Le sida n'est qu'une maladie transmissible parmi de nombreuses autres. Mais, plus que tout autre, le sida fait peur. En effet, le sida est une maladie contre laquelle il n'existe encore aucun vaccin ou remèdes efficaces, et dont l'issue est la plupart du temps fatale.

 

Le sida (syndrome d' immunodéfience acquise) est engendré par un virus appelé VIH (virus d' immunodéfience humaine). Le VIH est transmis sexuellement ou par le sang. Il affaiblit le système immunitaire pour le mettre finalement hors d'état de résister aux maladies infectieuses et autres affections. Prévenir est le seul moyen efficace de se protéger contre une infection au VIH.
Prévenir, ici, se résume en deux messages simples. Pour tous et toutes: faire l'amour sans risque, en dehors d'une relation stable, sans VIH - toujours avec un préservatif ! Pour les consommateurs et consommatrices de drogues: ne jamais échanger de seringues !

 

En savoir plus
On parle beaucoup du sida. Mais peut-être en aimeriez-vous en savoir davantage, avoir plus de précisions, même si vous n'êtes pas directement concerné(e). Dans les pages suivantes, vous apprendrez comment le VIH pénètre dans l'organisme, de quelle façon il sape le système immunitaire, et comment l'infection débouche sur le sida.
Il existe déjà plusieurs brochures d'informations spécialement destinées aux personnes porteuses du virus. Adressez-vous à votre médecin, ou à un service d'assistance-conseil en matière de sida (adresse en dernière page).

Tout commence par la transmission
Toutes les maladies transmissibles sont provoquées par des bactéries, des virus, des champignons ou autres micro-organismes. Les voies de transmission du VIH sont les rapports sexuels ou l'échange de seringues et d'aiguilles usagées.
Une mère infectée peut transmettre le virus à son enfant pendant la grossesse, lors de l'accouchement ou à l'allaitement.
Le VIH n'est pas transmis par l'air, les piqûres d'insectes, la toux, les éternuements, le contact, les baisers ou l'utilisation commune d'ustensiles, des toilettes ou du bain.

Une personne n'est infectée que lorsque le virus se multiplie dans son organisme. Et jusqu'à ce qu'elle s'en ressente et tombe malade, il peut s'écouler des années, voire des décennies. Le sida n'est guère que le dernier stade d'une longue infection qui se déroule en trois étapes:

1. Infection aiguë

2. Infection latente

3. Affaiblissement du système immunitaire qui débouche sur le sida.

 

Le corps a des moyens de se défendre

Il ne se passe pas un jour sans que notre corps entre en contact avec des germes pathogènes. Heureusement, l'organisme humain est muni de divers organes protecteurs: la peau, les ganglions lymphatiques, le foie, la rate, et autres. En outre, notre sang contient des cellules qui assument différentes fonctions protectrices. Un rôle important revient ici aux cellules macrophages et aux lymphocytes T auxiliaires qui aident à "neutraliser" les germes infectieux.
L'infection au VIH s'attaque tout particulièrement à ces cellules protectrices. Une fois que le virus y a pénétré, il s'y multiplie. Les nouveaux virus quittent leur cellule pour envahir d'autres cellules.

 

Première phase: infection aiguë
Premiers symptômes de l'infection
La phase aiguë de l'infection au VIH, qui survient peu de temps après la transmission, est la phase de prolifération du virus et de sa propagation à d'autres cellules qu'on appelle les cellules-hôtes. Il se forme une multitude de nouveaux virus. Ce dérèglement peut provoquer les symptômes d'une infection aiguë. Pendant cette phase, environ la moitié des personnes venant d'être infectées tombent malades pendant une courte période.
Pendant la phase d'infection aiguë, le sang contient un très grand nombre de virus; le risque de contagion est certainement le plus élevé pendant cette période-là.

 

Les symptômes les plus courants ressemblent à ceux d'un refroidissement ou d'une grippe: fièvre, ganglions lymphatiques tuméfiés dans le cou, maux de tête, éruption cutanée bénigne, lésions des muqueuses, douleurs musculaires ou, parfois, troubles sensoriels. De tels signes sont également caractéristiques d'autres infections. A ce stade, même des médecins expérimentés ne peuvent pas dire avec certitudes s'il s'agit ou non d'une infection au VIH.

 

En cas d'infection au VIH, tous ces symptômes disparaissent complètement au bout d'une ou quelques semaines. Le système immunitaire a repris en main le contrôle de la situation et parvient à stopper la multiplication du virus. Chez les porteurs du virus, on trouve généralement des anticorps dans le sang après six mois. Le "test du sida" (test des anticorps anti-VIH) permet de dépister la présence de ces anticorps. Le test ne sera donc positif que trois à six mois après la transmission du virus. (Pour plus d'informations à ce sujet, consulter la brochure "Oui ou non, un guide du test des anticorps anti-VIH").

Deuxième phase: infection latente
Le virus reste dans
l'organisme - à vie
Les premiers symptômes disparaissent, mais le virus reste dans le corps. Son plan de construction s'est insinué durablement dans l'information génétique des cellules-hôtes. Le système immunitaire continue d'éliminer les nouveaux virus.

Pendant cette phase, les personnes vivant avec le VIH sont généralement en parfaite santé pendant de nombreuses années. Il arrive bien que l'une ou l'autre se sente fatiguée ou sans entrain, mais le système immunitaire fonctionne sans accrocs. Les porteurs et porteuses du virus peuvent donc vivre tout à fait normalement, à condition d'être accepté(e)s par leur entourage et de ne pas être discriminé(e)s en raison de leur séropositivité.

Troisième phase: affaiblissement
du système immunitaire
Signes avant-coureurs de la
maladie
Pendant longtemps, souvent de nombreuses années, le système immunitaire est en mesure de contrôler l'infection et d'éliminer les nouveaux virus. Tout d'un coup, la résistance s'épuise. Personne ne sait encore quels sont ici les facteurs déterminants. D'autres maladies infectieuses, l'herpès par exemple, peuvent avoir un rôle à jouer. On pense aussi que des problèmes relationnels, des difficultés financières ou professionnelles, peuvent influer défavorablement sir le cours de l'infection.

A un moment donné, on assiste à une multiplication massive des virus. De plus en plus de cellules disparaissent et les premiers signes de la maladie apparaissent. Ces signes peuvent varier très fortement d'une personne à l'autre. Souvent, la peau se modifie. Elle devient parfois sèche, des plaques squameuses rougeâtres et des vésicules peuvent apparaître au visage. En outre, on observe fréquemment une infection des muqueuses, en particulier des mycoses buccales: dépôt blanchâtre sur muqueuse rouge (stomatomycose).

Il peut se passer des mois, voire des années avant que l'affaiblissement du système immunitaire débouche sur l'infections graves. C'est à ce moment-là seulement que l'on parle de sida.

Dix ans après l'infection, seule la moitié des personnes touchées est malade du sida. Quant à l'autre moitié, on ne sait combien tomberont malades. Mais il est vraisemblable que la majeure partie des personnes porteuses du VIH soient un jour malades du sida. A moins que l'on arrive à empêcher la progression de l'infection.

Le sida
Comme leur système immunitaire faiblit, les personnes infectées au VIH seront toujours moins résistantes à des germes pathogènes qui sont relativement inoffensifs pour personnes en bonne santé. De tels germes sont très répandus dans notre environnement et un organisme sain peut s'en accommoder une vie durant. C'est seulement lorsque notre système de défense se dérègle que les germes peuvent provoquer des infections aux poumons, au cerveau, au foie, au tube digestif, aux intestins et aux autres organes. On parle d'infections opportunistes parce que les germes profitent de la faiblesse du système immunitaire. Les maux liés à de telles infections ne se manifestent pas soudainement, ni de façon violente. Les premiers symptômes d'une infection grave peuvent s'étendre sur plusieurs jours ou semaines. Il peut s'agir d'une toux sèche en cas d'infection des poumons, ou de fièvre et de maux de tête en cas d'infection du cerveau.

Le traitement des infections opportunistes est pratiquement toujours efficace. Cependant, l'infection elle-même est pénible, sans compter les effets secondaires du traitement. Signalons encore qu'avec des mesures ciblés, on peut aujourd'hui prévenir certaines de ces maladies.

Généralement, les personnes malades du sida se rétablissent bien après la première infection grave. Elles peuvent continuer à vivre comme avant. Cependant, avec la progression de la maladie qui peut durer des années, le/la patient/e devient de plus en plus faible et doit fortement restreindre ses activités, professionnelles notamment.

 

La faiblesse du système immunitaire favorise l'apparition de certaines sortes de cancer. De nombreux hommes infectés développent un cancer de la peau appelé sarcome de Kaposi, caractérisé par des nodules d'un bleu violacé sur tout le corps. Le cancer des ganglions lymphatiques apparaît aussi souvent en relation avec le sida. Les virus peuvent encore s'attaquer aux cellules nerveuses, affectant le cerveau et ses fonctions. Il peut s'ensuivre des pertes croissantes de mémoire et un ralentissement des facultés intellectuelles.

 

Traitement - conseil - assistance

Nous ne disposons aujourd'hui d'aucun médicament efficace contre le sida. Mais la médecine progresse. Il existe déjà un groupe de médicaments qui freinent la multiplication des virus, les "inhibiteurs de virus" (p. ex. AZT, ddl ou ddC). Ces substances ne peuvent détruire les virus, mais peuvent ralentir la progression de la maladie.
Les médicaments disponibles contre le VIH ont de lourds effets secondaires, surtout avec les fortes doses administrées antérieurement. Mais l'AZT, par exemple, peut améliorer sensiblement la condition des personnes malades du sida et, chez les personnes infectées et présentant des signes de faiblesse immunitaire (zona, mycose buccale), retarder l'apparition du sida. Comme on l'a vu, les infections opportunistes peuvent être, la plupart du temps, traitées avec des mesures thérapeutiques appropriées.

Par une assistance-conseil et un encadrement attentifs, les personnes engagées - ami(e)s, médecin, collaborateurs et collaboratrices des organisations régionales d'aide contre le sida, et personnel soignant - peuvent aider les personnes vivant avec le sida à se sentir mieux et à mener une vie normale en dépit de leur maladie. Elles peuvent contribuer à ce que les malades du sida se sentent accepté(e)s et respecté(e)s. Le traitement, les conseils et l'assistances améliorent considérablement la qualité de vie des personnes porteuses du VIH.

 

Et ensuite

Il n'y a pas vraiment de stade final de la maladie du sida. Toujours est-il que de nombreux patients doivent fortement réduire leurs activités pendant les deniers mois de la maladie. Ils n'ont plus d'appétit et perdent du poids. Le corps s'affaiblit et le patient, la patiente, est de plus en plus fatigué(e). C'est à ce stade que les personnes malades du sida sont particulièrement tributaires du soutien et de la solidarité de leurs proches. Elles ont besoin d'être entourées et aimées.

 

Cela, les amis et les amies, la famille et les connaissances peuvent le donner. Rappelons qu'à ce stade également, comme pendant tout le déroulement de la maladie, le contact quotidien avec les personnes malades du sida - manger, boire, embrasser, soigner, rire, etc. - est absolument sans danger.
Si vous avez d'autres questions à propos du sida, adressez-vous à votre médecin, à un(e) conseiller(ère) spécialisé(e); ils pourront aussi vous informer sur des questions de détails. Vous trouverez aide et conseil auprès de:
-votre médecin
- des antennes régionales de l'ASS et des centres de conseil en matière de sida

L'Office fédéral de la santé publique, la FMH et l'Aide suisse contre le sida remercient les spécialistes qui les ont aidés à réaliser cette brochure.
Le plaisir sans risque
- du choix et du bon usage du préservatif
Oui ou non ? Un guide du test des anticorps anti-VIH
Prévention et dépistage des maladies sexuellement transmissibles
Le sida et ses symptômes

 

HOTLINE STOP SIDA 156 400 444 -.80/min.

Impressum FMH Fédération des médecins suisses

Edité par OFSP Office fédéral de la santé publique

ASS Aide Suisse contre le Sida

 

Texte: Pietri Vernazza Révision: Mathis Brauchbar
Adaptation française: Transit TXT Illustrations: Hannes Hubert
Réalisation: cR Bâle Impression: Birkhäuser+GBC AG
Distribution: Sida Info D'oc Suisse, Schauplatzgasse 26, 3001 Berne

 

Test anonyme

 

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