année des suites de cette maladie. La tendance est à la hausse.

Bon nombre de gens touchés ne sont pas reconnus comme souffrant d'une BPCO. En Europe par exemple, le diagnostic n'est pas correct dans plus de la moitié des cas. La plupart du temps, la BPCO est confondue avec l'asthme.

La BPCO est pourtant une maladie à part entière. Elle doit être traitée comme telle. Partant, les médicaments contre l'asthme n'ont qu'une efficacité relative contre la BPCO.

Si suite à la description des symptômes, vous pensez souffrir d'une BPCO, parlez-en à votre médecin.

En continuant votre lecture, vous trouverez un test. En remplissant le questionnaire, vous aurez une première indication vous permettant de savoir si vous devez consulter votre médecin et, au besoin, commencer un traitement.

Seul un traitement spécifique anti-BPCO est efficace

Les médicaments contre l'asthme restent des médicaments contre l'asthme. Ils contiennent souvent de la cortisone et il vaut mieux éviter de les employer inutilement. A certains stades avancés de BPCO, la prescription de préparations contenant de la cortisone est parfois justifiée.

Depuis peu, un nouveau médicament spécifiquement efficace et indiqué dans le traitement au long cours de la BPCO est disponible en Suisse. Inhalé, il augmente le diamètre des bronches et empêche la contraction de la musculature des voies respiratoires pendant 24 heures. Il bloque la production muqueuse et améliore nettement la fonction respiratoire chez bon nombre de personnes atteintes de la BPCO. Une inhalation par jour suffit. Il ne contient pas de cortisone, ce qui est préférable pour les traitements de longue durée.

Quel risque courrez-vous ? Faites le test !

Ce test vous permet de savoir si une visite médicale se justifie. Faites le premier pas et répondez aux questions. Cochez la réponse exacte.

Faites le total de vos points sous la colonne OUI et reportez-vous ci-dessous pour connaître le résultat de votre évaluation.

Quel risque courrez-vous ? Évaluation

Avez-vous un total de 7 points ou plus ? Dans ce cas, il y a risque que vous ayez une BPCO. Découpez cette page et montrez-la à votre médecin : il pourra vous dire si un examen complémentaire est nécessaire.

Que puis-je encore faire contre la BPCO?

Si vous souffrez d'une BPCO, vous devriez suivre strictement les prescriptions de votre médecin et ne pas interrompre un traitement sans lui en parler. Vous pouvez améliorer les chances d'une thérapie médicamenteuse en observant les règles suivantes

1.

Renoncez si possible au tabac même si c'est difficile. Si vous n'y arrivez pas ou si malgré le sevrage, les symptômes BPCO ne s'atténuent pas, recontactez sans hésiter votre médecin.

2.

Consultez au moins deux fois par an votre médecin. Demandez un test des poumons et un vaccin anti-grippe.

3.

Demandez une ordonnance à votre médecin et suivez ses prescriptions

4.

Si votre respiration se détériore, rendez-vous chez le médecin ou dans un centre hospitalier. En cas de BPCO, les refroidissements entraînent souvent une détérioration rapide de la fonction respiratoire!

5.

Prenez garde à la qualité de l'air à la maison. Évitez la fumée. En cas de travaux de peinture, quittez si possible votre domicile pendant quelques jours. Veillez à une bonne aération lorsque vous cuisinez.

6.

Faites de la gymnastique respiratoire et fortifiez la musculature de vos bronches. Marchez et faites de l'exercice. Votre médecin peut vous conseiller.

7.

Mangez sainement (beaucoup de fruits et de légumes) et prenez garde à votre poids. Évitez l'excès, mais aussi l'insuffisance de poids.

La BPCO se soigne.
De nouvelles possibilités de traitement
et les conseils du médecin
vous aideront à contrôler la maladie.

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Éditeur: Info-point BPCO Case postale 8099 Zürich

Nous remercions
le Prof. Markus Solèr, directeur de la division pneumologie, St. Claraspital, Bâle, de sa collaboration à la réalisation de cette brochure.
Un grand merci également au
Prof. Erich Russi, département de médecine interne, pneumologie, Hôpital universitaire de Zurich
ainsi qu'au
Dr Otto Brändli, médecin chef, Höhenklinik Wald, Zurich,
pour leur aide à la mise au point du test «Quel risque de BPCO courrez-vous?».

Cette brochure a été réalisée grâce au soutien financier de





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