Depuis des siècles, blennorragie, syphilis, herpès et autres maladies sexuellement transmissibles pèsent comme autant de menaces sur la vie sexuelle des hommes. Elles se propagent grâce à des agents minuscules, invincibles à l'oeil nu (bactéries, virus, champignons). Certains de ces agents sont inoffensifs; d'autres ne déclenchent que rarement des maladies; voire des années dans notre organisme avant que les premiers symptômes d'une maladie se manifestent.

 

Plus le dépistage est précoce, plus le traitement est aisé

La médecine peut aujourd'hui vaincre beaucoup de maladies sexuellement transmissibles, à condition que le traitement intervienne suffisamment tôt. Malheureusement, beaucoup de gens se gênent encore de consulter un médecin quand leur organes sexuels sont touchés. Ils laissent la maladies se développer; le mal devient plus difficile à soigner, et les risques de contagion augmentent.
Cette brochure vous explique à quoi reconnaître les maladies vénériennes les plus communes, comment se protéger et comment se soigner.

Un chemin à travers les muqueuses

Chaque maladie infectieuse est transmise par des bactéries, des virus, des champignons ou des d'autres micro-organismes. Chacun de ces germes pathogènes déclenche une maladie bien déterminée et utilise sa propre voie de contamination. Les germes transmis lors de l'acte sexuel provoquent des maladies dites sexuellement transmissibles, ou maladies vénériennes. En font également partie des maux - les morpions par ex. - qui se transmettent déjà lors de contacts corporels étroits entre deux personnes.
Lors de l'acte sexuel, le contact étroit entre muqueuse favorise la transmission des maladies des organes sexuels. Nombreuses sont celles qui se propagent par voie orale, à travers la muqueuse de la bouche (herpès, blennorragie), ou, durant les rapports anaux, par les muqueuses du rectum. Certains virus, ceux de l'herpès, du VIH ou de l'hépatite B, par exemple, ne sont pas toujours transmis sexuellement.

 

Le plaisir sans risques

Beaucoup de maladies vénériennes sont bénignes, mais certaines autres peuvent avoir des conséquences graves, durables, et parfois fatales. Les médicaments ne suffisent pas toujours à les combattre efficacement. D'où la nécessité de protéger son ou sa partenaire. Dans la plupart des cas, il est possible de réduire les risques d'infection par voie sexuelle de façon simple et efficace :
Employez toujours un préservatif lors des rapports sexuels. C'est le moyen le plus efficace pour se protéger des maladies sexuellement transmissibles telles que la blennorragie, la syphilis ou le sida. Début d'un grand amour ou passion éphémère, la devise demeure : toujours " avec " . Seules les personnes vivant une relation de couple basée depuis de nombreuses années sur la fidélité réciproque peuvent y renoncer.
Pensez-y : le préservatif est le seul et unique moyen de prévention efficace contre les maladies sexuellement transmissibles.

La brochure " le plaisir sans risques " vous donnera des conseils et des informations plus détaillées sur les préservatifs et sur leur utilisation correcte.

 

Les premiers symptômes

Tout malaise, tout changement affectant les organes sexuels peut être symptomatique d'une maladie sexuellement transmissible. S'ils surviennent quelques jours ou quelques semaines après un rapport sexuel, ces symptômes doivent être pris très au sérieux.
Le même agent infectieux provoque des troubles forts différents selon qu'il touche les femmes ou les hommes. Chez les femmes, les foyers d'infection, parfois cachés, sont plus difficiles à dépister.
Il existe des maladies qui ne frappent pas les organes sexuels tout en étant sexuellement transmissibles. C'est le cas de la jaunisse et du sida.

 

Que faire ?

Aujourd'hui, beaucoup de maladies sexuellement transmissibles peuvent être traitées avec succès. Plus le traitement intervient tôt, plus il est efficace. Une intervention rapide permet aussi d'empêcher la propagation des germes. Il est particulièrement important de traiter rapidement les cas de syphilis et de blennorragie.
Si vous soupçonnez une telle maladie chez vous, consultez tout de suite un médecin. Il/elle vous dira si vos craintes sont fondées. Il lui suffit généralement de procéder à un examen et à une prise de sang pour identifier la maladie.
Si vous souffrez d'une maladie sexuellement transmissible, il faut absolument informer votre partenaire et le ou la protéger en utilisant des préservatifs. Le plus souvent, les deux partenaires devront suivre un traitement.

 

Les symptômes les plus fréquents et leur signification
Pus, prurit ou inflammation de l'urètre
Si l'urètre brûle ou démange quand vous urinez, ou si du pus s'écoule de l'urètre, vous avez peut-être contacté une maladie vénérienne. Il peut s'agir de :
- la blennorragie (gonorrhée)
- l'inflammation de l'urètre (urétrites à inclusion, infections par chlamydia).
Il peut également s'agir d'une simple inflammation de la vessie, qui disparaîtra au bout de quelques jours. Il arrive qu'une blennorragie ou une urétrite se résorbent aussi d'elles-mêmes. Mais attention : une blennorragie qui paraît se résorber d'elle-même occasionne parfois une épididymite chronique chez l'homme, ou une inflammation des organes sexuels chez la femme, pouvant provoquer la stérilité. Il ne faut donc jamais négliger ces symptômes, et consulter un médecin. Les symptômes n'étant pas directement visibles chez la femme, celle-ci met plus de temps à s'en apercevoir.

Abcès et blessures ouvertes aux organes sexuels (ulcération génitale)
Ces abcès sont ronds ou ovales, et mesurent de quelques millimètres à quelques centimètres de diamètre. A ces endroits, la muqueuse est blessée et laisse apparaître les tissus sous-jacents, le plus souvent enflammés. Des abcès peuvent également se former dans la bouche ou ˆ la sortie du rectum. La surface des abcès est parfois sèche, parfois suintante ou couverte de pus. Les abcès peuvent très douloureux, ou indolores (syphilis).
Les abcès sont des symptômes des maladies sexuellement transmissibles suivantes :
- la syphilis (affection luétique, chancre dur)
- l'herpès;
- le chancre mou (ulcus molle);
- la lymphogranuloma venereum.

Contrairement à la syphilis et à l'herpès, on ne rencontre guère en Suisse de cas de chancre mou et de lymphogranuloma venereum. Ces maladies sont contractées par contact sexuel avec des partenaires venant des zones tropicales ou subtropicales (Afrique, Asie). Les abcès disparaissent après quelques jours ou quelques semaines. On constate le plus souvent une inflammation des glandes près de l'aine (adénite). Il est indispensable de suivre un traitement médical.

Prurit sur le pubis

Les contacts corporels étroits et les rapports sexuels favorisent la transmission de parasites qui se nichent et se multiplient dans la peau et sur les poils du pubis.
Ce sont avant tout :
- les morpions (Pediculosis pubis)
- les acariens (gales).
Ces parasites ne s'attaquent qu'à la peau. Les acariens se développent sur tout le corps, en épargnant toutefois le visage. Les morpions épargnent les cheveux, mais peuvent s'attaquer aux poils des aisselles et aux cils.

Infections sexuellement transmissibles n'affectant pas les organes génitaux
Certains virus sexuellement transmissibles n'affectent pas les organes sexuels :
- les infections au VIH (sida);
- l'hépatite B (jaunisse infectieuse de type B)
- l'hépatite C (jaunisse infectieuse de type C).

 

Tout ce qu'il faut savoir sur les principales maladies sexuellement transmissibles

 

Herpès

 

Peu de jours après la transmission du virus de l'herpès, des vésicules se transforment sur le pénis ou dans le vagin (elles peuvent également se former dans la bouche ou à la sortie du rectum).
Elles ne tardent pas à éclater, provoquant de petits abcès très douloureux. Les personnes infectées doivent compter avec des abcès chroniques; le virus de l'herpès demeure transmissible une vie durant. Le risque de contagion est plus grand pendant la formation et le développement des vésicules ou des abcès. Les femmes peuvent transmettre le virus à l'enfant lors de l'accouchement.
A l'heure actuelle, la médecine est impuissante contre l'herpès. Certains médicaments permettent toutefois de le tenir en échec.

 

Blennorragie (gonorrhée)

 

Les hommes ressentent les premiers symptômes peu d'heures ou de jours après l'infection : brûlures et prurit lorsqu'ils urinent, suivis d'un écoulement de pus de l'urètre. S'ils négligent de se soigner, leur urine peut contenir du sang après quelques semaines. Il est difficile de déceler une inflammation de l'urètre chez la femme. Conséquence : l'inflammation s'étend aux organes sexuels (par ex. aux trompes utérines) et peut provoquer la stérilité.
Les bactéries sont également transmissibles lors de pratiques sexuelles orales (contact bouche - pénis ou bouche - vagin). Il est rare qu'elles provoquent des inflammations de la bouche. Les enfants peuvent être infectés par la mère lors de l'accouchement.
Les antibiotiques permettent de soigner efficacement la blennorragie. Mais il est capital de commencer le traitement assez tôt, c'est-à-dire avant que la maladie n'engendre des dégâts durables.

 

Syphilis (affection luétique, chancre mou) 

 

Les premiers symptômes de la syphilis sont des abcès qui se forment à l'endroit de l'infection, sur le pénis ou dans le vagin. Passagers, ces symptômes ne sont souvent pas remarqués. Quelques semaines plus tard, des éruptions cutanées surviennent sur tout le corps.
Des années après l'infection, la maladie peut engendrer la paralysie ou la folie. Les femmes enceintes peuvent transmettre le germe de la syphilis à leurs enfants qui risquent de graves malformations à la naissance.
Les antibiotiques permettent de soigner efficacement la syphilis. Mais il est capital de commencer le traitement assez tôt. Une syphilis mal soignée peut, même après disparition des symptômes, infecter d'autres personnes.

 

Verrues génitales (verrues séborrhéiques, verrues planes)

 

Ces excroissances de la peau, bénignes mais contagieuses, sont causées par des virus.
Lorsqu'elles affectent l'urètre, les verrues peuvent provoquer un écoulement de sang dans l'urine. Inoffensives, elles n'en sont pas moins fort désagréables. Comme c'est le cas pour de nombreuses maladies sexuelles chez la femme, les verrues sont difficilement décelables dans le vagin.

Il est possible de détruire les verrues, par ex. au moyen de rayons laser. Parfois, une application médicamenteuse locale suffit.

 

Jaunisse (hépatite B et C)

Ces deux formes de jaunisses sont particulièrement dangereuses, parce qu'elles peuvent, plusieurs années après l'infection, gravement endommager le foie. Il devient difficile de les soigner, lorsqu'elles ont beaucoup évolué. Comme le VIH, les deux virus de la jaunisse se transmettent presqu' exclusivement par les rapports sexuels ou le sang. Mais le virus de la jaunisse se propage bien plus facilement que le virus du sida.

Un vaccin permet de se protéger un certain temps contre une infection à l'hépatite B. Une partie des personnes qui ont guéri de la jaunisse demeure contagieuse. Votre médecin traitant vous donnera toutes les informations utiles.

 

Infection VIH (sida)

Plusieurs années après l'infection, le VIH provoque le sida, ou syndrome d' immunodéfience acquise. Ses conséquences sont le plus souvent mortelles. Le virus se transmet par le sang ou lors de rapports sexuels sans protection. La médecine est impuissante à l'heure actuelle. C'est pourquoi il faut toujours employer des préservatifs lors de rapports sexuels ! Ils offrent la seule protection efficace contre une infection au VIH.

 

(Pour de plus amples informations sur le VIH et le sida, consultez la brochure "SIDA : symptômes et déroulement de la maladie".)

Nous recommandons les marques de préservatifs avec ce label de qualité.

 

Consultez votre médecin traitant si vous avez des questions en rapport avec les maladies sexuellement transmissibles. Il vous informera en détail.

Si vous soupçonnez une maladie vénérienne, vous pouvez vous adresser à votre médecin traitant ou aux cliniques suivantes :

 

Kantonsspital Basel
Dermatologische Poliklinik
Petersgraben 4
4051 Bâle
061/265 40 80

Hôpital Cantonal Universitaire
Dermatologie-vénérologie
r. du Bugnon 46
1011 Lausanne
021/314 40 81

Hôpital de l'Ile Berne
Dermatologische Poliklinik
3010 Berne
031/632 22 18

Universitätsspital Zürich
Dermatologische Klinik
Gloriastr. 31
8006 Zurich
01/255 31 55

Hôpital Cantonal Universitaire
Dermatologie-vénérologie
r. Micheli-du-Crest 24
1205 Genève

Städtische Poliklinik für Hautund und Geschlechtskrankenheiten
Herman-Greulich-Str. 70
8004 Zurich
01/241 89 00

 

L'Office fédéral de la santé publique, la FMH et l'Aide suisse contre le sida remercient les spécialistes qui les ont aidés à réaliser cette brochure.
Autres brochures dans la même série :
Le plaisir sans risques. Du choix et du bon usage des préservatifs.
Oui ou non ? Un guide du test des anticorps VIH.
Couples, parents, enfants & sida.
Le sida et ses symptômes.

 

HOTLINE STOP SIDA 156 400 444 -.80/min.

Impressum FMH Fédération des médecins suisses

Edité par OFSP Office fédéral de la santé publique

ASS Aide Suisse contre le Sida

 

Texte: Pietro Vernazza. Révision: Mathis Brauchbar

Adaptation française: Transit TXT. Illustrations: Hannes Huber

Réalisation: cR Bâle. Impression: Birkhaüser+GBC AG

Distribution: Sida Info Doc Suisse, Schauplatzgasse 26, 3001 Berne



........................................