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La Course en direct!


Départ et 1ère étape


Michèle est arrivée! Dominique Wavre, son compagnon est auprès d'elle. 48 heures pour récupérer après cette première étape des plus éprouvantes!
Isabelle Musy, journaliste
suit la Solitaire sur un voilier accompagnateur!

Communiqué officiel
Michel Desjoyeaux, un leader qui fait l'unanimité, Howth-Dublin, le 11 août 1998 à 17H00

Nombre d'inscrits : 47 ; Abandon sur cette étape : 7
1ère étape : Cherbourg / Howth-Dublin (385 milles) ; Départ : jeudi 6 août à 10h50
Premier : Michel Desjoyeaux (TBS) arrivé le 10/08 à 23h48' 29'', en 108h58'29''
Météo : ciel gris ; léger crachin par intermittence ; vent de sud-ouest 10 noeuds

En apprenant qu'Eric Drouglazet (Carven Défenders) venait de passer la ligne seulement 14 minutes derrière lui, Michel Desjoyeaux (TBS) n'a pu s'empêcher d'esquisser une petite moue dubitative. " Quelques heures avant l'arrivée, Eric était quatre milles derrière moi. C'est la voile ! ". En remportant de belle façon cette première étape qui restera comme une des plus lentes dans l'histoire de La Solitaire du Figaro (vitesse moyenne de 3,58 nœuds), Michel fait plus que confirmer son statut de favori de cette 29ème édition. Derrière, c'est souvent la soupe à la grimace. Marc Guessard (Nantes & St-Nazaire) a vécu le pire : il a été bloqué à moins d'un mille de la ligne d'arrivée, perdant ainsi cinq heures. " J'étais dégoûté. Je n'ai même pas programmé mon réveil " explique Marc, troisième l'année dernière et sérieux prétendant à la victoire. Alors, comme beaucoup, Marc est tombé dans les bras de Morphée, réveillé par solidarité par Thomas Coville (Zurich) qui a franchi la ligne en 12ème position. Thomas prend la seconde place au classement de la première participation Skipper Le Télégramme. Il s'est fait coiffé sur le fil par Anne Monmousseau (BRS). " Arriver première, en 11ème position, c'est carrément sympa. Cette course est passionnante, il se passe toujours quelque chose. Ma grosse appréhension était la gestion du sommeil. J'ai trouvé que l'on arrivait toujours à se reposer sans être complètement absent ". Karine Fauconnier (Ville de saint-Raphaël) a dormi six heures d'affilée, tout comme Gildas Morvan (Cercle Vert - Andouilles Triskel), Ronan Cointo ( Lyon Rhône - Alpes Performance) et d'autres. " Le fait de se trouver au mouillage a donné aux solitaires une fausse sensation de sécurité et les nerfs se sont relâchés " explique le docteur Jean-Yves Chauve. " Ainsi avec notre bateau les Thermes Marins de Saint-Malo, nous tournions autour du Figaro Bénéteau de Karine d'où surgissait le mugissement de son alarme. Normalement c'est intenable. Elle avait intégré ce son strident à son sommeil profond ". Sébastien Audigane (Galanz Four à Micro Ondes), dernier classé, ne se souvient plus de rien. " Je me suis retrouvé dans ma couchette. Je croyais que j'étais en croisière. Après un bon quart d'heure, j'ai réalisé que j'étais sur la Solitaire du Figaro ". D'ici le départ fixé jeudi prochain à 11 heures, les solitaires n'ont qu'un but : refaire le plein d'énergie.

Les échos des pontons

La Solitaire du Figaro a toujours écrit de " drôles " d'histoires. Celle survenue à Jean-Paul Mouren (Marseille Entreprises Qualité) mérite d'être contée. Il a tout simplement oublié de virer le bateau feu Coningbeg. " C'est Christophe Arthaud (Les Industries du Havre) qui m'a prévenu alors qu'il rentrait au moteur sur Howth. Moi, j'étais tranquille en course, sans aucune nouvelle puisque ma VHF ne marchait pas. Le ciel m'est tombé sur la tête. C'est une bête erreur de secrétariat. Quand j'ai rentré les points de passage sur un GPS que je ne connaissais pas, j'ai du tout simplement oublié cette marque. Je vais être encore obligé de revenir ! ". Comme les cinq autres abandons dans cette première étape, Jean-Paul Mouren partira de Howth, crédité du temps du dernier plus deux heures. Quant à Julien Musset (Loire Cap Océan), il a officiellement déclaré forfait pour cette édition. Ils seront donc 46 à partir, jeudi, pour la seconde étape entre Howth-Dublin et l'Île de Groix.

Vincent Riou (Port de Plaisance de Loctudy), Jérémie Beyou (Volkswagen -Castrol) et Sébastien Josse (Espoir Crédit Agricole) sont adversaires mais aussi et surtout d'excellents amis dans la vie. " On passe notre temps à naviguer les uns contre les autres explique Vincent. Alors, l'autre nuit, quand il a fallu mouiller au large de Coningbeg et que nous étions tous les trois dans la même galère, nous nous sommes attachés les uns derrière les autres pour n'utiliser qu'un seul mouillage. Après, la course a repris ses droits ".

Thomas Coville (Zurich) essayait de garder son sens de l'humour après s'être fait doubler par Anne Monmousseau (BRS) dans la dernière ligne droite. Il se souvenait surtout de sa nuit passée au pied du phare de Tuskar. " J'ai mis exactement 3/4 d'heure à mouliner sur mon winch pour remonter l'ancre. Heureusement j'avais anticipé la renverse de courant. Quand mon ancre a été à bord, j'allais à nouveau dans le bon sens ".

" C'est la première fois que je passais autant de temps en mer, raconte Erwan Dubois (Côtes d'Armor - Le Télégramme). C'est l'absence de vent qui m'a le plus impressionné tout comme la faculté de Michel Desjoyeaux a aller vite tout le temps. Je n'en suis pas encore là ".

Jean Le Cam (Guy Cotten Chattawak) avait le sourire en posant pied à terre sur les pontons de Howth. " J'ai évité le scénario catastrophe de justesse en passant la ligne peu avant la renverse du courant. Sinon, c'était dur comme une étape de Figaro avec un beau vainqueur, Michel Desjoyeaux. Je n'en attendais pas moins de lui ".

Christophe Lebas (Station voile Cherbourg Hague) était satisfait de sa place sur cette manche " où tout était possible, le meilleur comme le pire. Mais des régates avec du vent, pour les bateaux à voiles, c'est quand même mieux explique celui qui avait terminé premier bizuth ici à Howth, il y a deux ans.


Communiqué officiel - L'interminable attente continue, Howth-Dublin, le 10 août 1998 à 17H00

Nombre d'inscrits : 47 ; Encore en course : 41
1ère étape : Cherbourg / Howth-Dublin (385 milles) ; Départ : jeudi 6 août à 10h50
En tête : Michel Desjoyeaux (TBS)
Distance à l'arrivée : 24,25 milles
Météo : Ciel gris; mer d'huile ; visibilité inférieur à 3 milles ; vent de secteur sud 8 noeuds.

Eole ne faisant aucun cadeau aux 41 skippers encore en mer, la direction de la Solitaire du Figaro a été obligée de se rendre à l'évidence : le départ de la seconde manche, prévu initialement demain mardi, est repoussé au jeudi 13 août à 11h00. " 48 heures de repos est un minimum après l'épreuve qu'ils sont entrain de subir ", analyse le docteur Jean-Yves Chauve depuis son bateau Les Thermes Marins de Saint-Malo. Une décision unanimement appréciée par les solitaires qui commençaient à se poser de sérieuses questions face à l'étape à venir. Après une quatrième nuit encore plus difficile que les précédentes, les conversations entre les Figaro Bénéteau vont bon train sur les ondes VHF comme l'explique Yvon Fauconnier, père de Karine Fauconnier (Ville de Saint-Raphaël) qui suit l'épreuve à la barre du bateau Presse. " Ils se racontent leurs déboires de la nuit. Cela permet de s'entretenir le moral. Il faut dire que mouiller par 30 mètres de fond et par 4 nœuds de courant, est tout sauf évident. C'est d'une violence inouïe, l'étrave du bateau plonge carrément sous l'eau ". Naviguant en compagnie du leader Michel Desjoyeaux (TBS), Yvon faisait à 16h00 un rapide tour de la situation. " Pour la première fois depuis 48 heures, le vent de secteur Sud est stable à 8 noeuds. Mais nous luttons actuellement contre le courant, et cela va durer les 4 prochaines heures. Nous avançons donc pour l'instant sous spi, à 2,5 nœuds sur la route. Vers 20h00, quand le courant sera avec nous, si le vent tient, tout ira alors très vite ". Les premiers sont ainsi attendu en fin de soirée mais la flotte est maintenant des plus étalé, les écarts entrent les concurrents commençant à devenir très importants. Ainsi, Frédérique Brulé (Adage Investissement), dernière classée au classement de 15h00 est encore à 79 milles de l'arrivée et recule actuellement à la vitesse de 3 nœuds. Pour elle et comme pour beaucoup d'autres, le calvaire de cette première étape est loin d'être terminé. Il devrait par contre s'achever plus tôt pour Anne Monmousseau (BRS) qui réalise une superbe performance. Pointant en 12ème position, juste derrière l'Irlandais Damian Foxall, Anne est à la lutte avec Thomas Coville (Zurich) pour s'octroyer la première place au classement de la première participation Skipper Le Télégramme.
La météo
Déjà lundi et une météo toujours aussi terrible pour les solitaires encore en mer. Vent faible de secteur sud de 0 à 5 noeuds, tournant en début d'après-midi au secteur ouest, 4 à 6 nœuds. Encore plus terrible pour eux : l'effet de brise sera peu important près de la côte irlandaise ! Mardi, le gradient reste toujours aussi faible, avec un vent de sud-ouest pouvant atteindre les 10 à 15 nœuds en cours d'après-midi. A cette heure, espérons que tout le monde soit déjà arrivé à bon port.
Les échos du large
En début d'après-midi, Dominique Fouchard (Océa'mer) et Stéphane Hervé (Equipage 60) sont arrivés à bon port. " J'ai eu des problèmes de pilote automatique dès la première nuit, explique Stéphane qui participe pour la quatrième fois à La Solitaire du Figaro. J'ai réussi à réparer, mais au niveau du bateau feu Coningbeg, il est retombé en panne. J'ai alors décidé de me retirer de cette étape pour mieux préparer celles à venir ". Michel Desjoyeaux (TBS) a toujours eu le sens de la formule. Voici la dernière en date, recueillie par la traditionnelle vacation VHF via l'Antarès, bâtiment de la Marine Nationale. " Nous sommes comme les escargots qui montent aux arbres sur deux mètres pendant la journée et qui en perdent un pendant la nuit ". Actuellement second au classement de la première participation Skipper Le Télégramme, Thomas Coville (Zurich) qualifie " cette étape de marathon où rien n'est jamais acquis. Mon plus gros problème est la panne de mon alarme, celle qui peut réveiller un mort. J'ai donc peur de tomber pendant de trop longues heures dans les bras de Morphée ". Marc Guessard (Nantes & St-Nazaire) n'en revient pas de la force du courant. " Au mouillage, le speedo est monté jusqu'à 3,5 noeuds. Cela veut donc dire que l'on a 3,5 nœuds de courant dans le nez . Je n'avais pas encore connu cela depuis que je fais du bateau". Cette nuit, face au fort courant, le jeu ne constituait pas à avancer, mais à ne pas reculer. " J'ai mouillé et comme tout le monde je crois, je suis allé me coucher, explique Bertrand de Broc (Guyader, Traiteur en Bretagne). Quand je me suis réveillé, les deux bateaux qui étaient derrière moi étaient passés devant. Mon ancre de 30 kg était cassée en deux ". Bertrand a dû se tromper sur le poids de son ancre. La jauge est catégorique : sont embarquées à bord deux ancres, une de 8kg et une de 12kg. Pour un poids total, chaîne comprise de 42 kg ! Christophe Artaud (Les Industries du Havre), classé jusqu'à hier soir dans les dix premiers, a jeté l'éponge. " Je voulais mouiller vite et je n'ai pas assuré le bout de ma ligne de mouillage qui a filé dans l'eau. Ma deuxième ancre a cassé. et j'ai préféré démarrer le moteur. Je ne peux pas vous dire ce que j'ai dans la tête, mais ce n'est pas une bonne journée pour moi ".



Commentaires du 8 août 1998
Extraits du communiqué d'Isabelle Musy


... Si les premiers sont reposés, le reste de la flotte commence à ressentir la fatigue. Et notamment ceux qui, comme Michèle Paret à bord de Carrefour Prévention Genève, participent pour la première fois à cette course: "Je commence à manquer de sommeil. Avec le vent qui ne cesse de tourner, il faut rester à la barre en permanence. Or, la nuit dernière, j'ai piqué de la tête et me suis assoupie. Quand je me suis réveillée, il n'y avait plus personne, j'avais perdu le contact avec les autres bateaux. Le sommeil est difficile à gérer. Dominique (ndlr: à propos de Wavre, son compagnon, 2è de l'épreuve l'an dernier) boit du café pour rester éveillé. J'ai horreur de ça, mais je vais peut-être me mettre à suivre mon grand maître." ...


Commentaires du 7 août 1998
Extraits du communiqué d'Isabelle Musy

... Michèle Paret à bord de Carrefour Prévention Genève, classée 30è au passage de la marque Sébago près de Plymouth.
"C'est une navigation agréable sous le soleil et le ciel bleu, mais on aimerait bien un peu plus de vent. Pour moi, la nuit a été très agitée puisque j'ai eu un problème avec ma pompe de ballast qui a explosé. J'ai dû bidouillé quelque chose avec la pompe de cale. J'ai perdu beaucoup de temps et d'énergie avec ce problème technique. En ce qui concerne ma position par rapport à la flotte, je peux mieux faire , mais la course n'est pas finie et étant données les prévisions annoncées, il y a encore une possibilité de gagner quelques places." ...



Commentaires du 6 août 1998
"échos des pontons" du site officiel


Michèle Paret (Carrefour Prévention Genève) était radieuse. " Ce beau temps permet d’évacuer plus facilement le stress, même si j’ai une petite boule bien blottie au fond de l’estomac ". Comme beaucoup de skippers, Michèle appréciait de partir la veille de la pleine lune. " Cette nuit, le spectacle risque d’être superbe. Nous sommes les marins les plus chanceux du monde ".


Commentaires du 5 août 1998 (JCR)

Aurélie Mars - 14 ans Ecole de Voile de Cherbourg
qui a fait le prologue du mardi 4 août avec Michèle Paret!


Le Prologue, qui ne compte pas pour le Classement, a eu lieu hier 4 août. Excellente initiative des organisateurs de la Solitaire du Figaro, il a permis dans sa première partie de faire naviguer à bord des différents Bénéteau des jeunes de l'Ecole de Voile de Cherbourg. Ainsi, Aurélie Mars - 14 ans - a pu régater avec Michèle Paret. Après cette journée d'exception pour ces jeunes navigateurs, Aurélie montrait toute sa joie et toute sa détermination à devenir aussi un jour une championne! La deuxième partie du Prologue se déroulait en Solitaire et a vu la superbe victoire de l'Irlandais Damian Foxall, premier des bizuths l'an dernier. Les Français sont donc prévenus! Michèle a eu quelques problèmes à résoudre quant à son pilote automatique, problème qui devrait être résolu dans la journée de mercredi, à la veille de son départ! Michèle, répétons-le est au top de sa forme et n'a de hâte que de se mesurer dans les vrais conditions de la Figaro, qui requièrent une résistance physique et morale alliée à l'expérience et au talent sans oublier une part de chance dans les choix stratégiques! Nous sommes tous impatients de suivre Michèle dans sa première participation à cette Solitaire.


Commentaires du 3 août 1998 (JCR)


Michèle Paret entourée par Monique Macé (à g.) et Jeanne Timsit (ä dr.) ses deux "redoutables" préparatrices!

Michèle Paret est au top de sa forme pour le prologue, mardi 4 août, et pour le départ, jeudi 6 août prochain! Le voilier est prêt et deux autres femmes, Monique Macé et Jeanne Timsit, assureront son assistance. A Genève, Françoise Giavarini sera le relais auprès de la presse suisse et Isabelle Musy, journaliste qui vient de suivre le Tour de France à la voile, nous rejoindra à temps pour commenter le départ de cette 29è édition de la Solitaire du Figaro!
Il faut relever, au niveau officiel, une organisation exceptionnelle et un site internet très complet qui permettra de suivre la Course en direct! N'hésitez donc pas à vous brancher sur www.prevention.ch pour les "potins du bord"
et clickez ensuite sur le site officiel!



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