Communiqué à la Presse du jeudi 29 mars 2001




Genève, plate-forme d'une fraude scientifique sans précédent :
des documents nominatifs accablants sur les activités du
Professeur suédois et "genevois" Ragnar Rylander !

AVERTISSEMENT: Documents cités dans le Communiqué à la Presse consultables sur le
site de Philip Morris www.pmdocs.com. Vous pouvez sur les mots sélectionnés.

Suite au
- Rapport de l'OMS d'août 2000, démontrant l'infiltration des organisations onusiennes par les cigarettiers,
- Rapport spécifique sur la Suisse de janvier 2001,
- Scandale de l'affaire Peter Hess, Président du Conseil national,
nouvelles et " stupéfiantes " révélations quant à l'infiltration par les cigarettiers de la Genève scientifique.
Des documents nominatifs accablants!

Le thème de l'Organisation Mondiale de la Santé pour la Journée mondiale sans tabac du 31 mai prochain est " le tabagisme passif tue ". Des chercheurs de l'Université de Genève s'évertuent, depuis plus de 25 ans à prouver le contraire, en ignorant tous les travaux scientifiques et épidémiologiques qui ont documenté, au delà de tout doute raisonnable, le lien entre tabagisme passif et maladies, voire même en jetant le discrédit sur eux.

Pendant plus de 25 ans, ces travaux de recherche étaient payés par l'industrie du tabac. Le principal dirigeant de ces travaux, le Professeur Ragnar Rylander, professeur d'hygiène à la Faculté de Médecine de l'Université de Genève, puis Professeur à l'Université de Gothenburg, Suède, était secrètement employé par Philip Morris USA et payé par les Fabriques de Tabac Réunies (FTR, Neuchâtel). En consultant le site internet de l'Université de Genève, le nom de Ragnar Rylander apparaît dans la listes des collaborateurs permanents de l'Institut de Médecine Sociale et Préventive (IMSP), comme chargé de cours. Il est indiqué comme responsable de plusieurs thèmes de recherche de l'IMSP sur l'alimentation et le mode de vie comprenant 3 projets récents, dont un sur le tabagisme passif (fumée ambiante) et 2 projets en cours .

La conclusion d'un de ses projets sur les infections respiratoires chez les jeunes enfants et facteurs de l'environnement "la fumée de tabac dans l'environnement ne modifie pas les risques de maladie [chez les jeunes enfants]", laisse pantois. Comment ne pas remettre en cause l'objectivité de ces travaux lorsqu'on apprend que Ragnar Rylander était l'un des consultants les plus grassement payés de Philip Morris ? Son long parcours commence à Genève au début des années 70 …

En 1972, alors qu'il est au Bureau de Protection de l'Environnement suédois, Ragnar Rylander envoie une lettre à Philip Morris HQ (Richmond, Virginia). Il indique qu'il a l'intention de déménager à Genève et il propose alors ses services à Philip Morris comme Consultant, secrètement et en exclusivité. Sa proposition est reçue favorablement. Il est engagé comme représentant de Philip Morris USA auprès de l'INBIFO (Institute für Biologische Forschung), la branche R&D de Philip Morris à Cologne. Sa tâche est de superviser l'INBIFO ------ (Autre document). Philip Morris désire l'exclusivité de ses services mais il peut continuer à travailler pour des organisations non-commerciales telles que l'OMS (sic).

En juillet 1973, Rylander écrit à Philip Morris Richmond pour les informer qu'il sera établi d'une façon permanente à Genève dès le 1er août. Il communique un projet de symposium sur les effets de la fumée sur les non-fumeurs. Ce projet reçoit un accueil enthousiaste de Philip Morris USA qui propose d'attribuer une subvention de $ 30'000 à l'Université de Genève. Philip Morris voit immédiatement l'avantage qu'offre un symposium organisé par Rylander. Avant d'aller de l'avant, Philip Morris USA demande à Rylander de rencontrer à New York Mr David Hardy, avocat influent s'occupant de la défense de l'industrie du tabac dans des procès relatifs à la santé et au tabac. Rylander accepte de rencontrer Mr Hardy. Dans une lettre adressée au vice-président de Philip Morris, H. Wakeham, il indique que le symposium est important pour réfuter un récent rapport de spécialistes suédois qui a mis en évidence le risque pour la santé causé par le CO (monoxyde de carbone) émanant des cigarettes dans un espace clos.

Philip Morris accepte de financer le symposium. Rylander écrit le 25 septembre à Donald Hoel, avocat de l'étude Shook, Hardy & Bacon, à Kansas City. Il leur soumet la liste des participants au symposium pour commentaires sur les noms proposés et les invite à en ajouter d'autres noms. Le 1er octobre, un certain Dr Dublin écrit à Rylander. Il exprime sa préoccupation au sujet de la fumée ambiante, notamment sur les enfants. Rylander écrit immédiatement aux avocats de Philip Morris en leur passant la lettre du Dr Dublin. Il leur demande s'il doit l'inviter au Symposium. Il est pour sa part, en faveur d'une invitation, car, même si Dublin est " biaisé ", sa participation éviterait aux organisateurs d'être accusés de n'avoir choisi qu'une seule catégorie de personnes.

Confession on ne peut plus explicite ! Pour finir, le nom du Dr Dublin n'apparaîtra pas dans la liste des participants. Rylander dîne à Genève avec H. Wakeham, vice-président de Philip Morris. Ils discutent du transfert des fonds pour le sympopsium. Rylander confirme qu'il a contacté (l'avocat) Hoel au sujet de la liste des participants. Le symposium a lieu aux Bermudes du 27 au 29 mars 1974. Après le symposium, H. Wakeham se réfère au symposium et écrit qu'il s'attend à un document qu'ils pourraient utiliser pour calmer l'hystérie sur ce sujet. Sa préoccupation est le passage de lois restreignant les fumeurs. Le 1er avril 1974, Rylander envoie les premiers documents qu'il a écrit sur le symposium aux avocats de Philip Morris/Tobacco Institute et suggère une réunion avec eux pour discuter ces documents. Il rencontre Hoel en juin. Celui-ci suggère des modifications " très importantes ". Le 7 août, Rylander écrit ensuite à Wakeham en lui soumettant la partie relative aux critères concernant les effets de la fumée ambiante, en lui demandant d'être critique.

Le 16 août, Wakeham envoie à Hoel le premier jet du résumé du symposium destiné à être publié dans le magazine Science. Ce résumé a été écrit par un " ghost writer " de Philip Morris Research Center avec l'intention de le publier sous la signature de Rylander. Au cas où Science soumettrait le résumé à des " reviewers " (critiques d'experts), Wakeham propose que les noms de quatre personnes agissant comme experts soient méticuleusement choisis. Le 12 septembre, Raymond Fagan, Principal Scientist de Philip Morris, écrit à Rylander et suggère l'insertion d'un paragraphe qui exclut totalement la nocivité de la fumée ambiante. Rylander hésite et émet quelques objections, craignant que l'insertion de ce paragraphe ne provoque une réaction chez certains participants. Néanmoins on retrouve ce paragraphe inchangé dans le résumé complet. Le rapport final contient dans sa conclusion une phrase quasi identique à la première phrase du paragraphe suggéré par Philip Morris. C'est cette phrase qui est citée par Philip Morris lorsqu'elle communique avec la presse. Wakeham est satisfait. Le symposium, et ses retombées médiatiques et " scientifiques " favorables aux thèses de Philip Morris est un tel succès qu'il devient un modèle à suivre.

En 1981, Rylander suggère à Hoel d'organiser un deuxième symposium. Ils se rencontrent en juin et parlent de l'organiser à Genève. En janvier 1982, Hoel écrit à T. Osdene de Philip Morris Research Center au sujet de ce 2ème symposium. Il indique que Rylander a une préférence pour Genève. Rylander n'a pas d'idée précise sur qui inviter, et il est très ouvert aux suggestions de Philip Morris. Cependant il n'invitera pas " Garfinkel, Hirayama, etc. " (chercheurs ayant trouvé un lien entre le tabagisme passif et les problèmes de santé). Rylander rédige les invitations au symposium. Il indique que le déplacement et l'hébergement des participants est pris en charge par l'Université de Genève à travers une subvention du Tobacco Institute. Financièrement, cela ne se passe pas trop mal pour Rylander à en juger par ses honoraires de consultant. Rylander utilise le symposium de Genève pour avancer ses thèses immédiatement reprises par Philip Morris. Ainsi, être exposé(e) à la fumée passive pendant une journée, même intense, correspond à fumer 0,1 cigarettes… La formule est maintenant rodée. Les avocats de Philip Morris suggèrent de l'appliquer à Hong-Kong, en utilisant les services de Rylander, ce qui leur donnerait la possibilité d'" évaluer " les chercheurs de Hong-Kong.

En 1991, nous apprenons par une correspondance du bureau Shook, Hardy & Bacon que Rylander étudie des données impliquant de jeunes enfants s'inscrivant à l'école.

En janvier 1992, Rylander écrit à Richard Carchman, Group Director, Scientific Affairs à Richmond. Il entreprend un projet en Chine. Le financement des collaborateurs chinois dépend de ce qu'ils disent dans leurs rapports. Il s'agit de rassurer CIAR (Center for Indoor Air Research = l'industrie) que l'argent est dépensé judicieusement.

Nous apprenons ensuite que le budget de Philip Morris pour l'Université de Genève était de $ 75'000 depuis plusieurs années. Rylander demande une augmentation à $ 80'000.

En février 1997, Rylander reçoit un financement de $ 141'405 pour l'établissement d'une base de données de personnes pour l'étude des habitudes alimentaires dans les couples fumeur/fumeur et fumeur/non-fumeur. Philip Morris indique qu'ils désirent financer de la recherche de qualité et promouvoir des enquêtes indépendantes des questions traitées dans le projet. Les voyages en avion entre la Suède et Genève de Rylander sont payés par Philip Morris. Il justifie ces frais de déplacement par le fait qu'il participe à une commission gouvernementale sur la qualité de l'air dans les espaces clos pour fournir de l'information sur l'absence de documentation sur les effets de la fumée ambiante. Ted Sanders, des Fabriques de Tabac Réunies (FTR - Neuchâtel) écrit à Rylander le 16 juin 1997 et lui propose une réunion avec un scientifique spécialisé dans le Sick Building Syndrome (SBS) et des représentants de Philip Morris Europe.

Rylander écrit à Carchman (Philip Morris Research Center - Richmond), en indiquant qu'il ne désire pas avoir affaire avec des représentants du groupe de Neuchâtel, qu'il a toujours traité directement avec Richmond, et qu'il n'a jamais été avec des exécutifs de Philip Morris en présence de tiers, afin de préserver autant que possible son image de scientifique indépendant. Rylander reçoit des chèques, beaucoup de chèques…avec une mention originale " This is Tobacco Money ".

En 1998, Rylander est mis en cause par New Scientist, qui cite les termes de la lettre de l'avocat Donald Hoel à Thomas Osdene. Rylander envoie une réponse qui est publiée le 30 mai 1998, il parle spontanément de manipulation de conférence. il indique qu'il a organisé plus de 20 conférences. il dit qu'il a approché le Tobacco Institute pour financer son symposium parce que les fondations de recherche traditionnelles ne s'intéressent pas à sponsoriser ses activités.

Dans sa proposition de budget pour 1998, sous Université de Genève, Rylander donne la justification suivante : établir une compétence locale en épidémiologie et toxicologie, participer à des réunions et des séminaires, travailler dans des commissions gouvernementales sur l'environnement et la santé, établir des contacts avec l'OMS et le BIT.

Les 21-24 Septembre 1997, il est à Genève pour participer à une commission sur la santé et l'environnement. Mais auparavant, il s'est rendu à une convocation des avocats de Philip Morris à Munich, les 6-8 septembre.

Il envoie des factures à Philip Morris pour obtenir les fonds pour l'Institut de Médecine Sociale et Préventive, en demandant que l'argent soit versé sur un compte à New York (World Wide Consumer Bank). On relève de telles factures en 1998 et 1999.

Son programme de recherche pour 1999 indique qu'il maintient une compétence locale en épidémiologie de l'environnement et en toxicologie, qu'il travaille dans un comité gouvernemental sur l'environnement et la santé et a des contacts avec l'OMS, tout cela en tant que professeur associé à la faculté de Médecine.

Enfin, et sans commentaires, il faut encore relever une dernière publication en septembre-octobre 2000 signée Rylander R. , Mégevand Y.


En conséquence, nous demandons :

1) qu'une enquête soit immédiatement ordonnée au sein même des structures universitaires ayant accueilli le Professeur Rylander,

2) qu'un moratoire soit immédiatement ordonné sur toutes les études en cours reposant ou faisant référence de près ou de loin aux études de Monsieur Rylander,

3) que toute la transparence soit faite sur les soutiens accordés par les cigarettiers à l'Université de Genève et que soit établie et publiée une liste des personnes et des travaux qui reçoivent un tel soutien, à l'image du soutien reçu par Mme Dr Barbara Polla qui a toujours clairement annoncé de tels soutiens, avec d'ailleurs la collaboration, en 1993 du Professeur Francis Waldvogel

4) que le Rectorat de l'Université prenne toutes les mesures pour dénoncer les études du Professeur Rylander et de ses collaborateurs-trices auprès des revues scientifiques ainsi que la publication d'un communiqué ad hoc dans ces revues

5) que soient entreprises toutes démarches pour annuler les titres universitaires conférés au Professeur Rylander, à Genève

6) que demeurent réservées d'éventuelles actions civiles et pénales si l'Université devait s'apercevoir qu'elle a été très gravement lésée par les agissements de Monsieur Rylander.


Pascal Diethelm
Président OxyGenève

Dr Jean-Charles Rielle
Médecin responsable CIPRET-Genève


Ruben Israel, Vice-Pdt OxyGenève 022 809 18 55 / 076 370 25 83

Dr Jean-Charles Rielle Tel. 079 436 80 20 - Air Call 022 318 52 31
Fax 022 / 329 11 27 - jcrielle@iprolink.ch - www.prevention.ch
CIPRET-Genève / Rue Henri-Christiné 5 / Case postale 567 / CH-1211 Genève 4


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