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4è étape

Arrivée 27/8/98
13è et
2è des bizuths

Sublime Michèle!
Isabelle Musy, journaliste
suit la Solitaire sur un voilier accompagnateur!

Communiqué officiel
Concarneau, le 27 août 1998 à 17H00

Vainqueur de l’étape: Damian Foxall (Barlo Plastics)
Premier au classement en temps Trophée Rolex : Michel Desjoyeaux (TBS)
Premier au classement aux points Europcar : Michel Desjoyeaux (TBS)
Premier au classement de la première participation Skipper Le Télégramme : Thomas Coville (Zurich)
Premier du Grand Prix Sebago : Michel Desjoyeaux (TBS)
Vainqueur de la dotation Unika de la meilleure progression journalière : Frédérique Brulé (Adage Investment)

Une arrivée en apothéose

Cette dernière étape a su nouer un scénario des plus épiques, avec une fin bonne enfant et moralisatrice comme dans les films américains. Le vainqueur de l’étape, l’Irlandais Damian Foxall (Barlo Plastics) a le profil idéal. Vainqueur du classement de la première participation Skipper Le Télégramme l’année dernière, premier étranger à engranger une victoire d’étape depuis une éternité, Damian symbolise à lui tout seul un avenir serein pour La Solitaire du Figaro qui cherche surtout à s’internationaliser, la scène française étant depuis longtemps séduite par cette épreuve. Damian sera un des favoris logiques de la 30ème édition au même titre que Pascal Bidegorry (Concorde Plaisance), et bien sûr Gilles Chiorri (Servant Soft) qui s’est promis lui aussi de revenir. 4ème de l’étape, Yann Eliès (Generali Ambition) représente, avec Karine Fauconnier (Ville de Saint-Raphaël), Christophe Lebas (Station voile Cherbourg Hague), Ronan Guérin (Groupe Louis Sanders) et beaucoup d’autres, la force vive de la Classe des Figaro Bénéteau et donc du circuit Solitaire. On les retrouvera tous l’année prochaine et eux aussi entreront désormais dans la longue liste des prétendants à la victoire, ainsi que les malchanceux de cette édition : Marc Guessard (Nantes &Saint-Nazaire), Sébastien Audigane (Galanz, Four à micro ondes) ou Gildas Morvan (Cercle vert – Andouilles Triskel). La Solitaire du Figaro a toujours été fière de son classement réservé aux bizuths. Le cru 98 est une nouvelle fois excellent avec un Thomas Coville (Zurich) régulier, un Sébastien Josse (Espoir Crédit Agricole) au dessus de tout soupçon et une jeune fille nommée Anne Monmousseau (BRS) qui s’est permis, comme d’autres grands, de passer complètement au travers de cette dernière étape. Pour boucler ce scénario en beauté, la présence de Bruno Jourdren (Nintendo 64) sur les pontons a été saluée par tous. Lui aussi sera là l’année prochaine, avec une rage de vaincre intacte. Mais pour ne pas tourner à l’eau de rose, cette dernière étape a eu sa victime. Patrice Bougard (Unilog) a été heurté à 9h20 par un bateau de pêche. Mât brisé, Patrice a rejoint La Trinité-sur-Mer et non Concarneau. Comme les 47 inscrits au départ de cette 29ème édition, il sera bien là samedi soir pour assister à la fête finale.

Les échos des pontons

Damian Foxall (Barlo Plastics) avouait avoir vécu son pire et son meilleur Figaro. « La fatigue, après trois semaines de course, commençait à se faire sentir. J’ai réussi à dormir chaque nuit par petites tranches de 10 minutes. De toute façon, pour gagner, ce qui compte, c’est d’aller au bon endroit. Dormir par petites tranches ne fait perdre que quelques mètres alors qu’une mauvaise option coûte beaucoup plus cher ».

Michel Desjoyeaux (TBS) a eu, comme tous ses petits camarades situés à l’ouest, la peur noué au ventre. « Quand on part dans une option, on sait depuis longtemps qu’il faut aller jusqu’au bout pour savoir si elle est bonne ou mauvaise. Mais je suis passé par toutes les couleurs de l’arc en ciel . Mais après l’île d’Yeu, c’était du tout droit et uniquement de la vitesse pure. Là j’étais serein ».

« Une victoire d’étape, cela aurait été grandiose, mais avant tout je jouais le classement général, explique Gilles Chiorri (Servant Soft) à son arrivée. Comme je naviguais seul dans mon coin, je n’avais aucun stress. Et je trouve que c’est même un avantage car tu ne te laisses pas influencer par les autres. La prise de décision est plus facile et c’est d’ailleurs ça qui a faillit payer ».

Jean Le Cam (Guy Cotten Chattawak) aurait bien voulu jouer un coup sur cette étape. « Mais Michel m’a marqué à la culotte. Il ne m’a pas lâché une seconde, sauf sur la fin. Nous avons vécu encore une superbe étape et Michel est un super vainqueur ». Jean a réussi à sauver sa 3ème place de 13 minutes. « Depuis hier je savais que Gilles avait six milles d’avance. C était donc chaud et en passant ce matin à l’intérieur de Belle-Ile, je ne savais pas du tout où j’en étais. Je suis content de sauver ma place ».

Contrat rempli pour Eric Drouglazet (Carven Defenders) qui conserve de belle manière sa seconde place au général. « J’ai failli partir avec Gilles Chiorri mais je n’ai pas voulu lâcher Jean. Nous venons de passer trois jours ensemble ».

Sébastien Josse ( Espoir Crédit Agricole) se dit prêt, comme la très large majorité de ses camardes, à revenir l’année prochaine. « Trois victoires d’étape chez les bizuths, le bilan est largement positif. Mais la première étape me coûte la victoire finale ».

« Je me souviendrai d’une chose, c’est que cette année là, c’est Michel Desjoyeaux qui avait gagné rigole Thomas Coville (Zurich). Je crois qu’il y avait tout dans cette étape : le vent, la stratégie, la tactique, le stress. On ne peut guère souhaiter plus ».



Communiqué officiel
27-août-98

L'irlandais, Damain Foxall, qui avait passé l'île d'Yeu en tête la nuit dernière, a coupé, à 10h 20mn 59s, la ligne d'arrivée de la 4ème et dernière étape de cette 29ème édition de La Solitaire du FIgaro.



Communiqué officiel
Concarneau, le 27 août 1998 à 6H00

Concurrents au départ : 44
4ème étape : Gijon – Concarneau (344milles)
En tête: Damian Foxall (Barlo Plastics)
Distance au but : 52 milles
moyenne actuelle : environ 7,5 noeuds
Météo : ciel étoilé, nuit d’encre, mer belle, vent de nord-est 15 noeuds

Michel Desjoyeaux à quelques heures du sacre

La traversée du golfe de Gascogne a rendu son verdict hier soir : c’est bien Damian Foxall (Barlo Plastics), Gilles Chiorri (Servant Soft) et Sébastien Josse (Espoir Crédit Agricole) qui sont les rois du golfe, virant respectivement la bouée du Grand Prix Sebago située près de l’île d’Yeu à 19h30, 20h23 et 20h32. Mais à 21h34, Michel Desjoyeaux (TBS) passait à son tour la marque, coiffant d’une minute Eric Drouglazet (Carven Defenders), son second au classement général. Le vainqueur de la première et troisième étape était tiré d’affaire : c’est bien lui qui est en passe de remporter, en fin de matinée – début d’après-midi, cette 29ème édition de La Solitaire du Figaro. L’écart, du au choix de route, s’est vite résorbé à l’approche de l’île d’Yeu. Naviguant près du vent, les premiers n’ont pu que constater le retour des partisans de l’option ouest qui déboulaient sur la marque sous spi, avec, sur la fin, une moyenne horaire supérieur de 2 nœuds ! Ce matin, à 3h00, les concurrents naviguent dans une nuit d’encre mais par un vent stable de nord-est permettant de faire route directe au vent de travers sur Concarneau. Une allure rapide qui ne laisse guère la place aux attaques même si le basque Pascal Bidegorry (Concorde Plaisance) semble être le seul dans les dix premiers à tenter le pari de passer au vent de Belle Ile (passant donc sur la droite de l’île). Tout comme Michel Desjoyeaux (TBS), Thomas Coville (Zurich) est lui aussi tiré d’affaire. Il devrait remporter en ce jeudi 27 août le classement de la première participation Skipper Le Télégramme, puisque son plus dangereux concurrent, Anne Monmousseau (BRS) navigue 14 milles derrière lui. Sur cette quatrième étape, outre la superbe prestation de l’Irlandais Damian Foxall (Barlo Plastics) qui sera un des très grands favoris l’année prochaine de la 30ème édition, il convient de signaler les excellentes prestations de Karine Fauconnier (Ville de Saint-Raphaël) et de Michèle Paret (Carrefour Prévention Genève), tout comme celle du jeune Yann Eliès (Concorde Ambition).



Communiqué officiel
26-août-98 à 20h08

L'irlandais Damian FOXALL a été le premier à passer la bouée Grand Prix SEBAGO, entre l'île d'Yeu et le continent à à 19h 30mn 28s. Il devançait alors GIlles CHIORRI de près de 4 milles.A 20h on attendait toujours Gilles à cette marque de parcours.




Communiqué officiel
Concarneau, le 26 août 1998 à 17H00

Concurrents au départ : 44
Quatrième étape : Gijon – Concarneau (342 milles)
Départ : lundi 24 août à 15h00
En tête : Damian Foxall (Barlo Plastics)
Distance à l’arrivée : 121 milles
Météo : nuageux , léger clapot, vent de nord-nord-ouest 15 nœuds.

Le suspens continue

Depuis ce matin 3h00, les tenants de l’option à l’est ou très proches de la route directe, perdent régulièrement du terrain face à ceux situés plus à l’ouest. Ainsi Gilles Chiorri (Servant Soft), après s’être fait déposséder de sa première place dans la matinée au profit de l’Irlandais Damian Foxall (Barlo Plastics), ne compte plus désormais, au classement de 15h00, que 22 milles d’avance sur Michel Desjoyeaux (TBS) au lieu de 37 milles ! Autant dire, alors que l’île d’Yeu est encore distante d’une vingtaine de milles, que les deux skippers sont virtuellement à égalité au classement général – Trophée Rolex de cette 29ème édition de La Solitaire du Figaro. Actuellement et depuis le début d’après-midi, l’ensemble de la flotte progresse en direction de l’île d’Yeu sur un seul bord, grâce à un vent de nord-nord-ouest. « Il semble qu’un front froid, qui normalement n’aurait pas du toucher notre zone, soit passé, explique Yvon Fauconnier, le skipper averti du bateau Presse. D’où maintenant ce vent de nord-nord-ouest bien établi. Mais cette direction devrait cependant rapidement laisser sa place à un nouveau régime de vent de nord-est ». La différence de vitesse entre ceux à l’ouest et ceux à l’est s’explique facilement puisque par exemple, le groupe de Pascal Bidegorry (Concorde Plaisance), Karine Fauconnier (Ville de Saint-Raphaël), Michel Desjoyeaux (TBS) peut naviguer au débridé, sous génois ou même sous spi alors que Damian Foxall, Sébastien Josse (Espoir Crédit Agricole) et Gilles Chiorri continuent de naviguer au près serré, une allure moins rapide dans ces conditions d’environ 0,5 à 0,8 nœuds par heure. Quoi qu’il en soit, il faudra attendre le passage à l’île d’Yeu et surtout le résultat du Grand Prix Sebago où sera effectué un pointage précis, pour connaître le résultat palpitant de cette remontée du golfe de Gascogne. Ce passage devrait avoir lieu vers 19 heures pour la tête de course. Mais cette quatrième et dernière étape sera loin d’être finie. Jusqu’à Concarneau, les pièges, sur les 100 milles qu’il restera à parcourir, sont nombreux, avec notamment Belle Ile dans l’axe de la route. Les concurrents sont attendus demain en début d’après-midi.

Météo

Le front froid se situe au niveau de la Bretagne. A l’avant de ce front, le vent va temporairement au nord-ouest 5 à 10 nœuds en milieu de journée au nord du 46ème degré de latitude. Ce qui vient exactement de se produire même si le vent annoncé sur le plan d’eau souffle plutôt à 15 nœuds. En soirée, le vent tournera à nouveau au secteur nord puis au nord-nord-est. En début de nuit, avec la poussée de l’anticyclone sur la Manche, le vent s’établira au nord-est 10 à 15 nœuds. Demain, le vent de nord-est s’orientera au secteur sud-ouest dans l’après-midi sous l’action des brises thermiques. Il se pourrait donc que les solitaires se présentent sous spi demain après-midi, au moment du passage de la ligne d’arrivée.

Les échos des pontons

Joint ce matin à la VHF via l’Antarès, le bâtiment de la Marine Nationale qui suit l’épreuve depuis le départ de Cherbourg, Gilles Chiorri (Servant Soft) venait de laisser sa place de leader de l’étape à Damian Foxall (Barlo Plastics). « Il m’a passé au vent ce matin. Pour ma part, je tire des bords avec attention, jouant la moindre bascule. Il faut attendre le passage à l’Ile d’Yeu pour faire le point ».

Vincent Riou (Port de Plaisance Loctudy) aimerait bien que le vent se stabilise un peu. « Depuis le départ, il varie en force comme en direction. C’est impossible de lâcher la barre, donc un peu de vent stable serait le bienvenu pour pouvoir mettre en route le pilote automatique. Sinon, j’ai fait mon choix de route. Cela ne sert à rien de se stresser, il faut attendre l’île d’Yeu ».

Sébastien Josse (Espoir Crédit Agricole) était bien sûr très content de sa position sur le plan d’eau, puisqu’il n’a jamais été aussi près de remporter le classement de la première participation Skipper Le Télégramme même s’il n’est pas positionné sur le flot de 15h00. « Il faut y croire, mais la route jusqu’à Concarneau est encore longue. Là encore, il y aura des coups à jouer et donc des retournements de situation possible ».

Michèle Paret (Carrefour Prévention Genève) avouait n’avoir pas dormi depuis le départ de Gijon lundi dernier. « Le vent change tout le temps. Alors on passe son temps à remplir les ballasts, à les vider, à matosser tout le matériel et vice versa. C’est épuisant et j’espère que le vent va se stabiliser un peu ».



Communiqué officiel
Concarneau, le 26 août 1998 à 6H00

Concurrents au départ : 44
4ème étape : Gijon – Concarneau (344milles)
En tête: Gilles Chiorri (Servant Soft)
Distance au but : 180 milles
moyenne actuelle : environ 6 noeuds
Météo : ciel pommelé, léger clapot, vent de nord-nord-est 10 à 12 noeuds

Gilles Chiorri sur la bonne orbite

En cette nuit du 25 au 26 août, la Solitaire du Figaro vient peut-être de basculer. En tête depuis le départ sur une route est, Gilles Chiorri (Servant soft), quatrième du classement général à 2h28’ du premier, est actuellement le leader virtuel de cette 29ème édition de La Solitaire du Figaro. Son avance de 37 milles sur Michel Desjoyeaux (TBS), de 35 milles sur Jean Le Cam (Guy Cotten Chattawak) ou de 33 milles sur Eric Drouglazet (Carven Defenders), correspond, sur le papier, à un temps d’au moins cinq heures (à 7 nœuds de moyenne). A l’évidence, alors qu’il ne reste plus que 80 milles à parcourir d’ici l’Ile d’Yeu où le passage des premiers est prévu en milieu d’après-midi, les partisans de l’option ouest n’ont pas touché la rotation du vent souhaitée. Au contraire, le vent de nord-est s’est orienté nord-nord-est en milieu de nuit, autorisant une route directe pour Gilles Chiorri, Damian Foxall (Barlo Plastics) ou Sébastien Josse (Espoir Crédit Agricole). Le groupe à l’ouest fait aussi route directe sur l’île, mais le surplus de chemin qu’ils ont consenti à faire pour théoriquement mieux se placer sur le plan d’eau, n’a servi strictement à rien. La météo semble prévoir, avec le gonflement de l’anticyclone, un flux établi de nord-est force 2 à 3, pouvant atteindre, par période, force 4. Cette météo, moins aléatoire, joue bien sûr contre les actuels grands perdants de cette Solitaire du Figaro. Le classement général en temps-Trophée Rolex ne sera pas le seul à être profondément chamboulé. Chez les bizuths, malgré ses 4h12’ de retard sur Thomas Coville (Zurich), Sébastien Josse (Espoir Crédit Agricole) devient lui aussi le leader virtuel du classement de la première participation Skipper Le Télégramme. La Solitaire du Figaro venant, une fois de plus, de prouver que tous les rebondissements sont toujours possibles, il va falloir attendre l’arrivée, prévue demain jeudi en début après-midi, pour faire un vrai bilan.



Communiqué officiel
Gijon, le 25 août 1998 à 17H00

Concurrents au départ : 44
Quatrième étape : Gijon – Concarneau (342 milles)
Départ : lundi 24 août à 15h00
En tête : Gilles Chiorri (Servant Soft)
Distance à l’arrivée : 233,5 milles
Météo : Ciel avec éclaircies, houle de nord-ouest, vent de nord-est 12 à 15 nœuds, instable en force et en direction.
Le golfe de Gascogne pour échiquier

Depuis le passage hier après-midi à la bouée Marine Nationale, les 44 skippers naviguent exclusivement au près serré. Le vent de nord-est soufflant juste dans l’axe de la route, la flotte s’est logiquement éparpillée dans le golfe de Gascogne, chaque concurrent tirant des bords à sa convenance. Pour l’instant, ils sont cinq - Gilles Chiorri (Servant Soft), Pierre Rolland (Centre d’animation de Pontanez), Sébatien Audigane (Galanz, Four à micro ondes), Damian Foxall (Barlo Plastics), Sébastien Josse (Espoir Crédit Agricole) et, plus en retrait, Patrice Bougard (Unilog) - à naviguer à l’est (où à droite) de la route directe, celle qui représente sur la carte marine une ligne droite entre Gijon et la pointe sud de l’Ile d’Yeu . Mais la grande majorité des solitaires a choisi de partir dans l’ouest (ou à gauche de la route directe) à la recherche d’un vent de secteur nord-nord-ouest qui permettrait alors de rejoindre l’Ile d’Yeu sur un seul bord. Christophe Lebas (Station voile Cherbourg Hague), Marc Guessard (Nantes & Saint-Nazaire) et Philippe Poupon (Fleury Michon) sont, de très loin, ceux qui ont misé le plus sur cette option. Sur une route beaucoup moins extrême, on retrouve les trois premiers du classement général, Jean Le Cam (Guy Cotten Chattawak) étant le plus à l’ouest des trois. Pour la lutte au classement de la première participation Skipper Le Télégramme, Anne Monmousseau (BRS) a choisi son camp : celui qui privilégie une navigation proche de la route directe. Thomas Coville (Zurich), l’actuel leader de ce classement, est parti dans l’ouest avec le gros de la flotte. Comme pour Gilles Chiorri (Servant Soft) qui est peut-être en train de jouer un coup gagnant puisqu’il possède actuellement une avance suffisante pour détrôner Michel Desjoyeaux de son poste de leader de la Solitaire du Figaro, il faudra attendre demain après-midi, avec le passage à l’Ile d’Yeu où sera jugé le Grand Prix Sebago de cette étape, pour savoir quelle option aura été la bonne. Après, il restera 100 milles jusqu’à Concarneau où les premiers sont attendus dans l’après-midi de jeudi. Météo Aujourd’hui, la dorsale anticyclonique s’étale encore plus largement entre l’Espagne et la Bretagne. Son axe, vers midi, se situait au niveau du 46ème degré de latitude nord (soit la latitude de La Rochelle). Dans son sud, c’est à dire là où se trouve actuellement la flotte, le vent reste au nord-est, 2 à 8 nœuds. Mercredi, le front froid est sur la Bretagne. Il se désagrégera progressivement, avec une influence minime vers le sud mais, surtout, juste derrière lui, l’anticyclone se réinstalle avec vigueur. Alors demain, quand les concurrents commenceront à être en approche de l’Ile d’Yeu, la direction du vent sera directement liée à la latitude. Au sud du 45ème, il reste au secteur nord-nord-est. Il sera nord entre le 45ème et le 46ème et enfin nord-nord-ouest au delà du 46ème. Quelque soit sa direction, il soufflera toujours entre 2 et 8 nœuds. Jeudi, l’anticyclone (et donc le beau temps) règne en maître. Le vent général tournera lentement du nord-est à l’est-nord-est pour 5 à 10 nœuds. Mais l’établissement des brises thermiques devrait, dans l’après-midi, prendre le dessus, avec un vent moyen pouvant atteindre les 10 à 15 nœuds. C’est à peu près l’heure à laquelle les concurrents sont attendus dans la baie de Concarneau. Ce qui correspondrait à une moyenne de 5 nœuds à partir d’aujourd’hui 15h00 alors que la moyenne depuis le départ est pour l’instant de 4,56 nœuds.

Les échos des pontons

Jean-Paul Mouren (Marseille Entreprises Qualité) a aperçu ce matin une baleine « comme dans Moby Dick ». « Cette nuit, on ne pouvait absolument pas se reposer car nous étions dans une zone de pêche industrielle, avec lampadaires dans tous les coins et filets de pêche dans tous les sens ».

Roland Jourdain (Sill Plein Fruit France 3 Ouest) était en proie au doute cet après-midi. « Ceux qui sont dans l’est n’auraient pas du s’échapper de la sorte. Apparemment, ils font un meilleur cap, avec une meilleure vitesse que nous, ce qui n’était pas du tout prévu au programme. Mais il faut attendre demain, avec l’arrivée sur l’Ile d’Yeu, pour voir si notre option ouest finalement paye ».

Christophe Artaud (Les industries du Havre), positionné tout près de Roland Jourdain était beaucoup plus serein que ce dernier. « La météo évolue comme prévu. J’essaye de passer au plus vite de l’autre côté de la dorsale pour toucher la bascule de vent. Sinon, le bateau marche sous pilote. Alors, je mange, je règle et je cogite sur la météo ».

Bertrand de Broc (Guyader, Traiteur en Bretagne) signalait une fuite dans un de ses ballasts. « Ce n’est pas grand chose, mais toutes les heures, je retire un seau et demi de la cabine ». Commentant le positionnement des bateaux sur l’eau, Bertrand aura un lapidaire « apparemment ils ne sont pas si mal à droite »
Communiqué officiel
Gijon, le 25 août 1998 à 6H00

Concurrents au départ : 44
4ème étape : Gijon – Concarneau (344milles)
En tête: Gilles Chiorri (Servant Soft)
Distance au but : 287 milles
Météo : ciel nuageux, crachin par intermittence, mer calme, vent de nord-est 10 à 12 noeuds

Les dés sont lancés

La météo, confuse, le laissait prévoir : les attaques allaient fuser de toutes parts dans cette quatrième et dernière étape. Sur une route est, proche de la route directe, Gilles Chiorri (Servant Soft) a pris le commandement devant Pierre Rolland (Centre d’animation de Pontanez). Beaucoup plus à l’ouest, à environ 70 milles, on trouve Christophe Lebas (Station voile Cherbourg Hague), Roland Jourdain (Sill Plein Fruit France 3 Ouest) et Christophe Artaud ( Les industries du HavreTrès éloignés de cette route directe, ils plongent au classement alors que sur une route moins extrême, mais toujours positionnés à l’ouest, les leaders de cette 29ème édition, Michel Desjoyeaux (TBS), Eric Drouglazet (Carven Defenders) et Jean Le Cam (Guy Cotten Chattawak) se marquent entre eux Le vent de nord-est, variable 5 à 15 nœuds, souffle exactement dans l’axe de la route. Si bien que la flotte, depuis le départ hier à 15h00, progresse à faible allure (5 nœuds de moyenne) vers l’Ile d’Yeu distant encore de 180 milles. Il est clair que les options sur cette étape sont maintenant bien dessinées. Christophe Lebas , 8ème au général, tente le tout pour le tout, ainsi que l’actuel leader Gilles Chiorri, 4ème au classement général. Michel Desjoyeaux (TBS) pointe en dixième position, sur une position intermédiaire, idéale pour contrôler la flotte. L’analyse de la route laisse entrevoir que Christophe Lebas a , depuis le départ, toujours navigué tribord amure (vent venant de la droite), que Gilles Chiorri a rapidement viré en babord amure ( vent venant de la gauche) pour rejoindre sa position est, alors que Michel Desjoyeaux, après un long bord en tribord, à renvoyer en milieu de nuit vers babord. C’est tout le jeu passionnant de la régate qui révélera, au mieux demain, lequel des trois (chacun représentant un groupe conséquent de coureurs) aura négocié favorablement cette météo délicate qui règne actuellement dans le golfe de Gascogne.



Communiqué officiel
Gijon, le 24 août 1998 à 17H00

Concurrents au départ : 44
Quatrième étape : Gijon – Concarneau (342 milles)
Départ : lundi 24 août à 15h00
Premier bouée Marine Nationale : Jérémie Beyou (Volkswagen – Castrol)
Météo : soleil, mer calme, vent de nord-est 5 noeuds

Le beau départ de Jérémie Beyou A 13h00, heure prévue du départ de cette quatrième et dernière étape, le vent est bien visible au large. Mais le long de la côte de Gijon, c’est encore le grand calme blanc. Alors, grand-voile haute à poste, les Figaro Bénéteau se laissent balloter par la houle caractéristique de cette baie qui ne saura jamais être lisse comme un lac. A 14h30, les premières risées, annonciatrices du vent à venir, se font enfin sentir et c’est finalement à 15h00 précise que les 44 skippers en lice franchissent la ligne de départ. A la bouée Rolex, soit à l’extrémité de cette ligne, c’est la foire d’empoigne, certains réussissant à passer en babord, jonglant avec dextérité face à ceux qui sont en tribord, l’allure prioritaire chez les marins. A ce petit jeu, le benjamin de la flotte (22 ans), Jérémie Beyou (Volkswagen -Castrol) confirme son talent de régatier, s’offrant le luxe de contourner la bouée de dégagement devant Jean-Paul Mouren (Marseille Entreprises Qualité), Michel Desjoyeaux (TBS) et Jean Le Cam (Guy Cotten Chattawak). Fort mécontent de son départ de l’Ile de Groix, Jean s’était promis de ne pas rater celui-ci. « J’ai passé ma troisième étape à rattraper les autres. Je n’ai aucune envie de revivre la même expérience » avouait ce matin Jean, plus souriant que jamais. Le recordman des participations (15) se trouvait en excellente posture. « Ma position actuelle me permet de tenter quelque chose et je vais tenter quelque chose ». Sur les pontons, beaucoup envisageaient une option extrême de Jean vers l’ouest. Eric Drouglazet (Carven Defenders) suivra t- il Jean dans cette option, facilitant ainsi la tâche de Michel Desjoyeaux (TBS) qui pourrait alors marquer sans problème ses deux plus redoutables adversaires pour la victoire finale. La question reste en suspens, les hostilités se déclarant le plus souvent la nuit « là où les chats sont toujours gris » dixit Jean Le Cam. En attendant, après un long bord de sept milles effectué au largue serré sous spi, c’était toujours Jérémie Beyou (Volkswagen –Castrol) qui mènait la flotte au passage de la bouée Marine Nationale. Très prompt à envoyer son spinnaker, Jean Le Cam (Guy Cotten Chattawak) avait réussi son pari de bien partir. Le premier bizuth à contourner la bouée Marine Nationale qui ouvre la porte vers le grand large se nomme Jean-Baptiste Epron (Port de Trébeurden / Ascop).

Météo

Par rapport à hier, la météo n’offre guère de changement bien que la dorsale anticyclonique soit plus imposante que prévu sur le golfe de Gascogne. Les vents seront donc plus faibles, mais surtout cette dorsale va obliger les coureurs à choisir leur camp. Certains préféreront peut-être aller vers l’est, vers l’intérieur du golfe, à la recherche d’un vent plus soutenu engendré par une dépression orageuse centrée sur l’Espagne. Problème pour les partisans possibles de cette option : l’arrivée sur l’Ile d’Yeu se ferait exclusivement au près serré. D’autres, sûrement les plus nombreux, préféreront faire une route ouest, à la recherche d’un front froid qui devrait traverser la flotte dans la nuit de mardi à mercredi. Problème pour eux, ce front ne devrait pas engendrer de vent fort, juste un souffle de 5 à 8 nœuds de nord-ouest en arrière du front. Les plus prudents choisiront eux la carte de la route directe, jouant les bascules de vent au fur et à mesure qu’elles se présenteront. Ce matin, au départ, les skippers étaient unanimes pour dire que cette situation météo était particulièrement complexe et que le passage à l’Ile d’Yeu serait déterminant. Celui-ci est toujours prévu mercredi matin, avec une arrivée à Concarneau dans la matinée du jeudi 27 août

Les échos des pontons

Karine Fauconnier (Ville de Saint-Raphaël) a heurté les hauts fonds situés à la sortie du port de Gijon ce matin. Aussitôt, Karine, une des quatre femmes de la course, est revenue sur ses pas. Un plongeur a constaté juste quelques éraflures sur le bulbe de quille de son Figaro Bénéteau. Karine en était quitte pour une belle frayeur.

Le brestois Gildas Morvan (Cercle vert – Andouilles Triskel) a profité du calme plat pour faire ses courses. Gildas s’est en effet aperçu qu’il n’avait pas embarqué assez de beurre, aliment indispensable, comme chacun le sait, pour un breton. Sollicité, Roland Jourdain (Sill Plein Fruit France 3 Ouest) n’a pu répondre à sa requête puisqu’il avait à son bord le strict minimum de ce précieux produit. Heureusement, un plaisancier, spectateur attentif de la bataille à venir, a donné une belle plaquette de beurre salé, toute neuve, à Gildas.

Gilles Chiorri (Servant Soft) était enchanté par l’étape à venir. « Les trois premiers risquent de se contrôler les uns les autres. Avec mes deux heures de retard, personne ne fait attention à moi. C’est parfait pour attaquer ».

Sébastien Audigane (Galanz, Four à micro ondes) avait envie de bien faire sur cette dernière manche. « Mes sponsors chinois seront à l’arrivée. Ce sera une grande première dans l’histoire de la Solitaire du Figaro ».


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