Publications mettant en cause les activités

de Ragnar Rylander

Liste partielle compilée par P. Diethelm, OxyGenève

 

 

 

14 septembre 1991 – « Die Shädlichkeit des Passivrauchens wird heruntergespielt » Prof. Dr. Med. Theodor Abelin, Tagesanzeiger

 

« Les fabricants de cigarettes vont même jusqu’à sponsoriser de grands symposiums internationaux dans lesquels il est attendu de la majorité des conférenciers invités qu’ils mettent en question la nocivité du tabagisme passif. Les scientifiques qui peuvent prouver et affirment une relation causale entre le tabagisme passif et le cancer ne sont soit pas invités, soit mis en minorité de manière organisée. De tels symposiums se sont déroulés ces dernières années entre autres à Genève, Berlin, Vienne, Tokyo, Londres et Bruxelles. »  Allusion on ne peut plus claire au symposium Rylander de 1983, puisque c’est le seul de ce type qui ait été organisé à Genève.

 

 

Septembre 1993 – « Un rapport sur le tabagisme passif  - Pas de fumée entre nous » L. Joossens, C. Naett et C. Howie - Rapport réalisé par le « European Bureau for Action on Smoking Prevention » à la demande de la Commission des Communautés européennes. 

 

Ce rapport contient aux pages 32-36 un chapitre intitulé « La stratégie de l’industrie : créer la ‘confusion scientifique’. Un des sous-titres de ce chapitre est « Contestation des découvertes scientifiques à l’aide de lettres et de séminaire ». Il y est dit : « La stratégie adoptée par l’industrie du tabac et ses consultants est d’analyser chaque étude et chaque méthode séparément et de mettre en exergue les points faibles. Cela a été fait, par exemple, avec des lettres à l’éditeur écrites aux revues scientifiques importantes par des consultants travaillant pour l’industrie ou par des symposiums sponsorisés par l’industrie (Genève 1983 […]) » Nouvelle référence non ambiguë au symposium Rylander de 1983.

 

 

1993 – « La réponse de l’industrie du tabac à une évaluation des risques liés à la fumée de tabac environnementale » par L. Bero et S.A. Glantz dans Tobacco Control

 

L’article dénonce l’intense campagne conduite par l’industrie du tabac pour faire échec à l’évaluation entreprise par l’Agence de Protection de l’environnement (EPA) des USA sur les méfaits de la fumée passive. Il passe en revue les instruments utilisés par l’industrie dans sa stratégie de désinformation. Les deux symposiums Rylander organisés sous l’égide de l’Université de Genève sont explicitement cités, ainsi qu’un article écrit par Rylander et des co-auteurs sur l’évaluation des agents à faible risque.

 

 

23 février 1994 – « Les symposiums sponsorisés sur la fumée environnementale » par L. Bero, A Galbraith, D. Rennie, dans Journal of the American Medial Association (JAMA)

 

L’observation centrale des auteurs, basée sur une étude systématique de 297 articles sur le tabagisme passif publiés à l’issue de symposiums, est que la publication et la dissémination de symposiums sur le tabagisme passif apparaît comme faisant partie d’une campagne stratégique de l’industrie du  tabac visant à tromper le public sur les risques liés au tabac. Trois des quatre symposiums cités comme ayant reçu des subsides de l’industrie du tabac ont été organisés par Ragnar Rylander. Les deux symposiums de l’Université de Genève sont mentionnés explicitement.

 

 

2 mai 1998 –« Us against them » article de Kurt Kleiner dans New Scientist

 

Cet article dénonce la manipulation du symposium Rylander de 1983 en citant le mémorandum des avocats confirmant que Rylander n’invitera pas Garfinkel, Hirayama, etc. c'est-à-dire les scientifiques les plus représentatifs de l’état de la connaissance du moment. Indique aussi que le symposium était orienté pour répondre à la publication future du rapport du Surgeon General. Rylander répondra par une lettre à l’éditeur publiée le 30 mai 1998, protestant contre ce qu’il qualifie de « suspicion concernant la manipulation d’une conférence scientifique ».

 

 

18 janvier 1999 –« Parlons des liens avec le tabac » article par H. Thomas et J. Gagliari dans le quotidien de Hong Kong South China Morning Post

 

« Le Professeur Rylander était l’un des consultants les plus hautement payés de l’industrie du tabac, recevant 150'000 dollars par année au début des années 1990. »

 

 

18 janvier 1999 – « Smoking guns » article par H. Thomas et J. Gagliari dans le quotidien de Hong Kong South China Morning Post

 

« [Linda Koo] a collaboré étroitement dans ses recherches avec le Professeur Ragnar Rylander de l’Université de Göteborg en Suède, que les documents ont révélé comme étant l’une des étoiles les plus brillantes de la galaxie des consultants de l’industrie, tirant 150'000 dollars par année en honoraires et subventions de recherche au début des années 1990, c'est-à-dire  l’une des plus hautement placées des « blouses blanches » de l’industrie. » (Note : « blouse blanche » [« whitecoat »] est le nom de code donné par l’industrie du tabac à une vaste opération consistant à recruter des consultants pouvant servir de témoins dans les procès et d’experts au service des thèses de l’industrie.)

 

 

8 avril 2000  - Les efforts de l’industrie du tabac pour renverser l’étude sur la fumée passive de l’Agence Internationale de Recherche sur le Cancer The Lancet

 

L’article indique que Philip Morris a commandité à Ragnar Rylander une étude sur les facteurs confondants dans le but de faire échec à l’étude de l’IARC et qualifie Ragnar

Rylander de consultant de l’industrie.

 

 

2 août 2000 – « Les stratégies des compagnies de tabac pour saboter les activités de contrôle de l’Organisation mondiale de la Santé » rapport produit sous la direction de T. Zeltner et publié par l’OMS

 

Ce rapport met nommément Ragnar Rylander en cause dans la stratégie de l’industrie du tabac pour faire échec à la grande étude de l’IARC sur la fumée passive. D’une part, Ragnar Rylander effectue un projet de recherche sur des facteurs confondants commanditée par Philip Morris dans le cadre d’un plan précis visant à contrer l’étude de l’IARC. (Ce projet donnera lieu à l’article publié en 1999 dans European Journal of Public Health). D’autre part, le rapport cite la participation de Rylander au développement du concept de GEP dont le but est de faire obstacle aux études traitant de risques faibles, et donc à l’étude sur la fumée passive de l’IARC.

 

 

Janvier 2001 – « Les efforts couronnés de succès de l’industrie du tabac pour contrôler le processus de la politique en Suisse » par C.-Y. Lee et S. Glantz, Université de Californie, San Francisco (rapport commandé par l’OMS)

 

Le rapport dénonce le symposium de 1983 comme faisant partie de la stratégie de l’industrie du tabac pour créer la controverse au sujet des dangers du tabagisme passif. Ragnar Rylander est décrit comme « l’un des consultant scientifiques les plus actifs en Europe de l’industrie du tabac. Le budget qui lui a été alloué par Philip Morris en 1992 était de 60'000 dollars par année comme subsides sans restriction pour ses travaux de recherche et 90'000 par année pour ses services de consultant. » Il dénonce aussi la participation de  Rylander dans l’effort entrepris par l’industrie du tabac pour dénigrer l’étude de l’Agence Internationale de Recherche sur le Cancer de l’OMS.

 

 

2001 – Lettre à l’éditeur du Prof. A. Hedley de Hong Kong European Journal of Public Health No. 2000/1

« Rylander et al. rendent compte des habitudes alimentaires des femmes non-fumeuses suédoises et suisses vivant avec des fumeurs. Au contraire d’autres investigateurs, ils n’ont en fait pas trouvé d’indications convaincantes d’une tendance cohérente de consommation réduite de fruits frais et de légumes, mais ils présentent quand même platement la conclusion que ‘le risque de maladie…pourrait théoriquement être influencé en adaptant un style de vie malsain.’ Ils répètent la notion généralement acceptée que l’alimentation peut être un facteur confondant dans les études relatives aux effets sur la santé de la fumée passive. Cependant on est obligé de remettre en question la valeur de cette étude et la justification de sa publication lorsqu’ils ignorent des études beaucoup plus complètes et beaucoup plus érudites sur ce sujet.  » 

 

Novembre 2001 – « L’élaboration de la « ‘Science sensée’ et des ‘Bonnes règles pratiques de l’épidémiologie’ : tabac, avocats, et sociétés de relations publiques » E.K. Ong et S.A. Glantz American Journal of Public Health

 

L’article montre comment l’industrie du tabac a essayé de modifier les standards scientifiques pour exclure toute possibilité de démontrer la nocivité de la fumée passive. L’implication de Ragnar Rylander est citée explicitement, en tant que participant à des conférences organisées par une agence payée par l’industrie du tabac : « les orateurs incluaient le consultant de l’industrie Ragnar Rylander (qui avait fourni des services de consultant à Philip Morris au sujet de l’utilité des GEP, qui avait déclaré qu’un risque relatif inférieur à 2 avait de graves problèmes méthodologiques, et qui s’était fait le partisan de la GEP à une conférence scientifique en 1996) […] »  

 

 

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