Prise de position de l'OFSP du 24.10.00 : désolante et remplie de contradictions !
Cette prise de position "molle" et pleine de contradictions signe au contraire tout ce que l'on pouvait redouter !
A Mme Ruth Dreifuss de mettre en place dans les plus brefs délais une commission d'enquête faisant toute la lumière sur son Office! Il est étonnant que l'on"intoxique" dans un premier temps 300 enseignants-es et que l'on recourt ensuite au debriefing ! Les spécialistes jugeront!

En préambule, explicitation de ma démarche en réponse à la légitime interrogation du Dr Jean-François Etter

-----Message d'origine-----
De : Jean Francois ETTER [mailto:Jean-Francois.Etter@imsp.unige.ch]
Envoyé : mercredi, 25. octobre 2000 12:26
À : Jean-Charles Rielle
Objet : Re:
Fallait-il vraiment que ces informations que Zeltner t'a données personnellement soient communiquées à la presse
Est-ce que tu as d'abord demandé à Z. s'il était d'accord que tu les communiques à la presse? JF

-------------Réponse-----------

Salut Jean-François et merci pour ton E-mail et la possibilité d'expliciter ma démarche!
Thomas Zeltner ne m'a pas demandé la confidentialité. J'ai une fonction au Service de santé de la jeunesse qui m'a appris que j'avais des responsabilités quant j'avais connaissance de situation inadmissible (ici celle de chercher à déstabiliser un homme intégre, Thomas Zeltner). Thomas me connait et j'ai pensé que si il m'avait confié cela, c'est qu'il en attendait du soutien. Dans ce genre d'affaires, une des meilleures protection est la transparence qui ne devrait plus permettre à d'aucuns de faire ce type d'actions.
Quant à moi, j'ai démissionné hier du Conseil municipal de la Ville de Genève, ayant fait le choix de redevenir un militant de la base, et de retrouver ainsi ma pleine liberté d'action.
Cher Jean-François, il est difficile pour moi, dans des périodes aussi troubles sur le plan professionnel, d'être toujours adéquat. Il est vrai que je supporte très mal qu'en santé publique de tels intérêts économiques viennent museler ceux qui comme Thomas Zeltner ont fait le choix du courage de se battre. Il n'est pas acceptable pour moi de se taire. Il est vrai qu'il y a toujours le choix de multiples et différentes stratégies. J'ai actuellement fait le choix de la "transparence totale", pensant qu'elle seule se démarquerait de toutes ces situations scandaleusement "souterraines".
Suite à ta préoccupation légitime, je me permets d'envoyer une copie de la présente à mon ami Thomas Zeltner ainsi qu'aux autres destinataires des précédents mails. J'ose espérer que Thomas Zeltner me conserve sa confiance et son amitié. Je serai particulièrement soulagé de le rencontrer au plus vite pour faire le point avec lui et avec toutes celles et ceux qui réclament légitimement les moyens de pouvoir faire leur travail de santé publique.
Très cordiales salutations! Dr Jean-Charles Rielle


M. Thomas Zeltner, et cher ami, merci de répondre à mes questions,
suite à notre dernier entretien téléphonique !


1) Tu m'as affirmé que l'on avait tenté de te "coller" une affaire privée, il y a quelques temps, pour te déstabiliser ! Qu'en est-il?

2) Tu m'as précisé que tu n'étais pas seulement le patron du tabac, mais aussi des denrées alimentaires ! Cela, je le sais. Si tu me l'as précisé c'est que tu me passais un message clair que des pressions s'exerçaient sur différents autres dossiers, justifiant une mise en veille du dossier tabac!

3) Tu m'as affirmé que le rapport Suisse de l'OMS avait été "vidé de son contenu" après environ 8 aller et retour et que tu ne voulais le diffuser actuellement comme tel, cela faisant trop plaisir aux cigarettiers. Tu as ajouté que tu voulais demander des compléments afin de le rendre à nouveau plus proche du document original! Qu'en est-il? Peut-on voir celui original de l'OMS et celui vidé de son sens en ta possession? Rassure-toi, nous avons demandé à des experts indépendants de refaire le travail pour le rapport Suisse, rapport que nous soumettrons bientôt aux médias!

4) Tu m'as affirmé que tu déclencherais au plus vite une enquête interne dans ton Office. Penses-tu toujours pouvoir le faire?

5) Lorsque je t'ai fait les trois propositions pour la journée du 8 novembre, (Proposition faite à MM. Thomas Zeltner, Richard Müller et à Mme Verena El Fehri, proposition qu'ils ont dit pouvoir retenir):

- Pour des raisons éthiques et de sérénité (le climat délétère actuel n'étant pas compatible avec une les qualités requisses en matière de formation) la formation des enseignants-es inscrits à la journée du 8 novembre prochain à Lucerne est repoussée au printemps prochain 2001.
- Afin de ne pas faire passer Edgar Oehler pour un martyre, on organise avec une radio, une chaîne de télévision ou la presse écrite, le 8 novembre ou à une autre date, un débat contradictoire avec lui, mais exclusivement sous forme de débat sans présentation ex-cathédra ni ateliers.
- L'OFSP convoque, dans les plus brefs délais, une Conférence nationale de consensus réunissant les associations et organismes de prévention du tabagisme et de santé publique, avec à l'ordre du jour la relation avec les cigarettiers et la clarification des rôles entre nos différents organismes.

tu m'as affirmé qu'elles représentaient une des trois possibilités que vous aviez envisagées et que tu la soumettrais à ta Cheffe, Mme Ruth Dreifuss pour décision, le soir même lors de ta rencontre à Lisbonne où tu la rejoignais. Tu m'as affirmé que tu pouvais retenir cette proposition!

Voilà! J'affirme sur mon honneur que tu m'as dit tout cela! Si tu devais le démentir, j'aurai une preuve de plus des pressions que tu subis. J'en suis désolé. Je t'ai pour ma part affirmé que je ne transigerais jamais avec mon éthique professionnelle même pour toute l'amitié et le profond respect que je te porte ainsi que pour la totale confiance dans ton intégrité. La raison d'Etat semble aujourd'hui la plus forte, j'en suis très triste!

Dr Jean-Charles Rielle


Prise de position de l'OFSP concernant la participation du président de la Communauté suisse de l'industrie de la cigarette à la journée d'impulsion du 8 novembre 2000

Les divers messages électroniques récemment échangés au sujet de la journée d'impulsion "Smoking out" du 8 novembre 2000 contiennent des informations parfois inexactes ainsi que de graves reproches adressés au Département fédéral de l'intérieur et à l'Office fédéral de la santé publique (OFSP). Ceci m'incite à faire la mise au point suivante:
- L'OFSP n'a en aucune manière été mis sous pression par l'industrie en vue de permettre à cette dernière de participer à cette manifestation. Pour sa part, la Cheffe du Département fédéral de l'intérieur n'a pas été consultée pour l'organisation de cette journée ou l'élaboration du programme. Ce n'est que par la controverse portant sur la participation à cette manifestation du Président de la Communauté suisse de l'industrie de la cigarette qu'elle a appris l'existence de cette manifestation. L'idée même de la manifestation est apparue il y a une année environ, dans le cadre du programme "Ecoles et santé" qui est soutenu par l'OFSP et la Conférence intercantonale des Directeurs de l'éducation. Le corps enseignant avait alors proposé d'organiser une manifestation consacrée à la problématique de la fumée. L'OFSP a donc contacté des partenaires importants de la prévention du tabagisme pour un échange de vues concernant l'élaboration de cette manifestation.
- Lorsque la prévention du tabagisme est en jeu, on ne peut ignorer ni le rôle controversé joué par l'industrie du tabac, ni son double langage. C'est précisément pour cette raison que l'OFSP était et est toujours d'avis que 1) il faut tenir compte de ces éléments dans l'organisation d'une journée destinée au corps enseignant et 2) la présence d'un représentant de l'industrie du tabac est justifiée. L'OFSP souligne qu'aucune tentative d'influence externe ne s'est exercée sur lui concernant cette invitation.
- L'OFSP tient à préciser que l'invitation d'un représentant de l'industrie du tabac à la journée du 8 novembre ne doit en aucune manière être interprétée comme le signe d'une disposition à collaborer avec cette industrie. Par le passé, l'OFSP a déjà clairement signalé à plusieurs reprises que l'industrie du tabac ne peut être un partenaire pour la prévention du tabagisme. Des propositions de collaboration venant de l'industrie du tabac ont déjà été repoussées à de nombreuses reprises, et ce n'est pas une invitation pour une présentation faite par l'industrie du tabac dans le cadre de la manifestion dont il est question qui va changer quoi que ce soit à cette pratique. Par principe, l'OFSP est toujours prêt à écouter les différents acteurs impliqués et à leur donner la parole. L'industrie du tabac fait partie de ces acteurs. Comme par le passé, l'OFSP maintient son refus de collaborer avec l'industrie du tabac dans le domaine de la prévention du tabagisme.
- On a reproché à l'OFSP d'être naïf et ignorant à propos du rôle joué par l'industrie du tabac et de ses stratégies relatives à la question du tabagisme chez les jeunes. Ne serait-ce que par ma fonction de président d'un groupe d'experts chargé par l'OMS de faire le point sur les tentatives de l'industrie du tabac visant à influencer l'OMS, je suis parfaitement au courant des différentes stratégies et tentatives mises en oeuvre par les multinationales du tabac. J'ai également critiqué à plusieurs reprises, publiquement et sévèrement, le comportement de certaines entreprises du tabac à cet égard. En la matière, l'OFSP n'est certainement ni naïf, ni ignorant.
- L'OFSP prend connaissance du fait qu'une partie des spécialistes de la prévention du tabagisme n'ont pas compris ou ne partagent pas les tenants et aboutissants ainsi que les motifs qui sont à l'origine de la présence d'un représentant de l'industrie du tabac à cette journée. En remaniant le programme de la manifestation, nous nous efforçons de clarifier la situation et d'éviter d'autres malentendus. Ainsi, les présentations générales de la matinée seront accompagnées d'un débat et se termineront avant midi. L'après-midi sera consacré à des contributions plus spécifiques et aux ateliers. Les spécialistes de la prévention ainsi que le corps enseignant seront alors entre eux, c'est-à-dire sans le représentant de l'industrie ni les médias.
- L'OFSP est persuadé que les enseignants forment un public qui est sans autre en mesure de juger de façon critique les propos d'un représentant de l'industrie, ceci d'autant plus que ces propos ne manqueront pas d'être contredits. Par cette démarche, nous espérons renforcer auprès du corps enseignant la prise de conscience concernant la manière dont l'industrie du tabac tente d'influencer la prévention du tabagisme chez les jeunes d'une manière qui lui soit favorable. Etant donné qu'actuellement l'industrie du tabac tente, dans différents pays et de manière intensive, de coopérer avec les responsables chargés de l'éducation, nous considérons qu'il est d'autant plus important d'informer le corps enseignant suisse.
- Afin de pouvoir évaluer l'impact de cette journée, l'OFSP recueillera à l'issue de la manifestation l'opinion des participants au moyen d'un questionnaire. Il organisera par la suite un "debriefing" avec les partenaires afin de tirer les leçons concernant l'avenir de la collaboration.
- Ces prochains jours, l'OFSP enverra à toutes les personnes qui se sont annoncées pour participer à la journée d'impulsion du 8 novembre une confirmation de leur enregistrement ainsi que le programme révisé.

Th. Zeltner
Directeur de l'Office fédéral de la santé publique


Stellungnahme des BAG zum Auftritt des Präsidenten der Vereinigung der schweizerischen Zigarettenindustrie an der Impulstagung vom 8. November 2000

Die verschiedenen Mails, welche im Zusammenhang mit der Impulstagung "Smoking out" vom 8. November 2000 seit jüngster Zeit ausgetauscht wurden und zum Teil Fehlinformationen und gravierende Vorwürfe an die Adresse des Eidgenössischen Departements des Inneren und des Bundesamtes für Gesundheit (BAG) enthalten, veranlassen mich zu einer Klarstellung:
- Das BAG ist von der Tabakindustrie nicht unter Druck gesetzt worden um deren Teilnahme an der Veranstaltung durchzusetzen. Ebenso wenig war die Chefin des Eidgenössischen Departements des Inneren in irgendeiner Weise in der Organisation oder Programmgestaltung der Tagung einbezogen. Sie hat vielmehr erst durch die Kontroverse um den Auftritt des Präsidenten der Vereinigung der schweizerischen Zigarettenindustrie an dieser Tagung von der Veranstaltung Kenntnis erhalten. Die Idee zur Tagung entstand vor rund einem Jahr im Rahmen des vom BAG und von der Erziehungsdirektorenkonferenz getragenen Programmes "Schulen und Gesundheit". Von Seiten der Lehrerschaft wurde angeregt, eine Veranstaltung zum Thema Rauchen durchzuführen. Das BAG stellte zusammen mit wichtigen Partnern in der Tabakprävention in der Folge Überlegungen zur Gestaltung des Tages an. Gerade weil im Umfeld der Tabakprävention die kontroverse und verwirrliche Rolle der Tabakindustrie nicht ignoriert werden kann, war und ist das BAG der Auffassung, dass diesem Aspekt auch im Rahmen einer Veranstaltung, die sich an Lehrkräfte richtet, Rechnung getragen werden soll. Das BAG hält daher einen Auftritt eines Vertreters der Tabakindustrie für richtig, ein Auftritt der ohne jegliche externen Beeinflussungsversuche ausgesprochen wurde.
- Das BAG stellt klar, dass mit der Einladung der Tabakindustrie an die Veranstaltung vom 8. November in keiner Art und Weise eine Kooperationsbereitschaft mit dieser signalisiert wird. Das BAG hat bereits in der Vergangenheit wiederholt klargestellt, dass die Tabakindustrie keine denkbare Partnerin für Programme zur Tabakprävention ist. Es hat verschiedentlich entsprechende Kooperationsangebote der Tabakindustrie abgelehnt. An dieser Haltung ändert sich auch mit einer Einladung für einen Auftritt der Tabakindustrie an der besagten Veranstaltung nichts. Das BAG ist grundsätzlich immer bereit, die verschiedenen Akteure zu einem bestimmten Thema anzuhören und zu Wort kommen zu lassen. Dazu gehört auch die Tabakindustrie. Das BAG schliesst aber wie in der Vergangenheit so auch in der Zukunft eine Zusammenarbeit mit der Tabakindustrie im Bereich der Tabakprävention aus.
- Dem BAG wird Naivität und Unkenntnis bezüglich der Rolle und der Strategien der Tabakindustrie in bezug Jugend und Tabakkonsum vorgeworfen. Nicht zuletzt in meiner Funktion als Vorsitzender einer Expertenkommission der Weltgesundheitsorganisation (WHO), welche die Beeinflussungsversuche der Tabakindustrie auf die WHO untersucht hat, bin ich sehr wohl im Bilde über die Strategien und Beeinflussungsversuche der Tabakmultis. Das BAG ist diesbezüglich weder naiv noch unwissend. Ich habe das Verhalten verschiedener Tabakfirmen in diesem Zusammenhang auch öffentlich mehrfach scharf kritisiert.
- Das BAG nimmt zur Kenntnis, dass Teile der Präventionsfachleute die Hintergründe und Überlegungen für einen Auftritt der Tabakindustrie an der besagten Tagung nicht verstanden haben bzw. teilen. Es ist bestrebt, mit einer Anpassung des Programmes zur Klärung beizutragen und weiteren Missverständnissen vorzubeugen. So werden die grundsätzlichen Referate des Vormittags mit einer Podiumsdiskussion vor dem Mittag abgeschlossen. Am Nachmittag sind dann die Lehrerinnen und Lehrer sowie die Fachleute der Tabakprävention im Rahmen vertiefter Referate und der Workshops unter sich. Das Nachmittagsprogramm wird damit unter Ausschluss eines Vertreters der Tabakindustrie und der Medien stattfinden.
- Das BAG ist überzeugt, dass das Zielpublikum der Lehrerschaft durchaus in der Lage ist, den Auftritt der Tabakindustrie zu werten, umso mehr als diese Aussagen nicht unwidersprochen bleiben werden. Wir hoffen, dass mit diesem Vorgehen bei der Lehrerschaft das Bewusstsein gestärkt werden kann, in welcher Weise die Tabakindustrie die Tabakprävention bei Jugendlichen zu ihren Gunsten zu beeinflussen versucht. Wir halten dies umso wichtiger als die Tabakindustrie in verschiedenen Ländern neuerdings intensive Anstrengungen zur Kooperation mit den Erziehungsverantwortlichen unternimmt.
- Das BAG wird jedoch die Tagung sorgfältig auswerten und die Teilnehmenden detailliert zu den verschiedenen Aspekten der Veranstaltung befragen. Nach der Tagung wird das BAG mit den Partnern ein "Debriefing" durchführen, um die Lehren für die zukünftige Zusammenarbeit zu ziehen.
- Das BAG wird den für die Veranstaltung angemeldeten Personen in den nächsten Tagen eine Anmeldebestätigung und das bereinigte Programm für den 8. November zukommen lassen.

Th. Zeltner
Direktor des Bundesamtes für Gesundheit