5)  PLUS DE 3 MILLIARDS DE FRANCS - 15 MILLIARDS DE CIGARETTES

En Suisse, quelque 35 milliards de cigarettes ont été fabriquées en l'an 2000, dont 20 milliards ont été exportés et 14,5 milliards - soit 725 millions de paquets - vendus dans notre pays, y compris une part aux touristes étrangers et aux frontaliers. Selon des statistiques pour 1998, 200 millions de cigares et 4000 tonnes de tabac à pipe sont par ailleurs vendus en Suisse chaque année.

Les cigarettes sont en vente libre. Elles peuvent être achetées en nombre voulu, en tout lieu et à toute heure, malgré leur effet nocif pour la santé. En Suisse, le secteur du tabac peut s'appuyer sur un vaste réseau de distribution: quelque 30000 points de vente (dont plus de la moitié sous forme de distributeurs automatiques).

En l'an 2000, 3,3 milliards de francs ont été dépensés en Suisse pour l'achat de tabac. Le fumeur qui consomme un paquet par jour dépense ainsi chaque année plus de 1700 francs pour 7300 cigarettes (tarifs 2000).

Depuis 1999, l'Etat prélève environ 60% du prix de vente des cigarettes de diverses façons: impôts (51,7%), taxe sur la valeur ajoutée (7%) et taxe sur la production locale (0,6%). La Confédération encaisse près de 1,7 milliard de francs en impôts et la TVA imposée sur les produits du tabac lui rapporte plus de 200 millions de francs supplémentaires.

Tandis que la TVA va directement alimenter les caisses fédérales, les recettes des impôts et des droits de douane sur le tabac profitent à l'AVS/AI: environ un tiers des revenus annuels versés par la Confédération à ces deux organismes sociaux provient des taxes sur le tabac. Cette somme ne représente toutefois que 6% des dépenses globales de ces institutions.

Si les rentrées fiscales provenant du tabac se chiffrent à 1,9 milliard de francs, les coûts engendrés par le tabac représentent une somme nettement plus importante. Selon un récent calcul, les coûts sociaux liés directement et indirectement au tabagisme s'élèvent chaque année à environ 5 milliards de francs. Les coûts directs des traitements médicaux sont estimés à 1,2 milliard de francs et les coûts indirects (perte de production) entraînés par les décès, les cas d'invalidité ou les pertes de main-d'oeuvre à 3,8 milliards de francs. S'ajoutent à cela les coûts occasionnés par les maladies ou la mort prématurée.

L'étude* menée pour le compte de l'Office fédéral de la santé publique indique notamment que le fumeur n'assume que 40% des coûts liés directement au tabagisme. Le reste est financé par les non-fumeurs et les entreprises (p. ex. en cas d'absence pour cause de maladie).

* Sarino Vitale, France Priez, Claude Jeanrenaud (1998): Le coût social de la consommation de tabac en Suisse. Université de Neuchâtel.