Manger sainement pour réduire
son risque de cancer.
Une publication de la Ligue suisse contre le cancer
et de l’Association suisse pour l’alimentation

Les éditrices

Dans le cadre des programmes nationaux de lutte contre le cancer, l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) et la Ligue suisse contre le cancer (LSC) agissent de concert pour améliorer les mesures de prévention et de soins du cancer en Suisse. Leur but: réduire le nombre de nouveaux cas, augmenter le nombre de guérisons, améliorer la qualité de vie des malades et la qualité du soutien accordé à toutes les personnes concernées.

Fondée en 1910, la Ligue suisse contre le cancer est une association à but non lucratif. Son but est de soutenir la recherche scientifique dans le domaine du cancer, d'informer la population et de promouvoir les mesures permettant aux patients et à leurs proches de mieux vivre la maladie au quotidien. La Ligue suisse contre le cancer est un organisme indépendant, financé en grande partie par les contributions des membres et par des fonds provenant de dons. Ponctuellement, elle travaille également avec certains organismes privés.

L'Association suisse pour l'alimentation (ASA) regroupe des nutritionnistes et tous ceux et celles qui, sans être des professionnels, s'intéressent à l'alimentation. Elle s'est donnée pour tâche de transmettre au grand public les principes d'une alimentation saine et, sur la base des connaissances scientifiques actuelles, propose des mesures permettant une prévention efficace.

Fondée en 1965, cette association est entièrement indépendante. Elle finance ses activités par ses prestations de service, par la vente de ses publications, par les cotisations des membres et le parrainage de certains projets, ainsi qu'à l'aide des subventions de l'Etat.

A propos de cette brochure
Cette brochure est le fruit de la collaboration entre la Ligue suisse contre le cancer et l'Association suisse pour l'alimentation. Vous y trouverez des conseils concrets en matière d'alimentation. Suivez-les, et non seulement vous sentirez mieux, mais vous contribuerez vous-même à réduire votre risque de cancer.

Introduction

Au cours des quarante dernières années, la science a fait d'énormes progrès dans la lutte contre le cancer. Les examens de dépistage et les méthodes thérapeutiques permettent aujourd'hui de réduire le risque de cancer et d'augmenter les chances de guérison.

En dépit de ces avancées considérables, le cancer n'a jamais cessé de faire peur et les chiffres restent alarmants. A l'heure actuelle, un Suisse sur trois et une Suissesse sur quatre meurent encore des suites de cette maladie.

Cependant, le cancer n'est pas une fatalité. Une bonne moitié des cas de cancer pourraient être évités grâce à un mode de vie plus sain. La recette est simple: ne pas fumer, pratiquer une activité physique minimum et veiller à une alimentation saine.

Oui, l'alimentation joue un rôle primordial dans la lutte contre le cancer. Même si de nombreuses questions restent toujours en suspens, les scientifiques connaissent les facteurs à prendre en compte en priorité. Une alimentation saine, un poids normal et une consommation très modérée d'alcool sont autant de gestes à votre portée. Ils sont votre contribution personnelle à votre prévention.

Il n'existe malheureusement pas de régime miracle qui pourrait prévenir, voire guérir le cancer. Cette maladie n'a jamais qu'une seule cause. Une multitude de facteurs interviennent, notamment celui de l'hérédité.

Vous pouvez néanmoins faire beaucoup vous-même pour réduire votre risque de cancer. Une vie saine vous préserve de la maladie. Votre santé est un bien précieux, préservez-la!

Index

Le rapport entre cancer et alimentation
Fort des progrès rapides de la recherche sur le cancer à ses débuts, de nombreux scientifiques avaient cru pouvoir déjà crier victoire. Ils pensaient pouvoir enrayer ce fléau par des moyens tout simples. Aujourd'hui, cette euphorie a cédé la place à une position plus nuancée.

Ce que nous consommons n'est pas sans incidence sur le risque de cancer
En dépit d'un grand nombre d'éléments encore manquants, nous savons aujourd'hui avec certitude qu'une consommation régulière de fruits et de légumes réduit le risque de cancer, alors que la consommation d'alcool et la surcharge pondérale l'augmentent.

Douze conseils pour diminuer les risques de cancer

Conseil n° 1: s'alimenter de façon équilibrée
Une alimentation variée, essentiellement à base de fruits et de légumes, est la clé de votre santé. L'essentiel est de trouver l'équilibre entre les différentes catégories d'aliments.
Conseil n°2: réduire la surcharge pondérale
La surcharge pondérale est un double poids, car les kilos en trop augmentent aussi le risque de cancer. Si vous avez atteint le poids qui vous assure bien-être et vitalité, essayez de le garder.
Conseil n° 3: manger plus de fruits et de légumes
Les fruits et légumes constituent le noyau d'une alimentation saine. Ils stimulent la digestion et contiennent de nombreuses substances qui ont un effet protecteur.
Conseil n°4: consommer davantage de pain, de riz, de pommes de terre et de pâtes
Les aliments à base de céréales, surtout lorsqu'ils sont complets, ont également un effet protecteur contre le cancer.
Conseil n°5: modérer la consommation de viande
Pour éviter les risques supplémentaires, modérez votre consommation de viande, évitez les viandes à teneur élevée en graisse et la charcuterie. Débarrassez la viande de toute graisse superflue avant la cuisson et consommez avec mesure les aliments fumés.
Conseil n°6: utiliser de préférence les matières grasses végétales
Du point de vue de la prévention du cancer, on ne peut que recommander la cuisine méditerranéenne car elle est essentiellement à base d'huile d'olive. Les matières grasses végétales sont en effet bien plus saines que les autres.
Conseil n°7: boire moins d'alcool
Qui boira, vivra... à condition de boire de l'eau et des tisanes peu ou pas sucrées. Par contre, la consommation de boissons alcoolisées augmente considérablement le risque de cancer.
Conseil n°8: cuisiner en douceur
Une préparation des aliments tout en douceur permet d'éviter des risques inutiles. Cela est aussi valable pour les grillades, à condition de respecter certaines règles de base.
Conseil n°9: attention à la conservation des aliments
Quelques règles simples vous permettront de préserver la valeur nutritive de ce que vous mangez: ne consommez pas d'aliments moisis, ni de graisses et d'huile rances.
Conseil n° 10: en bonne santé, sans compléments alimentaires
Les comprimés alimentaires à base de vitamines et de sels minéraux ne remplacent en aucun cas une alimentation saine. Si vous avez une alimentation équilibrée, vous pouvez vous en passer.
Conseil n° 11: davantage d'activité physique
L'exercice physique est non seulement un facteur d'équilibre-on se sent bien dans son corps-, mais il contribue aussi à la prévention du cancer.
Conseil n° 12: ne pas fumer
Enfin et surtout, fumer nuit gravement à votre santé et cela de manière durable. Les non-fumeurs vivent plus longtemps, sont en meilleure forme et goûtent plus intensément les plaisirs de l'existence.
Adresses utiles

Le rapport entre cancer et alimentation

Au début des années 80, le Congrès américain chargea deux chercheurs britanniques d'établir un rapport à partir de toutes les données disponibles sur le cancer. Leurs conclusions furent tout à fait surprenantes: 35% de tous les décès dus au cancer pouvaient être imputés à une mauvaise alimentation!

L'établissement d'un lien entre l'alimentation et le cancer fut une véritable révolution. Certes, on connaissait depuis longtemps les bienfaits d'une alimentation équilibrée et d'un mode de vie sain, mais jusqu'alors, on avait manqué de preuves. Le rapport du Congrès les apportait, données scientifiques à l'appui.

Il se référait par exemple à une étude menée auprès de la population japonaise immigrée aux Etats-Unis. On savait que le nombre des cancers de l'estomac était particulièrement élevé au Japon, alors qu'aux Etats-Unis, les formes de cancer les plus répandues étaient le cancer des intestins et celui du sein. On imputait cet état de fait à des différences génétiques entre les deux races, mais on s'est vite aperçu que cela n'était nullement le cas. En effet, les immigrés japonais s'étant adapté aux habitudes alimentaires américaines, le taux de cancer des intestins et du sein augmentait de manière considérable parmi cette population et, parallèlement, le nombre des cas de cancer de l'estomac diminuait.

C'est également au cours des années 80 que les chercheurs ont abandonné le rêve de pouvoir gagner la guerre contre le cancer - une guerre terrible qui durait depuis les années 60. En dépit de méthodes thérapeutiques toujours plus élaborées et d'une multitude de connaissances scientifiques, ils finirent par accepter qu'on ne pouvait guérir certaines tumeurs.

Ces deux découvertes ont eu une influence considérable sur l'orientation du débat autour de cette maladie. On commençait à prendre en compte la nécessité de la prévention. L'hypothèse selon laquelle une alimentation équilibrée et qui met l'accent sur les fruits et les légumes permettrait de réduire le risque de cancer fut rapidement confirmée. De plus, on trouvait toujours de nouvelles preuves permettant d'affirmer que les vitamines, les sels minéraux et certaines autres substances végétales avaient un effet protecteur.

Mais une fois de plus, cette euphorie dut céder la place à la désillusion. Aucun régime ne permettait de réduire le risque de cancer et encore moins de guérir la maladie. Avec les années, on s'est également rendu compte que l'effet protecteur des fruits et légumes ne pouvait pas être imputé uniquement aux vitamines et aux sels minéraux.

Une étude effectuée à Bâle a montré que les personnes atteintes d'un cancer présentaient un taux extrêmement faible de vitamines C, E, A et de carotène (provitamine A) dans le sang. Cependant, dans les pays occidentaux, toutes les tentatives d'enrayer le développement du cancer par la prise ciblée de ces substances ont échoué.

Deux études menées sur de gros fumeurs à qui l'on avait administré de fortes doses de carotène ont même prouvé le contraire: au lieu de diminuer, les cas de cancer du poumon avaient même soudain augmenté. Les recherches furent immédiatement interrompues sans que l'on puisse recueillir les données scientifiques nécessaires pour expliquer ces résultats.

Cela ne signifie pas pour autant que ce type d'études soit systématiquement voué à l'échec. Pourtant, tout porte à croire à l'heure actuelle que l'effet protecteur des fruits et légumes ne se résume pas à leurs simples composants.

Afin de mieux comprendre le lien entre l'alimentation et l'apparition du cancer, il est nécessaire d'aller plus loin. Ainsi les scientifiques travaillent sur les substances qui permettraient d'empêcher le développement du cancer. Les recherches actuelles portent sur les substances telles que le sélénium, la vitamine E, les phyto-oestrogènes ainsi que les quelque 10 000 substances végétales secondaires qui existent (flavonoïdes, saponines et autres).

En dépit de tous les maillons manquants de la chaîne, il semble aujourd'hui établi que les facteurs environnementaux et le mode de vie influencent davantage l'apparition du cancer que ce que l'on croyait. Nous devons en prendre conscience et refuser l'idée de fatalité. Nous contribuerons ainsi activement à notre propre prévention contre le cancer.

Ce que nous consommons n'est pas sans incidence sur le risque de cancer

Dès le début du vingtième siècle, des études scientifiques ont montré le lien entre l'alimentation et l'apparition du cancer. Mais en dépit de leurs efforts incessants, les scientifiques n'ont toujours pas réussi à élucider la relation exacte de cause à effet. En effet, les connaissances scientifiques actuelles ne permettent pas de déterminer avec précision quels aliments peuvent réduire ou augmenter le risque de telle ou telle forme de cancer, ni dans quelle mesure. Les scientifiques distinguent entre des liens prouvés, probables et possibles. Le tableau suivant récapitule l'état des connaissances scientifiques actuelles:

En veillant à votre alimentation, vous pouvez considérablement diminuer votre risque de développer un cancer. Voici les quatre règles de base:

L'alimentation n'est qu'un aspect de la prévention du cancer. Il est tout aussi important de ne pas fumer et d'exercer un minimum d'activité physique.

Vous en profiterez doublement: vous diminuerez votre risque de développer un cancer - et de nombreuses autres maladies et vous vous sentirez mieux dans votre peau. Non pas dans un avenir lointain, mais ici et maintenant.

Impressum

Editrice
Ligue suisse contre le cancer
Effingerstrasse 40
case postale 8219
3001 Berne
téléphone 031 389 9100
fax 031 389 91 60
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Internet : www.swisscancer.ch

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e-mail : info@sve.org
internet : www.sve.org

Direction du projet
Lukas Zemp, Ligue suisse contre le cancer
Judith Graf, Ligue suisse contre le cancer

Texte et rédaction
Martin Vetterli Mattille
Dr Annette Matzke

Adaption française
Priska Moser, Paris

Conseil scientifique
PD Dr Peter E. Ballmer, Winterthour
Anne Durrer, Berne
Dr Monika Eichholzer, Zurich
Dr Bianca Maria Exl, Vevey
Prof. Dr Bernhard Hirt, Epalinges
Margaretha Maria Hubler, Berne
Dr Walter F Jungi, Saint-Gall
Dr Inès Rajower, Lucerne
Hansjörg Ryser, Berne
Priska Schwarz, Biberist
Ruth Sollberger Miller, Saint-Gall
PD Dr Miroslav Stransky, Zurich
Prof. Dr Walter Weber, Berne

Graphisme et mise en page
Partner&Partner,Winterthour

Impression
Dietschi, Olten

Illustrations
Stefan Kubli, Winterthour

Sponsoring
Ce dépliant a été réalisé avec le soutien de la
Fédération des coopératives Migros. Zurich.

Commande de brochures et de dépliants
téléphone: 0844 85 00 00
e-mail: skl-lsc@cisf.ch

Cette brochure et le dépliant sont également
disponibles en allemand et en italien.

© 2000 Ligue suisse contre le cancer et Association suisse pour l'alimentation

LSC / 7.2001 / 6000 f / 2e édition /2621





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