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Les
accidents |
| On estime à plus de 8 millions le nombre annuel des accidents de la vie courante. A l'origine de très nombreux décès et de handicaps sévères, ils constituent à l'évidence, une préoccupation majeure dans le domaine de la santé publique. Les enfants, les adolescents et les personnes âgées sont les plus exposés à ce risque. En préalable à la vigilance et la prévention, il est nécessaire d'avoir une bonne connaissance de ce phénomène. |
Quelle est la définition de l'accident ?
Selon les experts, il s'agit de " tout événement indépendant de la volonté de l'homme, caractérisé par la libération soudaine d'une force extérieure qui peut ou non atteindre une personne et qui incite celle-ci à solliciter un examen médical, indépendamment de l'atteinte portée au corps ou à l'esprit ".
Et celle concernant les accidents de la vie courante ?
Cette appellation regroupe :
Les accidents du travail et de la circulation, les accidents liés à des éléments naturels, les suicides et agressions ne sont pas pris en compte dans la définition de l'accident de la vie courante.
Quelle est l'importance de ce phénomène ?
Statistiquement, les accidents de la vie courante
ont une fréquence élevée. Le dernier recensement sur lequel s'appuient les experts, et
qui analyse l'année 1992, faisait état de plus de 8 millions de cas ayant entraîné 18
832 décès, 440 000 hospitalisations et, au total, plus de 2 millions de blessés.
Au cours d'une année, 17 % des hommes et 14 % des femmes sont victimes d'un accident dans
le cadre de leur vie courante.
Sur le plan humain, ces événements ont donc des conséquences graves voire dramatiques.
Enfin, sur le plan économique et social, les accidents produisent des effets très
lourds. Les rares estimations effectuées pour évaluer les coûts de santé concluent à
une charge de plus de 15 milliards de francs par an.
Y-a-t-il des circonstances favorisant l'événement ?
Les accidents de la vie courante répondent à des facteurs de risques liés à l'individu et aux circonstances.
L'âge des personnes joue un grand rôle; les accidents surviennent principalement au cours de la petite enfance (entre 1 et 5 ans), lors de l'entrée dans l'adolescence (entre 10 et 14 ans) ; puis avec le vieillissement (surtout après 75 ans).
Le lieu conditionne également le niveau du risque. Il y a plus d'accident à l'intérieur de la maison qu'au dehors; certaines pièces exposent davantage au danger (la cuisine plus particulièrement); la zone d'habitation influe également : en milieu rural les accidents sont plus fréquents et de nature différente.
Le moment de l'année : les
services hospitaliers observent deux pics dans les périodes d'admission des enfants
accidentés. Principalement mai-juin et, de façon moins nette, septembre-octobre.
Au cours de la semaine, les urgences admettent plus d'enfants victimes d'accidents les
samedi, dimanche et lundi.
D'une façon générale, les moments du repos scolaire sont les plus à risques, ce qui
démontre le rôle protecteur voire préventif du milieu scolaire.
Le niveau socio-économique. Lorsqu'il est faible, lorsque l'environnement socio-culturel est défavorable, le terrain devient plus propice aux accidents.
Le sexe et la personnalité ont une influence directe sur l'exposition au danger. Celle-ci est plus marquée chez les garçons; certains enfants rêveurs ou particulièrement actifs prennent évidemment plus de risques. On observe même des situations accidentelles traduisant une carence affective ou un appel de l'enfant adressé au monde adulte.
Le graphique ci-dessous détaille le pourcentage des accidents en fonction de l'âge.
Accidents en fonction de l'âge

Le tableau ci-dessous répartit les accidents en fonction des lieux et des âges.

Où les accidents se produisent-ils le plus fréquemment ?
Quel que soit l'âge, la très
grande majorité des accidents de la vie courante se produit à l'intérieur de la maison.
Selon la dernière enquête EHLASS (European Home and Leisure Surveillance System),
système communautaire d'information sur les accidents domestiques, 78 % des accidents des
enfants de moins d'un an et 47 % de ceux concernant les personnes âgées de plus de 65
ans, surviennent au sein des habitations.
Comment se traduisent les accidents ?
On parle de " mécanisme accidentel ". La liste ci-dessous établit en ordre décroissant la fréquence de ces mécanismes, tous âges confondus.
La chute (47 % des cas)
C'est l'accident le plus souvent observé; d'abord la chute de plain-pied, puis la chute
d'une hauteur.
Le choc (18 %)
Corps ou collisions principalement dans un contexte sportif.
La déformation pendant un effort (9 %)
La morsure (7 %)
Le pincement, la compression (5 %)
L'intoxication (3 %)
La pénétration de corps étrangers (3 %)
Les plaies (3 %)
La brûlure (2 %)
Les autres mécanismes (3 %)
Cette énumération ne prend évidemment pas en compte la gravité des conséquences. Ainsi, la brûlure qui apparaît relativement peu fréquente provoque souvent des blessures gravissimes.
Que faire en cas d'accident ?
Adopter une attitude calme.
Faire des gestes simples qui
permettent de sauver :
protéger,
examiner,
alerter ou faire alerter,
secourir.
Protéger
C'est éviter un nouvel accident pour la victime ou les témoins.
Avant de toucher la victime, il
faut se poser les questions suivantes :
- Que s'est-il passé ?
- Existe-t-il encore un danger ? (incendie explosion ... )
- Peut-on supprimer ce danger sans risque ?
- Peut-on déplacer la victime ?
Examiner
Rechercher 3 signes essentiels :
le saignement,
la conscience,
la respiration.
Alerter
Qui ?
- les secours dans l'établissement,
- le SAMU (Service d'Assistance Médicale d'Urgence ) = Tél. 15 (pour la France),
- le SMUR (Service Médical d'Urgence Régional),
- les pompiers = Tél. 18 (pour la France)
- la gendarmerie ou le commissariat de police.
Comment ?
- préciser le lieu de l'accident,
- les circonstances,
- le nombre de victimes,
- leur état.
* Ne pas raccrocher le premier.
* S'assurer que le message a été bien compris.
Secourir
Quand une victime saigne
abondamment :
- examiner la plaie,
- comprimer avec la main,
- allonger,
- surélever le membre blessé,
- mettre un pansement compressif si possible,
- si la compression manuelle est impossible, faire un point de compression.
Quand la victime ne répond pas et
ne respire pas :
- vérifier qu'elle n'a rien dans la bouche,
- basculer avec précaution sa tête en arrière,
- insuffler de l'air dans sa bouche en obturant le nez,
- renouveler ce geste dès que les poumons sont vides,
- poursuivre jusqu'à l'arrivée des secours spécialisés.
Quand la victime ne répond pas,
mais respire :
- vérifier qu'elle n'a pas de corps étrangers dans la bouche,
- mettre la victime sur le côté, le visage tourné vers le sol,
- vérifier constamment qu'elle respire,
- couvrir et rassurer.
Quand une victime présente une
brûlure :
Brûlure thermique :
- ne pas déshabiller,
- arroser pour refroidir,
- poser un pansement propre ou un drap stérile sur la brûlure,
- couvrir et rassurer.
Brûlure chimique :
- laver la brûlure abondamment, pendant 15 minutes minimum,
- simultanément déshabiller la victime,
- puis couvrir la brûlure avec un pansement ou un drap stérile,
- couvrir et rassurer.
En cas de crainte de fracture :
- éviter tout déplacement inutile,
- respecter la position adoptée par le blessé,
- rendre cette position la plus confortable possible.
Si on pense à une fracture de la colonne vertébrale : aucun mouvement intempestif.
En présence d'une plaie :
- nettoyer à l'eau et au savon ou à l'aide de compresses et d'antiseptique,
- couvrir d'un pansement,
- surveiller la plaie les jours suivants afin de prévenir toute infection,
- s'assurer de la validité de la vaccination contre le tétanos.
Ces gestes s'apprennent dans la formation de secourisme, au collège, sur le lieu de
travail, au sein d'associations, mais il est tout aussi important de remettre à jour,
régulièrement, ses connaissances.
| L'évolution de l'enfant, les précautions de l'adulte | |
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De
0 à 3 mois :
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De
3 à 6 mois :
De 6 à 9 mois:
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De
9 à 12 mois :
A partir de 12
mois :
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Entre
18 mois et 2 ans :
Entre 2 et 3 ans
:
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De
3 à 4 ans :
Dès 4 ans:
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Pourquoi l'enfant est-il aussi souvent victime d'accidents ?
Pour progresser et se développer l'enfant doit découvrir le monde. Les acquisitions qu'il va réaliser se feront de plusieurs manières :
l'une active; il va devoir aller à la découverte de son environnement et, à ce titre, peut-être prendre tous les risques,
l'autre passive, où l'apprentissage sera le fruit d'une démarche éducative de la part de ses parents, de son entourage et de la société.
Les accidents sont-ils inévitables ?
La pédagogie du risque passe
d'abord par une identification, par les parents, des dangers qui entourent l'enfant. Une
fois que les parents ont cette conscience des dangers de l'environnement, ils doivent
avoir une attitude adaptée à leur enfant en fonction de sa personnalité et de son âge.
Si les règles de protection sont simples : mettre hors de portée des produits dangereux,
l'attitude pédagogique est beaucoup plus complexe car elle devrait pouvoir aboutir à un
évitement des situations de danger par l'enfant lui-même: il s'agit ici d'une composante
à part entière de l'éducation, par exemple, les parents doivent, eux-mêmes, se mettre
à l'abri des situations dangereuses, et expliquer à leur enfant chaque situation qu'ils
évitent.
Cependant, certains accidents peuvent survenir chez l'enfant même quand toutes les
précautions ont été prises, il peut, dans certains cas, s'agir d'équivalents "
dépressifs", l'accident survenant alors après la séparation des parents, un
décès dans la famille ou en coïncidence avec un événement grave au sein de la
famille.
D'une manière générale, on constate que les mesures de lutte contre les accidents de la
vie courante produisent des effets significatifs. Ainsi, grâce à l'action des
associations de prévention et de consommateurs, grâce à la mise en place de normes de
fabrications plus strictes, grâce aux compagnes de sensibilisation, grâce aux décisions
des pouvoirs publics, les accidents mortels chez les enfants âgés de moins de 15 ans ont
très fortement diminué en l'espace de dix années. Alors qu'en 1982 on déplorait 1 200
morts, on en dénombrait 526 en 1992. Les efforts de tous doivent donc s'intensifier pour
continuer à progresser dans cette voie.
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DE BOBO CIRPAE et APMS |
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