Newsletter N° 35
Septembre 2005
  SOMMAIRE
 

INTERVIEW

Sophie Malka et Marco Gregori, auteurs du livre « Infiltration. Une taupe à la solde de Philip Morris », Editions Georg

TEMOIGNAGE

Sophie, 28 ans : « Je reste une ex-fumeuse et je suis fière de l'être ! »

ACTUALITES

Le Moulin Rouge®, établissement 100% sans tabac

Ces quelques neurones, support de la dépendance nicotinique

Le pouvoir d'achat des Français part en fumée et en loyer

La Formule 1 sommée de rompre avec les cigarettiers

  INTERVIEW
  Sophie Malka et Marco Gregori, auteurs du livre « Infiltration. Une taupe à la solde de Philip Morris », Editions Georg
   

Dans votre livre « Infiltration. Une taupe à la solde de Philip Morris », vous décrivez des faits surprenants sur les liens entre les scientifiques et l’industrie du tabac. Qu’avez-vous découvert ?

Question découverte, le mérite revient à deux des protagonistes principaux de notre ouvrage, Pascal Diethelm et Jean-Charles Rielle. Ce sont eux qui ont déniché les documents compromettants et publiquement dénoncé l’infiltration des milieux scientifiques par l’industrie du tabac, ce qui leur a valu un long procès en diffamation.
Concrètement, durant trente ans, la Faculté de Médecine de l’Université de Genève comptait, sans le savoir, parmi ses professeurs l’un des plus importants consultants de Philip Morris. Depuis 1970, Ragnar Rylander a mené des recherches, organisé des symposiums aux résultats courus d’avance, publié des articles dans de grandes revues scientifiques sur la santé et la fumée passive, avec le sceau des Universités de Genève et de Göteborg. Si ici et là le nom de son employeur secret apparaît comme bailleur de fonds d’une recherche, la nature et l’étendue des liens qui unissaient ce professeur à Philip Morris étaient tenus secrets.
Ragnar Rylander était en effet chargé par Philip Morris de superviser les recherches menées sur la fumée passive dans un laboratoire de recherche à Cologne, en Allemagne. Constamment en contact avec les hauts dirigeants de la Recherche et développement de Philip Morris aux Etats-Unis, avec les grandes études d’avocats américaines chargées de la défense des intérêts de l’industrie du tabac, il leur fait rapport du résultat des études, leur soumet ses projets de recherches, les articles qu’il s’apprête à publier, accepte leurs corrections, etc. Surtout, il n’apparaît nulle part sur la liste des employés de la multinationale. Philip Morris ne souhaite en effet pas que la justice américaine connaisse l’existence de ce laboratoire et des recherches qui y sont menées. Les documents restent sur sol européen. C’est le siège européen de Philip Morris, basé en Suisse, qui rétribue le professeur.
Notre livre essaye également de restituer la réalité d’une procédure juridique qui a duré près de trois ans: les doutes et les espoirs des protagonistes, la complexité du système judiciaire, et les moments clés du procès.
Et s’il faut évoquer la notion de découverte, nous en citerons deux: le jusqu’au-boutisme de Ragnar Rylander et lenteur, consciente, de l’Université de Genève à prendre la mesure de l’enjeu.

Quel était le but de Philip Morris dans cette opération ?

Grâce au laboratoire Inbifo basé à Cologne, acheté à l’époque où Ragnar Rylander a été engagé par la multinationale américaine, celle-ci cherche à connaître les effets de ses produit en matière de fumée passive. Cela lui permet d’anticiper et de mieux combattre les politiques de santé publique, partout dans le monde. En tant que consultant –on devrait dire pierre angulaire- d’Inbifo, Rylander a joué un rôle prépondérant dans cette opération. Les résultats de ses recherches allant à l’encontre de ses intérêts ne sont évidemment pas publiés. Ensuite, en se payant des scientifiques pseudo-indépendants, Philip Morris veut maintenir la controverse scientifique. Car tant qu’il n’y a pas de preuve scientifique de la nocivité de la fumée passive sur la santé, l’interdiction de la fumée dans les lieux publics ou de travail ne se justifie pas en terme de santé publique… surtout au regard du principe de liberté individuelle. L’industrie du tabac a chiffré en milliards de dollars les pertes conséquentes à de telles mesures.

Le cas décrit dans votre ouvrage est-il isolé ou doit-on craindre d’autres cas, sur d’autres continents et peut-être sous d’autres formes ?

On sait aujourd’hui que l’Organisation Mondiale de la Santé a été infiltrée par l’industrie du tabac, que celle-ci a profité de toute brèche dans des organismes scientifiques ou institutions universitaires, toujours par le biais d’individus, pour diffuser ses thèses. Avec les procès américains, la mise en place progressive de lieux publics sans fumée en Europe, elle a subi un sérieux revers. Le jugement genevois, premier relatif à la fumée passive, a créé un précédent.
Mais rien n’est gagné. La terre est grande, le marché asiatique prometteur et les habitudes difficiles à changer. Néanmoins, nous nous sommes aperçus que, un peu partout dans le monde, des professionnels et des militants anti-tabac luttent contre les mensonges des cigarettiers. Mais les échos de leurs combats ne parviennent que rarement auprès du grand public.

  TEMOIGNAGE
  Sophie, 28 ans : « Je reste une ex-fumeuse et je suis fière de l'être ! »
   

Ca faisait trois ans que l'idée trottait dans ma tête, que j'essayais d'arrêter. Puis, quand j'ai fêté mon anniversaire cette année, je me suis rendu compte que j'avais passé la moitié de ma vie pour l'instant à fumer. Dans un an, j'aurais passé plus d'années à vivre avec la clope que sans la clope.
Ce fut le déclic, je me suis patchée et en avant !
Pourtant je pensais ne jamais y arriver...
Au début, j'ai allié les patchs et les pastilles, les gélules de millepertuis contre la déprime et de passiflore/aubépine pour la nervosité, le sport, les mesures alimentaires. Bref, j'ai commencé une nouvelle vie, une vie sans tabac, une vie où j'allais prendre soin de moi ! Et à chaque étape, chaque tentation dépassée je prenais confiance en moi face à la dépendance.
Je crois que la recette d'un sevrage réussi c'est : beaucoup d'informations pour une prise de conscience suffisante, une prise en charge pharmaceutique ou médicale (j'ai envisagé ma dépendance comme une maladie, une maladie que je m'infligeais et contrairement à tous les autres malades j'avais le choix de ne plus être malade) et la perception du sevrage comme une expérience positive !
Il y a eu des moments difficiles, surtout au début. Mais quel plaisir de ne plus fumer. Le plaisir des matins en forme, de la peau en bonne santé, des dents saines, de l'énergie retrouvées, etc. Je pense encore à la cigarette quelque fois. Ce n'est pas douloureux. Je ne m'en inquiète pas. Je reste une ex-fumeuse et je suis fière de l'être !

  ACTUALITES
  Le Moulin Rouge®, établissement 100% sans tabac
   

Le Moulin Rouge® est depuis un an le premier et encore le seul cabaret parisien non fumeur. L’établissement, qui reçoit 1700 clients par jour, bénéficie du label « Ici, c’est 100 % sans tabac » de la mairie de Paris. Les motivations de la direction ont été de protéger son personnel de l’exposition au tabac, de protéger les clients eux-mêmes et enfin d’anticiper des mesures qu’il aurait fallu prendre tôt ou tard. Le pari semble réussi puisque la fréquentation n’a pas été affectée par cette mesure.

 

Lire sur Tabac Actualités N° 64

 
  Ces quelques neurones, support de la dépendance nicotinique
   
 

L’équipe du Pr Changeux (CNRS, Paris) vient de publier dans la revue Nature les résultats de ses travaux sur la localisation des récepteurs à la nicotine dans le cerveau. Les récepteurs sont des zones situées sur les neurones qui accueillent spécifiquement une molécule agissant comme une clé dans une serrure. Les chercheurs ont visé une zone précise du cerveau, l’aire tegmentaire centrale, qui est connu pour régir la dépendance aux drogues mais aussi pour les performances cognitives. Ils ont modifiés génétiquement une partie du récepteur chez la souris, ne lui permettant plus de fixer la molécule de nicotine. Ils ont observés que les souris génétiquement modifiées ne devenaient plus dépendantes à la nicotine, au contraire des souris normale, et présentaient aussi des difficultés d’apprentissage. La réparation, par un vecteur viral, du récepteur nicotinique redisposait la souris à la dépendance. Ces résultats permettent d’envisager la mise au point de médicament bloquant le mécanisme de la dépendance à la nicotine.

 

Lire sur Tabac Actualités N° 64

 
  Le pouvoir d'achat des Français part en fumée et en loyer
   
 

Selon une enquête de l’Institut National de la consommation (INC) paru dans 60 millions de consommateurs, l’augmentation du pouvoir d’achat des français (167 euros par mois en moyenne entre 2001 et 2005) est presque totalement compensée par la hausse de certains poste de dépense dans le budget des ménages (137 euros par mois en moyenne). Les hausses successives du prix du tabac (+54,8 % sur la même période) coûte en moyenne +19 euros par mois à chaque français. Les postes suivants sont le coût des loyers (+12 euros par mois) et le prix de l’essence (+10 euros par mois).

 

Lire sur Liberation.fr

 
  La Formule 1 sommée de rompre avec les cigarettiers
   
 

Le tribunal de Monza a interdit à l’équipe Ferrari toute publicité en faveur du tabac lors du Grand Prix de Formule 1 d’Italie de dimanche. Cette décision fait suite à une plainte d’une association italienne de consommateurs. Auparavant, les équipes de Formule 1 contournaient une plainte précédente de la même association en payant une amende. Dans ce sport, les partenariats avec les cigarettiers restent des sujets tabous. "Vu la nature des accords, les problèmes légaux et les montants, on a décidé de ne pas en parler", déclarait-on ainsi chez Renault F1, avant d’ajouter : "Chaque pays a ses spécificités. Les cigarettiers, et eux seuls, diront ce qu'il faut faire à Monza."

 

Lire sur LeMonde.fr

© 2005 Laboratoires Pierre Fabre santé - Tous droits réservés - Informations Légales - Désabonnement