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2è étape



Position Argos


Isabelle Musy, journaliste
suit la Solitaire sur un voilier accompagnateur!

Communiqués



Communiqué officiel

classement provisoire 2ème étape HOWTH - GROIX

1 LE CAM Jean 3 Guy Cotten Chattawak arrivé le 16/08/98 à 05h29'47'' en 65h19'47''
2 DESJOYEAUX Michel 2 T.B.S. à 18'37''
3 DROUGLAZET Eric 32 Carven - Defenders à 32'38''
4 MORVAN Gildas 5 Cercle Vert-Andouilles Triskel à 1h14'17''
5 BIDEGORRY Pascal 7 Concorde Plaisance à 1h29'43''
6 CHIORRI Gilles 24 Servant Soft à 1h32'31''
7 de BROC Bertrand 23 Guyader traiteur Bretagne à 1h53'49''
8 JOURDAIN Roland 201 Sill Plein Fruit-France3 Ouest à 2h03'58''
9 BEYOU Jéremie 26 Volkswagen - Castrol à 2h05'05''
10 MOUREN Jean-Paul 97 Marseille entreprises Qualité à 2h16'59''
11 FOXALL Damian 9 Barlo plastics à 2h18'05''
12 GUESSARD Marc 4 Nantes & Saint-Nazaire à 2h34'36''
13 POUPON Philippe 28 Fleury Michon à 2h36'50''
14 ¤ DUBOIS Erwan 142 Côtes d'Armor-Le Télégramme à 2h49'00''
15 ¤ COVILLE Thomas 11 Zurich à 2h50'26''
16 SEETEN Joé 27 Dunkerque Dunes de Flandre à 3h00'14''
17 ¤ EPRON Jean-Baptiste 99 Port Trebeurden / Ascop à 3h00'23''
18 GUERIN Ronan 150 Groupe Louis Sanders à 3h03'50''
19 GODARD Christophe 147 Rungis marché international à 3h16'36''
20 GARCIA Bruno 36 100x100 Regata à 3h21'04''
21 ¤ MONMOUSSEAU Anne 46 BRS à 3h26'30''
22 FAUCONNIER Karine 51 Ville de Saint-Raphaël à 3h39'41''
23 ARTAUD Christophe 22 Les industries du Havre à 3h51'39''
24 GALMICHE Erick 132 Montres Pierre Lannier à 3h53'27''
25 HERVE Stephane 93 Equipage 60 à 3h54'34''
26 RIOU Vincent 38 Port de plaisance de Loctudy à 4h05'34''
27 L'OLLIVIER Jean-Baptiste 20 Halles Mandar à 4h33'14''
28 ¤ DADOU Gilles 91 Foncia à 5h02'23''
29 EINHORN Jacques 49 Capri résidences à 5h07'47''
30 ¤ BRULE Frédérique 40 Adage Investissement à 5h08'34''
31 ¤ BALOGH François 14 Marine - Figa à 5h17'24''
32 ¤ BOUGARD Patrice 96 Unilog à 7h25'39''
33 ¤ COATNOAN Christophe 47 Groupe Partouche à 7h39'16''
34 AUDIGANE Sébastien 30 Galanz fours micro ondes à 7h57'09''
35 COINTO Ronan 13 Lyon Rhône-Alpes performance à 7h57'48''
36 LEBAS Christophe 6 Station voile Cherbourg Hague à 8h00'22''
37 ROBEIN Louis 10 Le souffle de la mer à 8h09'32''
38 ELIES Yann 8 Generali Ambition à 8h24'36''
39 ¤ PARET Michèle 61 Carrefour Prévention Genève à 8h46'23''
40 BEAURIN Laurent 94 Trop petite à 10h36'36''
41 ¤ JOSSE Sébastien 42 Espoir Crédit Agricole à 10h54'57''

+ Pénalité ou bonification accordée par le jury
Vitesse moyenne du premier : 6,32 nds sur 413 milles
¤ Première participation
Classement provisoire avant jury dimanche 16 août 1998 16:54



Communiqué officiel

Ile de Groix, le 16 août 1998 à 17H00

Concurrents classés sur cette étape : 45
2ème étape : Howth-Dublin – Ile de Groix (410 milles)
Vainqueur : Jean Le Cam (Guy Cotten Chattawak) en 65h19’47’’
Premier au classement général-Trophée Rolex : Michel Desjoyeaux (TBS)
Météo : soleil, mer belle, vent faible de secteur nord.-ouest

Une étape haute en couleur

Jean Le Cam (Guy Cotten Chattawak), malgré la fatigue de 65 heures passées en mer, a le regard lumineux. « Brutalement, avec le passage du front froid, le temps a changé du tout au tout, passant du brouillard à un ciel d’alizé. A chaque fois, je trouve cela magique ». Accueilli sur la ligne par l’Armagnac familial « Mervent », Jean était non seulement ravi de recoller à la troisième place du classement général à l’issue de ces deux étapes, mais il était aussi enchanté par l’efficacité des secours mise en œuvre pour récupérer au plus vite Bruno Jourdren (Nintendo 64). « Les Anglais sont arrivés sur zone seulement 20 minutes après le début de l’alerte. C’est formidable ». Les coureurs ont été également unanimes pour saluer la maîtrise du directeur de course Denis Horeau qui a détourné neuf Figaro Bénéteau pour participer aux recherches. Christophe Lebas (Station voile Cherbourg Hague), 8ème de la première manche, fait parti, tout comme Sébastien Audigane (Galanz, Four à micro-ondes) ou Sébastien Josse (Espoir Crédit Agricole) de cette longue liste qui fait bien évidemment partie des derniers classés sur cette étape. « On ne pourra jamais définir exactement le temps que l’on a perdu. Sur le papier j’ai dû perdre environ cinq heures et j’arrive avec huit heures de retard sur le premier. J’espère que le jury international saura définir une règle pour que tout le monde trouve son compte ». Ce jury, présidé par le français Bernard Bonneau, devrait rendre sa décision demain en fin de journée, après un minutieux examen des rapports de mer établis par les coureurs. Si Michel Desjoyeaux (TBS) conforte sa première place au classement général -Trophée Rolex, Thomas Coville (Zurich) s’empare de la tête du classement de la première participation - Skipper Le Télégramme. Les écarts, au sein des concurrents, se sont bien évidemment creusés. Et cette journée de dimanche n’y est pas pour rien. En fin de matinée, le vent de nord-est est complètement tombé, pour se relever tout doucement au secteur nord-ouest. A 17h00, quatre concurrents – Marcus Hutchinson (Bergamote), Pierre Rolland (Centre d’animation de Pontanez), Eric Baudu (Sodatec) et Dominique Fouchard (Océ’amer) – sont encore en mer. Ils sont attendus plus tard dans la soirée.

Les échos des pontons

Erwan Dubois (Côtes d’Armor – Le Télégramme) est le premier bizuth à rejoindre les pontons de l’Ile de Groix. « Pendant toute l’aventure survenue à Bruno Jourdren (Nintendo 64), je n’ai pas pu régater. J’étais effondré et après la bonne nouvelle, j’ai encore mis trois bonnes heures pour rentrer à nouveau dans le match. Heureusement, j’ai joué un bon coup en partant dans l’ouest pour passer le front froid. Je croyais être largué, mais au classement du matin, j’étais en 13ème position ». Stéphane Hervé (Equipage 60) était à 6 milles de Bruno Jourdren quand l’accident est survenu. « Le directeur de course m’a dit qu’il avait suffisamment de monde pour effectuer les recherches. C’est là que l’on remercie l’électronique et tous les gadgets que l’on a à bord. Sans eux, il n’y aurait pas eu que Bruno sur les cailloux ». Eric Galmiche (Montres Pierre Lasnier) était ravi de son étape. « Le parcours était bien mouillé, avec autant de près que de portant. Et puis l’arrivée sur l’Ile de Groix a été sublime : mer belle, le bateau qui marche tout seul au près - débridé et le soleil qui se lève juste au dessus de l’île. Avec, en prime, un super et nombreux public à l’arrivée. On ne va pas se plaindre ». Sur la demande de la Fédération Française de Voile, le Ministère de la Jeunesse et des Sports a demandé à un médecin préleveur assermenté de la région de Rennes d’effectuer un contrôle antidopage à l’arrivée de cette étape. En tant que vainqueur, Jean Le Cam (Guy Cotten Chattawak) s’est soumis de bonne grâce à ce contrôle, ainsi que cinq autres coureurs tirés au sort. Ces contrôles, systématiques depuis 1992 sur un large panel d’épreuves représentatives de la voile sportive, ont, pour l’instant, toujours été négatifs. Partie très à l’ouest en mer d’Irlande, à la recherche du passage du front froid, Frédérique Brulé (Adage Investissement) a touché les bénéfices de son option. Sur cette étape, elle remporte la dotation Unika (le partenaire informatique de La Solitaire du Figaro) pour avoir été la plus rapide sur 24 heures. Dans la journée du 14 au 15, elle a parcouru 163,5 milles, ce qui correspond à une moyenne de 6,81 nœuds. Frédérique gagne un fax-modem-répondeur pour micro-ordinateur d’une valeur de 1 500 francs. Christophe Lebas (Station voile Cherbourg Hague) a eu un réveil difficile ce matin. « Je dormais et mon bateau a percuté la tourelle des Menhirs, à la pointe de Penmarch. J’ai pu me dégager rapidement, mais cela fait un choc ». Christophe va juste être obligé de retoucher l’enduit de son bulbe de quille.



Communiqué officiel

Le Cam gagne, Desjoyeaux conforte son avance, Ile de Groix, le 16 août 1998 à 7H30

Concurrents en mer : 45
2ème étape : Howth-Dublin - Ile de Groix (410milles)
Vainqueur de l'étape: Jean Le Cam (Guy Cotten Chattawak) en 64h41'
Premier au classement général-Trophée Rolex : Michel Desjoyeaux (TBS)
Météo : ciel étoilé ; mer belle ; vent de nord-est 8 noeuds

Le Cam gagne, Desjoyeaux conforte son avance

En franchissant le premier, à 5h29'47'', la ligne d'arrivée de cette deuxième étape de La Solitaire du Figaro, Jean Le Cam (Guy Cotten Chattawak) remporte sa 9ème victoire d'étape en quinze participations. Immédiatement après son arrivée, Jean a été soumis à un contrôle antidopage. Ce n'est pas une première sur La Solitaire du Figaro, épreuve régulièrement contrôlée depuis 1992. " Il faut avoir la tête bien faite pour espérer gagner, explique Jean Le Cam et je ne vois pas ce que le dopage peut apporter à ce niveau là ". Arrivé en seconde position, Michel Desjoyeaux (TBS) conforte son avance au classement général. " On procède par élimination raconte Michel. Sur cette étape, on vient de semer un sérieux client, Philippe Poupon (Fleury-Michon) ". Troisième de cette manche, Eric Drouglazet (Carven Defenders) reste solidement accroché au basque de Michel Desjoyeaux même s'il vient de concéder 14' à son adversaire. " Avec Michel on se retrouve systématiquement sur le plan d'eau. Preuve que nous avons les mêmes analyses sur la météo ou sur la tactique à suivre pour contrôler au mieux le reste de la flotte " analyse Eric qui reste plus que jamais un des très sérieux prétendant à la victoire finale. Avec le lever du jour, la brise de terre, qui a permis pendant toute la nuit une progression rapide de la flotte vers l'Ile de Groix, commençait à faiblir très nettement. Les écarts en temps risquent donc d'être conséquents avec des arrivées qui vont s'étaler tout au long de cette journée de dimanche.



Communiqué officiel

Un trio de fer au large de la pointe de Bretagne, Ile de Groix, le 15 août 1998 à 17H30

Concurrents en mer : 45
2ème étape : Howth-Dublin - Ile de Groix (410 milles)
En tête : Jean Le Cam (Guy Cotten Chattawak)
Distance à l'arrivée : 111 milles
Météo : soleil, mer belle, vent de nord-nord-est 20 à 25 noeuds

Ce matin, à 3h12, Eric Drouglazet (Carven Defenders) est le premier à passer dans l'ouest du phare de Bishop (Iles Scilly). Eric devance alors d'une minute Michel Desjoyeaux (TBS). 85 milles plus loin, après avoir traversé la Manche sous spi à la vitesse moyenne de 7,35 nœuds, c'est le leader de la première étape qui s'offre le luxe de parer en tête la bouée Racon, mouillée au large de la pointe de la Bretagne. Il est 14h46 et Michel Desjoyeaux compte six secondes d'avance sur Jean le Cam (Guy Cotten Chattawak) et 1'30'' sur Eric Drouglazet. Loïck Cariou, le commandant de l'Antarès - le bâtiment de la Marine Nationale chargé du pointage - n'en croit pas ses yeux. Six secondes après 50 heures de mer, dont une bonne trentaine effectuées au près dans des conditions difficiles, est en effet un écart bien aléatoire même à l'échelle de la Solitaire du Figaro. Quel écart y aura-t-il sur la ligne d'arrivée mouillée tout près de la jetée de Port-Tudy ? et qui s'offrira le luxe de remporter cette seconde étape, la plus longue de cette 29ème édition, avec ses 410 milles ? La réponse devrait intervenir peut-être très tôt demain matin. Les solitaires naviguent sous spi en cet fin d'après-midi, à 8,5 nœuds de moyenne et sur la route directe par un vent de secteur nord-nord-est qui ne devrait pas faiblir suffisamment pour ralentir considérablement la flotte. Comme il ne reste plus que 111 milles à parcourir (classement de 15h00) jusqu'à l'Ile de Groix, il est donc tout à fait possible que les arrivées se produisent dès le lever du soleil, soit vers les 6 heures du matin. Cette E.T.A correspond à une moyenne de 7,4 nœuds, moyenne tout à fait réalisable par les Figaro Bénéteau pour peu que ce vent de secteur nord-nord-est tienne en force comme en direction. Une fois de plus, Eole décidera de l'heure d'arrivée. Pour les solitaires, peu importe. Une arrivée, au petit matin ou même en pleine nuit, ne leur a jamais fait peur.

La météo

Le front froid se situe sur la Cornouailles et une dorsale anticyclonique 1020hPa progresse rapidement en direction de la Manche. Son axe concernera la mi -course dès cet après-midi de samedi. Le vent oscille entre le secteur nord-ouest et le secteur nord-nord-est. En cours de soirée sur la mer d'Iroise et les côtes du Finistère, le vent sera très faible de secteur nord-ouest à nord, avec brise de terre près des côtes. Dimanche, le vent devrait être faible, 2 à 8 nœuds de nord-ouest, avec établissement en cours de journée d'une brise de mer qui s'orientera au sud-ouest 10 à 15 nœuds, puis au secteur ouest-sud-ouest en fin d'après-midi.

Les échos du large

Sacrée journée hier pour le grand (1m93, 90 kg) Sébastien Audigane (Galanz, Four à micro-ondes). Le matin, Sébastien participe aux recherches après avoir signalé, le premier, qu'il avait vu, à 300 mètres dans son sud, Bruno Jourdren (Nintendo 64). Le soir, sur le coup de 19 heures, Sébastien apprend la bonne nouvelle : le petit Saïk (François en breton) vient de naître. La maman Carole se porte comme un charme. Le basque Pascal Bidegorry (Concorde Plaisance) connaît quelques problèmes. " Dès le premier jour, j'ai cassé ma drisse de génois. Maintenant c'est la têtière de mon spi qui vient de lâcher. Il faut que je la répare et que je monte dans le mât pour récupérer la drisse ". Le bizuth Thomas Coville (Zurich) est un skipper heureux. " Je suis entrain de vivre une de mes plus belles journées de régate. Je suis bord à bord avec le célèbrissime Philippe Poupon (Fleury-Michon). On ne peut pas rêver meilleur compagnie. En plus, tous les jours, j'ai l'impression d'en apprendre des tonnes. Quoi qu'il arrive, le contrat est rempli puisque je suis venu pour cela ". Gilles Chiorri (Servant Soft) n'a pas dit son dernier mot. " Les trois premiers nous ont largué mais la nuit va être longue ". En attendant, Gilles se laisse griser par la vitesse de son Figaro Bénéteau. " J'en perds mes bigoudis tellement cela décoiffe ". " Mon bateau est impeccable, il est à 100% et il sent même bon, raconte Jean-Paul Mouren (Marseille Entreprises Qualité). J'ai eu droit à un spectacle que je n'avais encore jamais vu : le saut d'un phoque en pleine mer ! ". Grâce à son passage en tête de la flotte au phare de Bishop, Eric Drouglazet (Carven Defenders) est actuellement le leader incontesté du Grand Prix Sebago avec 3 points. Il devance Michel Desjoyeaux (6 points) et Pascal Bidegorry (7 points)



Communiqué officiel

Drouglazet en tête à Bishop, Ile de Groix, le 15 août 1998 à 6H00

Concurrents en mer : 45
2ème étape : Howth-Dublin - Ile de Groix (410milles)
Départ : jeudi 13 août à 12h10
Premier : Eric Drouglazet (Carven Defenders)
Distance à l'arrivée : 192, 75 milles
Météo : ciel étoilé ; mer belle ; vent de nord-ouest 7 à 10 noeuds

A 3h12, le breton de Nevez Eric Drouglazet (Carven Defenders) est passé en tête au pied du phare de Bishop, le gardien des Iles Scilly, chapelet d'îles situé à l'ouest de la Cornouaille anglaise. Il remporte ainsi le Grand Prix Sebago de cette seconde étape. Eric devançait d'1 minute Michel Desjoyeaux (TBS). Les deux premiers du classement général sont, depuis le départ de Howth, au coude à coude. Jean-Paul Mouren (Marseille Entreprises Qualité), dixième, a paré le phare à 3h57, soit avec 45 minutes de retard sur le premier. Le classement du Grand Prix Sebago correspond parfaitement, pour les 15 premiers, avec le classement de 4h00 joint à ce communiqué. Hier soir, en fin de journée, le passage du front froid a bien eu lieu. La bascule du vent à l'ouest, puis au nord-ouest, a été unanimement appréciée par les 45 skippers encore en mer. Les solitaires ont pu hisser les spis et faire en fin route directe vers le but. Et puis après la purée de pois et le crachin, le passage de ce front froid a permis de retrouver les étoiles dans le ciel et un air sec. Après la mésaventure survenue à Bruno Jourdren (Nintendo 64) hier à la même heure, mésaventure suivie en direct jusqu'à son heureux dénouement par l'ensemble de la flotte, la Solitaire du Figaro glisse sereine sur la Manche, cap sur la bouée Racon. Située au large d'Ouessant, distante encore de 85 milles, cette bouée a été mouillée pour séparer le trafique maritime entre les rails montants et descendants des navires de commerce. Le danger pour les marins n'est plus, en ce samedi, la côte et ses cailloux, mais bel et bien ces monstres qui sont prioritaires. L'arrivée des premiers est prévue demain en milieu - fin de journée.



Communiqué officiel

Ile de Groix, le 14 août 1998 à 17H30 B

Concurrents en mer : 45
2ème étape : Howth-Dublin - Ile de Groix (410 milles)
En tête : Jean Le Cam (Guy Cotten Chattawak)
Météo : Pluie, visibilité de 0,5 à 2 milles, mer agitée, vent de sud-ouest 25 nœuds

Bruno, sain et sauf, la course continue

La flotte de La Solitaire du Figaro a poussé un grand ouf de soulagement quand, à 9h55, la bonne nouvelle a parcouru les ondes. L'aventure survenue à Bruno Jourdren (Nintendo 64) est bien dans la tradition de cette épreuve décidément pas comme les autres (lire les échos du large). Le dernier cas célèbre remonte déjà à 13 ans, lorsque Vincent Borde avait vu, lui aussi, son bateau couler sous ses yeux, déchiqueté par les hauts-fonds du Raz de Sein. Une chose est certaine : le handicap (bras droit invalide) dont souffre Bruno depuis l'âge de 18 ans, n'est strictement pour rien dans cette fortune de mer. " Quand tu vois ton bateau couler devant toi, cela fait mal. Il faudra revenir " sanglote un Bruno désemparé. Toute la Solitaire du Figaro l'attend de pied ferme l'année prochaine, pour participer à la 30ème édition. Détournés par Denis Horeau, le directeur de course, afin qu'ils participent aux recherches, Christophe Lebas (Station voile Cherbourg Hague), Sébastien Josse (Espoir Crédit Agricole), Sébastien Audigane (Galanz, four à micro-ondes) Ronan Cointo (Lyon Rhône Alpes Performance), Pierre Rolland (Centre d'animation de Pontanez), Yann Eliès (Generali Ambition), Marcus Hutchinson (Bergamote), Eric Baudu (Sodatec), Dominique Fouchard (Oce'amer) ont eu le droit de reprendre la course à 10h20 ce matin. Ils avaient auparavant, juste avant de déplomber les arbres d'hélice de leur moteur, noté chacun leur position et l'heure à laquelle ils se sont détournés. Le jury international, présidé par le français Bernard Bonneau, statuera, pendant l'escale de l'Ile de Groix, sur un reclassement de tout ces coureurs. Ces derniers, comme Bruno Jourdren, avait choisi une option près des côtes du Pays de Galles et puis anglaise pour rejoindre au plus vite le phare de Bishop (au large des Iles Scilly) où sera jugé le Grand Prix Sebago de cette deuxième étape. Un temps payante, c'est finalement l'option plus à l'ouest qui semble pour l'instant le mieux réussir. Jean Le Cam (Guy Cotten Chattawak) a pris le commandement alors que le phare de Bishop est encore à 70 milles de son étrave et qu'il faut toujours tirer des bords pour espérer le rejoindre. Le passage du front, qui semble moins actif que prévu, n'a toujours pas eu lieu. Les concurrents ne sont plus attendus avant l'après-midi de dimanche. Le départ de la troisième étape est d'ores et déjà retardé de 24 heures. Les concurrents partiront donc pour Gijon le mercredi 19 août, à 11h00. La météo Le passage du front froid sur le sud de la mer d'Irlande est toujours prévu pour cet après-midi de vendredi. Le vent devrait donc s'orienter au nord-ouest, 10 à 15 nœuds, après son passage puis, dans la nuit, il s'orientera au nord-nord-ouest, 7 à 12 nœuds. Il devrait souffler ainsi toute la journée de samedi. Les échos du large Le naufrage de Bruno Jourdren a eu lieu à l'extrême ouest du Pays de Galles, sur une pointe déchiquetée de Saint Davids Head. Bruno a été récupéré près de la baie nommée Gesail. Ci-joint la retranscription de l'interview de Bruno Jourdren effectué par Philippe Joubin (l'Equipe) et par Thierry Watelet (RTL). " Cela s'est passé tellement vite... On était au près. Le bateau allait bien, j'allais bien, j'étais reposé et en fait ma montre était cassée depuis trois heures de l'après-midi et je ne savais jamais quelle heure il était. Et puis j'avais un petit problème de ballast, je le voyais qui fuyait. A ce moment là, j'étais à 14-15 milles de la côte et ça fuyait régulièrement sous le vent. Alors j'ai été à l'intérieur. Ca coulait sous le vent, avec les deux ballasts pleins. Donc le temps de pomper tout ça, pour les vider, ça ma demandé un temps fou. J'étais fatigué, ça m'a demandé une heure. J'étais mort de fatigue alors je me suis dit voilà je prends cinq minutes, je m'endors cinq minutes et puis ça va le faire. Et puis le cinq minutes s'est transformé en une heure un quart, une heure et demi j'en sais rien, parce que huit milles en une heure et demi... j'en sais rien. Je dormais dans le fond du cockpit et puis j'ai fait un cauchemar et je me suis réveillé...Et puis j'ai vu la falaise à 50 m devant. Voilà, puis là, j'ai... Cela s'est passé tellement vite. Avec le ressac, plus ça allait plus j'allais être drossé sur les cailloux. J'ai mis le moteur, marche avant, marche arrière, j'ai jamais réussi à sortir, puis il a commencé à y avoir des voies d'eau dans le bateau. Cela s'est passé en un quart d'heure. J'ai essayé de récupérer la VHF portable mais elle était vide, aucune émission possible, rien du tout. Elle ne marchait pas. J'avais réussi à sortir le bateau des cailloux, cela allait à peu près, mais le bateau faisait tellement d'eau et tellement rapidement. Je me suis dit ça va pas le faire. En passant tout près d'un caillou, j'ai sauté à l'eau quoi. J'ai choisi la bonne vague, j'ai attendu, je suis monté sur le caillou et je suis resté là cinq heures. Et puis le bateau il a coulé a dix mètres de moi...Il est au fond de l'eau... J'ai les boules... Quand tu vois ton bateau couler devant toi, ça fait mal... Mais bon c'est comme ça... J'ai sauté à l'eau une deuxième fois pour essayer de rejoindre la falaise à un moment où il y avait moins de vent. C'était pas loin mais je regardais les bonnes vagues pour voir laquelle m'amènerait, sans qu'elle soit dangereuse. J'ai regardé vingt minutes, une demi heure... à attendre laquelle vague m'amènerait sans me fracasser. Puis j'ai trouvé la bonne. Je suis arrivé de l'autre côté, j'ai été un peu drossé sur les cailloux, puis après j'ai monté la falaise puis j'ai dormi là-haut. Je me suis endormi à peu près une demi heure encore là haut. Puis après j'ai entendu l'hélicoptère, il ne cherchait pas au bon endroit. Alors j'ai marché un quart d'heure puis j'ai vu l'hélicoptère, j'ai fait des signes et puis ils m'ont amené ici.Ca va je m'en sors bien. J'ai l'épaule qui est très enflée et la main abîmée à force de monter sur les cailloux, mais ça va. Non, j'ai pas grand chose.... J'ai les boules quoi... Quand tu vois ton bateau couler devant toi... Cea fait mal. Là... Faudra tout recommencer. Mais bon, c'est comme ça. A la question pourquoi ne pas avoir utilisé le radeau de survie, Bruno répond : " J'ai jamais eu le temps. Un bateau qui est drossé sur les cailloux, t'arrives même pas à tenir dessus ! je suis tombé trois à quatre fois dans le bateau, je me suis cogné la tête, je me suis fait vachement mal. Et j'ai dit j'arriverai jamais à sauver le bateau, c'est pas possible. Le temps de sauver le bib et qu'est ce que j'aurais fait dans le bib, j'aurais été drossé sur les cailloux. Le vent m'aurait amené exactement pareil. Cela n'aurait rien changé. Voir pire. Il valait mieux raisonner et puis avoir la bonne vague et essayer de la choisir pour aller directement sur les cailloux, comme j'ai fait.



Communiqué d'Isabelle Musy

Voile / Solitaire du Figaro- Départ deuxième étape - HOWTH (Dublin), 13 août, Reuters.

Les 46 concurrents de la Solitaire du Figaro ont pris jeudi matin le départ de la deuxième étape entre Howth et Groix. Prévu initialement à 11 heures (heure française), le départ a été retardé. Le remorquage des Figaro Bénéteau hors du port avaient pris plus de temps que prévu. C’est donc à 12h10 que le coupe de canon de la plus longue étape, 410 milles (760 km), de cette 29ème Solitaire du Figaro a été donné. Les 46 navigateurs solitaires se sont élancés sous la pluie et dans le brouillard par un vent de sud-ouest de 10 à 12 noeuds. C’est le vainqueur de la première étape, le Breton Michel Desjoyeaux sur TBS qui a viré en tête la bouée de la Marine Nationale. Il était suivi 37’’ plus tard par le Breton Eric Drouglazet (Carven Defenders), second de la première étape. “Vu les conditions météo annoncées, il n’y aura pas beaucoup de coup à jouer sur cette étape. Il faudra partir en tête et accélérer pour creuser l’écart”, a expliqué Michel Desjoyeaux la veille du départ. Parmi les 15 bizuths participant pour la première fois à cette épreuve (classement Skipper le Télégramme de la première participation), c’est le Niçois Sébastien Josse (Espoir Crédit Agricole) qui virait le premièr la marque de la Marine Nationale en cinquième position. La flotte a mis le cap sur le phare de Bishop près des Iles Scilly, une marque de passage obligé, qu’elle devrait atteindre vendredi soir. L’arrivée à l’île de Groix, terme de cette deuxième étape, est prévue dimanche.



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