Prévenir le
rhumatisme

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Le rôle de
l'alimentation

ima22901.gif (1631 octets) Ligue suisse contre le rhumatisme

L'alimentation peut bien sûr jouer un rôle dans la genèse et l'évolution de certaines maladies rhumatismales. Toutefois, les erreurs alimentaires ne provoquent jamais un rhumatisme à elles seules. En effet, les maladies rhumatismales sont dues à l'interaction de multiples facteurs agissant pendant plusieurs années, par exemple la sédentarité, l'excès de poids, les sollicitations néfastes, les facteurs héréditaires, les faiblesses immunitaires, etc.

Qu'est-ce que le rhumatisme ?

Le terme de rhumatisme englobe environ quatre-vingts affections douloureuses de l'appareil locomoteur dont le degré de gravité varie et dont on distingue trois groupes principaux : le rhumatisme inflammatoire qui comprend les inflammations des articulations (arthrites), plus particulièrement la polyarthrite rhumatoïde, et celles de la colonne vertébrale (spondylites) comme la maladie de Bechterew; le rhumatisme dégénératif qui désigne les manifestations d'usure des articulations (arthroses) et de la colonne vertébrale (p.ex. le lumbago, la hernie discale et la sciatique qui la caractérise); enfin, le rhumatisme des parties molles qui désigne les états irritatifs des insertions musculaires, tendons et tissu conjonctif inclus, qui peuvent provoquer entre autres une raideur de l'épaule ou un coude du joueur de tennis.

La prévention du rhumatisme

Il n'existe pas de "régime contre le rhumatisme" au sens propre du terme, bien que de nombreux ouvrages très populaires prétendent le contraire (théorie de l'hyperacidification). Il est certain toutefois qu'une alimentation saine renforce la résistance contre les maladies, y compris celles de l'appareil locomoteur.

Aujourd'hui, une alimentation saine doit être tout d'abord équilibrée et variée. Il convient de faire des repas réguliers, de rester sobre et de surveiller son poids. En effet, l'excès de poids constitue une surcharge pour les articulations et une cause fréquente d'arthrose du genou et de la hanche!

Les fruits frais, les salades, les légumes, les céréales complètes et leurs dérivés, le lait et les produits laitiers doivent donc figurer tous les jours au menu.

Le sel peut être facilement remplacé par des épices et des herbes aromatiques. Par contre, la plus grande prudence est de rigueur avec le sucre, les douceurs, les boissons alcoolisées et la viande. Quant aux protéines d'origine végétale, présentes par exemple dans les céréales, elles sont tout aussi bonnes que les protéines d'origine animale. On trouve également des protéines dans les pommes de terre, les légumineuses (haricots, petits pois, lentilles) et dans les racines. Il convient d'éviter les aliments trop raffinés qui contiennent très peu de fibres, de sels minéraux et d'oligo-éléments (farine blanche et dérivés, riz poli), ainsi que tous ceux qui contiennent des graisses cachées (saucisses et viandes grasses, fromages gras).

Pour la cuisson, il convient d'utiliser de préférence des huiles végétales haute valeur nutritive, telles l'huile de chardon, de tournesol, de germe de maïs ou de colza.

Alimentation et arthroses

Les arthroses, c'est-à-dire les manifestations d'usure du cartilage, et plus tard de l'os, sont très fréquentes au genou et à la hanche. Elles sont favorisées par l'excès de poids et la mauvaise circulation sanguine. En cas d'arthrose associée à un excès de poids, il convient donc d'abord de maigrir afin de soulager l'articulation.

Les muscles et les ligaments, qui entourent les articulations, doivent être également bien irrigués. Une trop grande ingestion de graisses (par exemple sous la forme de graisses cachées) augmente la production de cholestérol qui se dépose dans les artères, pouvant provoquer une véritable obstruction vasculaire. En revanche, une alimentation saine contenant beaucoup de céréales complètes, de fruits et de légumes permet de conserver l'élasticité et la capacité fonctionnelle du système vasculaire. Pour stimuler la circulation sanguine, il convient également de pratiquer régulièrement un sport ou des exercices de gymnastique adaptés à l'âge.

Régime de l'obésité et des troubles circulatoires

L'équilibre alimentaire permet non seulement de perdre du poids, mais aussi d'améliorer la mobilité. Peu calorique, l'alimentation doit contenir toutefois une quantité suffisante de protéines, de vitamines, de sels minéraux et d'oligo-éléments. Elle doit être également riche en fibres pour provoquer une sensation de satiété rapide et durable; en outre, les fibres permettent de régulariser le transit intestinal.

Il convient de choisir des aliments pauvres en sucre et en graisses, contenant une quantité modérée de protéines (la moitié sous forme de protéines d'origine végétale), et de privilégier les féculents.

Il faut donc adapter la nourriture à ses besoins et manger des aliments rassasiants qui apportent à l'organisme les substances indispensables de synthèse et d'équilibre en quantité suffisante, tout en étant pauvres en calories, par exemple:

Pour lutter contre l'excès de poids et les troubles circulatoires, il convient donc tout d'abord de limiter les graisses et les aliments sources de "calories vides", qui contiennent peu ou pas du tout de vitamines, de sels minéraux et d'oligo-éléments, tels le pain blanc, la pâtisserie, les tartes ainsi que les boissons alcooliques et sucrées.

Une petite portion de beurre cru ou de margarine (10 g par jour) et une à deux cuillères à soupe d'une huile de haute valeur nutritive constituent l'assaisonnement de choix d'une alimentation peu calorique.

Pour maigrir, il faut donc savoir se restreindre, surtout dans le choix des aliments. De nombreux aliments sont toutefois autorisés pour "calmer les petits creux", par exemple une pomme, une carotte crue, un verre de lait maigre, une portion de poulet froid (sans la peau) ou un oeuf cuit dur. Le fractionnement de l'alimentation quotidienne en plusieurs petits repas permet aussi de maigrir efficacement; il faut toutefois prendre garde à ne pas augmenter la quantité des aliments.

Il est essentiel également de boire en quantité suffisante, au moins un litre et demi par jour, en préférant les boissons sans sucre et peu caloriques (eau fraîche, eau minérale, thé noir, tisanes, café et jus de fruits).

L'activité physique pratiquée pendant les loisirs favorise également la perte de poids et stimule les fonctions corporelles.

Alimentation et ostéoporose

L'équilibre alimentaire joue un rôle non négligeable dans le métabolisme osseux, d'autant plus qu'avec l'âge, le squelette se déminéralise (après la ménopause chez les femmes). La masse osseuse devient poreuse et perd sa résistance (colonne vertébrale), ce qui se traduit par une augmentation des fractures qui guérissent mal (col du fémur, avant-bras).

Prévention de l'ostéoporose: une alimentation riche en lait et en produits laitiers (yoghourts, cottage cheese, fromage blanc, fromages) garantit à l'organisme un apport suffisant de calcium. Si les fromages à pâte dure contiennent plus de calcium que le fromage blanc et autres fromages frais, à cause de leur faible teneur en eau, ils sont aussi beaucoup plus caloriques ! C'est le lait maigre qui possède la plus grande teneur en calcium pour 100 calories. Quant aux céréales et leurs dérivés (surtout les céréales complètes), ainsi que les légumineuses, elles contribuent à couvrir les besoins en calcium, sans pour autant remplacer les produits laitiers.

La vitamine D est essentielle pour permettre l'assimilation du calcium par l'organisme. Les sources de vitamine D sont l'huile de foie de morue, le foie de morue, le poisson, le jaune d'oeuf, le beurre, le lait complet, les fromages gras, les champignons et la levure. La provitamine D présente dans la peau se transforme en vitamine D active sous l'effet de la lumière solaire.
En vivant trop assis, on favorise l'apparition de l'ostéoporose. Pour pallier à l'immobilité, il convient donc de s'entraîner régulièrement, aussi peu soit-il.

Alimentation et rhumatisme des parties molles

L'alimentation ne joue pratiquement aucun rôle dans le rhumatisme abarticulaire, à l'exception de la panniculite et de la cellulite, qui sont généralement liées à un excès de poids. La cellulite (ou peau d'orange) est très fréquente chez les femmes obèses pendant la ménopause, qui se plaignent de douleurs du tissu adipeux et d'une certaine turgescence cutanée. Le médecin ne doit pas négliger le rôle des facteurs psychosomatiques dans l'apparition des douleurs. Dans tous les cas, il convient de perdre du poids et de favoriser la circulation sanguine (voir régime de l'obésité et des troubles circulatoires).

Alimentation et rhumatisme inflammatoire

Les patients s'inquiètent souvent de l'importance de l'alimentation dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde Les connaissances dont nous disposons actuellement ne nous permettent malheureusement pas de leur répondre de façon satisfaisante. Ces patients doivent eux aussi s'alimenter de façon équilibrée, en privilégiant les aliments riches en protéines et en vitamines. Toutefois, des études récentes ont mis en évidence deux faits intéressants qui doivent encore être prouvés. Il semble que le jeûne pratiqué pendant quelques jours atténue les symptômes inflammatoires (effet positif du stress ?) et que les acides gras oméga-3, présents surtout dans le poisson, agissent favorablement sur le processus inflammatoire, contrairement aux acides gras des graisses végétales et animales. En effet, les patients qui absorbent de l'huile de poisson peuvent diminuer leur consommation de médicaments anti-inflammatoires. Les acides gras oméga-3 se présentent sous la forme de capsules qui peuvent être aisément remplacées par trois ou quatre repas hebdomadaires à base de poisson; c'est le poisson de mer qui convient le mieux: saumon, hareng, maquereau et anguille.

Conclusion

S'il n'existe pas de régime spécifique contre le rhumatisme, les personnes atteintes d'ostéoporose (les femmes après la ménopause) et celles qui souffrent d'accès goutteux (augmentation de l'acide urique dans le sang) doivent surveiller tout particulièrement leur alimentation, les premières en privilégiant les aliments riches en calcium, les secondes en limitant leur consommation de protéines et d'alcool. Quant aux personnes qui souffrent d'un rhumatisme inflammatoire, elles doivent manger beaucoup de poisson. En outre, il faut absolument éviter l'excès de poids, car il constitue une surcharge pour les articulations qui supportent le poids du corps. Enfin, les règles d'une alimentation saine et équilibrée sont les suivantes :

Hydrates de carbone : Privilégier les céréales complètes et leurs dérivés, éviter le sucre !

Graisses : Les huiles végétales pressées à froid et le beurre frais ont une plus grande valeur nutritive que les graisses dures.

Protéines : Les protéines d'origine végétale ont la même valeur nutritive que les protéines d'origine animale. Accorder la préférence aux produits laitiers, au soja, au poisson, à la volaille et à la viande maigre.

Vitamines, Oligo-éléments, fibres : Consommer beaucoup de crudités, de salades, de germes, de légumes et de pommes de terre, ainsi que des fruits frais et secs (au moins 30% de l'alimentation totale).

Hypersensibilité: il semble que certains aliments provoquent des douleurs articulaires, sans que l'on puisse vraiment expliquer pourquoi. Les produits laitiers et les exhausteurs de la saveur sont parfois cités. En cas d'intolérance alimentaire, il faut donc éviter de consommer les produits suspectés.

Dr M. Stransky, Zurich

Dr H. Fahrer, Berne

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