11 LE CANCER DU POUMON – UNE MALADIE DU 20E SIECLE

Avec le temps, un cancer du poumon ou des bronches peut se développer sur les tissus irrités en permanence, surtout par les goudrons de la fumée du tabac. 
Au début du siècle, quelque 30 personnes mouraient chaque année en Suisse d’un cancer du poumon. Avec la diffusion toujours plus grande de la cigarette, le nombre de ces cancers a augmenté en flèche, mais avec un certain décalage dans le temps. Ainsi, en 1950, on comptait 661 cas mortels, en 1965 déjà 1302 et en 1980, 2372. Depuis lors, le nombre de personnes qui meurent de ce cancer est passé à près de 2800 chaque année ; un tiers d’entre elles n’ont pas encore 65 ans. Chaque année, le cancer du poumon tue quatre fois plus que le trafic routier et il provoque entre 45 et 64 ans la mort d’un homme sur huit.

Le graphique ci-dessous montre le lien entre la consommation de cigarettes et le nombre de décès par cancer du poumon en Suisse. Dans la majorité des cas, il s’écoule un certain temps avant que le poumon ne réagisse au tabac par la formation d’un cancer. Dès lors, le nombre de cancers du poumon enregistré aujourd’hui correspond aux habitudes tabagiques d’il y a 20 à 30 ans. Comme la consommation de cigarettes n’a cessé d’augmenter jusqu’au début des années septante – pour se stabiliser ensuite, on constate toujours une augmentation des cancers du poumon. Chez les hommes, on observe toutefois une légère inversion de cette tendance que l’on peut expliquer à la fois par la diminution du nombre de fumeurs et l’apparition sur le marché des cigarettes moins riches en goudron. Chez les femmes par contre, il faut s’attendre à une augmentation des cancers du poumon car le nombre de fumeuses a encore augmenté au cours des années septante. 

Comparaison entre la consommation de cigarettes et la mortalité due au cancer du poumon en Suisse (1951-1995)

Source : Données sur l’alcool et les drogues en Suisse (ISPA, Lausanne 1988) complété par statistiques des causes de décès (OFS) et indications de l’Administration fédérale des douanes.

Consommation annuelle par habitant

Décès annuels par le cancer du poumon

pour100 000 habitants

En raison de sa croissance maligne et de son dépistage précoce difficile, les chances de guérison d’un cancer du poumon sont encore faibles. Ainsi, sur 100 patients atteints d’un cancer du poumon, 30 seulement vivent encore 1 an après le premier diagnostic et moins de 10 sont toujours en vie 5 années plus tard. 
La maladie est généralement décelée tard. Voilà pourquoi les chances de guérison sont si faibles. Les premiers symptômes du cancer du poumon (toux, bronchite, douleurs thoraciques, gêne respiratoire, parfois expectorations mêlées de sang) font partie de ce que l’on considère habituellement comme le cortège obligé du tabagisme. D’où la difficulté de déceler la maladie à son début. En outre, pour être visible à la radiographie, le cancer du poumon doit au moins avoir un diamètre d’un centimètre. Et à ce moment-là, il n’en est déjà plus au stade précoce mais il a déjà atteint, sans se faire remarquer pendant de nombreuses années, les trois quarts de sa taille.

Généralement, le cancer du poumon ne peut être soigné qu’en enlevant la partie malade du poumon, à condition toutefois que le cancer ne soit pas trop avancé. A l’heure actuelle, la radiothérapie et les médicaments prennent de plus en plus d’importance thérapeutique.

Tissu pulmonaire noirci par les goudrons chez le fumeur de longue date.

Le poumon d’une personne adulte mesure 10-14 cm de largeur et 22-30 cm de hauteur.

Question n°9

A partir de combien de cigarettes les risques de contracter un cancer du poumon sont-ils plus élevés ?

La cigarette est toujours dangereuse, même en petites quantités. Celui qui ne fume qu’une cigarette par jour voit ses risques d’avoir un cancer du poumon accrus. Les risques de la personne qui fume son paquet de cigarettes par jour sont 10 fois plus élevés que pour le non-fumeur. Et ceux des très gros fumeurs peuvent être multipliés par 20, voire 30, selon la teneur en goudron de la marque. En résumé, plus il y a de goudron dans les poumons, plus l’éventualité de contracter une maladie est grande.

Question n°10

La pipe et le cigare ne sont-ils pas moins nocifs ?

Le " véritable " fumeur de pipe ou de cigares absorbe la nicotine de la fumée (alcaline) de la pipe et du cigare par les muqueuses de la bouche et n’inhale pas la fumée ou très peu. Dès lors, ses risques de contracter un cancer du poumon sont moins élevés que pour le fumeur de cigarettes. Toutefois, les gros fumeurs de pipe et de cigares sont plus sensibles aux cancers de la bouche, du pharynx et du larynx. Le passage de la cigarette à la pipe ou au cigare peut être dangereux. En effet, le fumeur continue, par habitude et par inadvertance, à inhaler la fumée qui est encore plus forte que celle de la cigarette.

Question n°11

Pourquoi tous les fumeurs ne sont-ils pas atteints du cancer du poumon ?

Le cancer est présent à son premier stade chez presque toutes les personnes qui fument depuis longtemps. Mais celles-ci meurent aussi d’autres maladies, imputables en partie au tabagisme, avant que le cancer ne soit déclaré. Il est probable également que des facteurs héréditaires associés à certaines habitudes tabagiques prédisposent certains fumeurs plus que d’autres.

Question n°12

Les non-fumeurs peuvent-ils aussi avoir le cancer du poumon ?

Oui, cela peut arriver. Peut-être même parce qu’ils ont dû séjourner trop longtemps et trop souvent dans des pièces enfumées (fumeurs passifs – cf. chapitre 14). Quoi qu’il en soit, 90% des malades atteints du cancer du poumon ont fumé pendant des années.

Question n°13

Y a-t-il d’autres causes du cancer du poumon ?

Le cancer du poumon peut être provoqué ou favorisé par la radioactivité (par exemple le radon, gaz rare, et ses dérivés), les vapeurs de goudron ou la manipulation de l’amiante et de certaines substances chimiques. La recherche s’applique sans cesse à déceler toutes les causes possibles du cancer du poumon.

Mais il est certain aujourd’hui que fumer est la première cause du cancer du poumon. Par ailleurs, toute personne qui encourt déjà un risque de cancer du poumon par l’exercice de sa profession l’augmente considérablement en fumant.