Médicaments au volant :
attention !

 

Les médicaments ont deux visages

Les médicaments rendent bien service, mais ils créent aussi des dangers. L'absorption régulière de médicaments permet d'une part d'enrayer des maladies et, par là, d'abaisser les risques lors de la conduite d'un véhicule (en cas de diabète ou d'hypertension, par exemple). D'autre part, certaines médications peuvent avoir des conséquences graves en ce sens qu'elles perturbent l'aptitude à conduire.

Ce que l'on absorbe sans en connaître les effets...

Peu de conducteurs savent que les médicaments, tout comme l'alcool, bien que procurant une sensation de bien-être, diminuent les prestations physiques et psychiques de l'individu. Si les mouvements automatiques ne posent (en général) pas de problèmes, les réserves nécessaires pour maîtriser des situations critiques font souvent défaut. La somnolence est un autre effet peu connu, mais dont les conséquences sont graves au volant d'une voiture.

 

 

En forme au volant

La conduite d'une auto demande une aptitude à conduire intacte à tout moment, afin que le conducteur puisse satisfaire aux nombreuses exigences de la circulation routière actuelle. Cela signifie qu'il doit être en pleine possession de ses facultés de concentration et de réaction et être capable de prévoir les risques et de les éviter. Le sang froid et l'humour jouent en outre un rôle non négligeable dans la circulation routière.

 

Médicaments vendus sans ordonnance

Les effets des médicaments étant différents d'un individu à l'autre, la plus grande prudence est de mise lorsqu'on prend des médicaments qu'on s'est procuré sans ordonnance. Certains médicaments contiennent des substances qui exercent, par l'intermédiaire du cervelet, un effet calmant sur le cerveau, provoquant ainsi une certaine indifférence, une défaillance de la concentration, des troubles de la perception et des réactions physiques et psychiques. D'autres exercent un effet stimulant et décontractant. Les vertiges, les maux de tête et les nausées sont d'autres effets dangereux lors de la conduite d'un véhicule.

Le temps - un facteur important

Le temps de résorption d'un médicament peut varier entre quelques heures et plusieurs jours. En outre, un médicament agit différemment et plus ou moins longtemps sur le même individu. Personne n'aura l'idée de mentionner, lors d'un accident, qu'il a absorbé un somnifère il y a deux jours. Il se peut pourtant que son effet à long terme soit à l'origine d'une réaction erronée. L'absorption régulière d'un somnifère peut d'autant plus diminuer les prestations physiques et psychiques que la médication dure depuis longtemps (il en est de même pour la consommation régulière d'alcool).

 

 

Après une intervention chirurgicale

Les médicaments utilisés pour l'anesthésie ont un effet longue durée (souvent plus de 48 heures). Pour cette raison il y a lieu de s'abstenir de conduire un véhicule pendant deux jours au moins après une anesthésie générale. Certains patients s'évanouissent en outre très fréquemment après une opération, d'où un risque accru dans la circulation routière.

 

Est-ce que je peux/dois encore conduire?

Médicaments vendus sur et sans ordonnance: La prudence est de rigueur.

  • Renseignez-vous auprès de votre médecin ou pharmacien dans le cas où ils ne prennent pas eux-mêmes l'initiative de vous informer!
  • Suivez leurs instructions (posologie/temps).
  • Lisez attentivement les indications du distributeur, en particulier les contre-indications en cas de conduite d'un véhicule.
  • Accordez à votre corps le temps de s'adapter au médicament avant de vous remettre au volant et observez comment vous réagissez.
  • Arrêtez votre véhicule au moindre malaise.

Absorption simultanée de plusieurs médicaments: Prenez garde!

  • Qu'il s'agisse de médicaments prescrits par un médecin ou vendus sans ordonnance, informez-vous des interactions et d'une éventuelle diminution de l'aptitude à conduire.
  • Une prudence particulière est de mise lorsque vous prenez des médicaments contre la toux, des analgésiques, des calmants. Les stimulants ont aussi un effet défavorable sur les prestations physiques et psychiques. De plus, ils n'éliminent pas la fatigue mais le sentiment d'épuisement, anéantissant par là le «système d'alarme» du corps.

N’absorbez jamais de médicaments prescrits à des tierces personnes!

  • Bien que vous présentiez des symptômes similaires, il se peut que vous souffriez d'une tout autre maladie!
  • La posologie n'a pas été adaptée à vos besoins; votre corps peut réagir différemment à ce médicament.
  • Le médicament pourrait être ancien et la date limite de vente périmée.

 

Soyez particulièrement prudent lorsque vous absorbez des calmants et des somnifères, des tranquillisants, des anallergiques, des psychotropes ainsi que certains médicaments pour la tension. Les médecins et les pharmaciens sont tenus d'informer les malades des risques particuliers, mais en tant qu'automobiliste vous assumez une part de responsabilité personnelle et vous devez connaître les éventuelles contre-indications. Car: Ne pas connaître les dangers d'un médicament ne vous préservera pas des risques encourus!

 

Alcool et médicaments = Danger!

Combiné avec de l'alcool, l'effet défavorable de certains médicaments sur la perception, la concentration et les réactions est non seulement doublé, mais multiplié. C'est pourquoi il faut renoncer à l'alcool si l'on conduit une auto sous l'effet de médicaments.

Important: Bien des remèdes «naturels» en vente dans les drogueries et les pharmacies contiennent de l'alcool (préparations à base de plantes contre les malaises, les indigestions ou l'insomnie)!

Que dit la loi à ce sujet?

Celui qui conduit doit rester constamment maître de son véhicule (art. 31, al. 2 LCR). Cela signifie qu'un conducteur en pleine possession de ses facultés physiques et psychiques est toujours en mesure de conduire en sécurité.

Alcool

Les suites juridiques encourues par un conducteur en état d'ivresse sont expliquées dans la feuille d'information du bpa "Alcool: au volant, non!".

Médicaments et drogues

Les médicaments et les drogues peuvent aussi porter atteinte à l'aptitude à conduire.

Celui qui, par suite d'absorption de médicaments et de drogues, a perdu son aptitude à conduire, preuve à l'appui, encourt en vertu de l'art. 90 LCR une amende ou une peine d'emprisonnement. Suivant la gravité de la faute et la mise en danger d'autrui, il s'ensuit en outre un retrait du permis de conduire. En cas d'accident dû à une négligence grave, le conducteur doit s'attendre à une réduction des prestations d'assurance ou à ce que la compagnie d'assurances fasse valoir son droit de recours.

 

Drogues - jamais!

Ce qui vaut pour les médicaments et l'alcool s'applique à plus forte raison aux drogues. Toute personne consommant des drogues - haschisch, cocaïne, héroïne, LSD - doit en tout cas renoncer à conduire un véhicule. Les drogues altèrent et diminuent le comportement physique et psychique dans une telle mesure que la conduite d'une voiture peut tourner au drame, et pour le conducteur et pour les autres usagers de la route. Drogues: jamais de la vie!

 

Conseils

Médicaments au volant
Ne dépassez jamais la dose prescrite. Lisez attentivement les indications du distributeur ou demandez conseil à votre médecin ou pharmacien.

Dans le doute s'abstenir!
S'il y a lieu de supposer qu'un médicament porte atteinte à l'aptitude à conduire, vous renoncerez, dans votre propre intérêt, à la conduite d'un véhicule.

Nouveaux médicaments
Redoublez de prudence et observez son effet avant de vous mettre au volant.

Un, deux, trois, beaucoup...
La prudence est indiquée lorsqu'on absorbe plusieurs médicaments à la fois. Les interactions risquent de renforcer l'effet défavorable.

Médicaments «empruntés»
N'absorbez jamais de médicaments prescrits à une tierce personne.

Médicaments et alcool: jamais!
La moindre dose d'alcool, combinée avec des médicaments, peut multiplier l'effet défavorable sur l'aptitude à conduire.

 

Environ 7 pour cent des Suisses absorbent tous les jours des médicaments; seul 1/5 de ces remèdes est prescrit par un médecin. (Une somme d'environ 2,6 milliards de francs est investie tous les ans dans l'achat de médicaments!) Les conducteurs ignorent en général que beaucoup de médicaments portent atteinte à l'aptitude à conduire.

 

Schweizerische Beratungsstelle für Unfallverhütung   bfu
Bureau suisse de prévention des accidents   bpa
Ufficio svizzero per la prevenzione degli infortuni   upi

bpa, Laupenstrasse 11, case postale 8236, 3001 Berne





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