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LA TOXICOMANIE |
| En quelques années, la toxicomanie est devenue l'un des
principaux problèmes de santé publique et un enjeu majeur de société. Il y aurait
aujourd'hui, en France, 150 000 à 300 000 toxicomanes. La prévention et la prise en charge des toxicomanies doivent être prioritaires. Chaque adulte est concerné et les actions d'information et de sensibilisation doivent associer aussi bien les familles que les enseignants, les éducateurs, les animateurs, les associations et les professionnels de santé. Raisons, effets et risques de la prise de drogues, attitudes à adopter pour prévenir les conduites toxicomaniaques et pour aider et orienter les toxicomanes. |
L'organisation Mondiale de la Santé (OMS) la définit comme "un
état de dépendance physique ou psychique ou les deux, vis-à-vis d'un produit et
s'établissant chez un sujet et à la suite de l'utilisation périodique ou continue de
celui-ci".
La toxicomanie représente donc une aliénation, une certaine privation de liberté
puisque le toxicomane est profondément dépendant de sa drogue. L'OMS préfère même au
terme de "toxicomanie", celui de "pharmacodépendance".
Qu'est ce qu'une drogue ?
La définition de l'OMS est très large : on appelle drogue toute
substance qui peut modifier la conscience et le comportement de l'utilisateur. En ce sens,
tout médicament peut être désigné par le mot drogue.
Selon l'usage qui en est fait, les drogues peuvent être employées à des fins médicales
ou à des fins non médicales.
Seules les substances susceptibles de modifier la fonction psychique (y compris l'alcool)
peuvent être retenues comme drogues.
Ce sont les drogues psychotropes, c'est-à-dire l'ensemble des substances
d'origine naturelle ou synthétique qui peuvent, par leur action sur le système nerveux
central, modifier l'activité mentale, les sensations, les comportements.
LES STIMULANTS |
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LES EFFETS RECHERCHÉS |
LES PRODUITS |
PRINCIPAUX
EFFETS |
| Stimulation physique et intellectuelle légère. | Produits à base de caféine |
Dépendance (+). Irritabilité, insomnie. |
| Stimulation physique et intellectuelle légère. | Nicotine du tabac. |
Dépendance(+ +) Toxicité pulmonaire et cardiaque, cancers. |
| Lutte contre dépression, recherche forte stimulation. |
Antidépresseurs stimulants. |
Dépendance (+ +) |
| Lutte contre la fatigue, recherche forte stimulation, effet "speed". | Médicaments contenant des amphétamines
(coupe-faim). |
Dépendance psychologique (+ + +). Risques cardiaques. |
| Forte stimulation psychique, sentiment de puissance. | Cocaïne. |
Dépendance (+ +). Insomnie, irritabilité. Détérioration des cloisons nasales. Accidents cardiaques, overdose, risques psychiatriques. |
| Brève et forte stimulation. | Crack (dérivé de la cocaïne) |
Dépendance très rapide (+ + +) Agitation, troubles du comportement, troubles psychiatriques, accidents cardiaques, risque d'overdose. |
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LES HALLUCINOGÈNES ET DÉLIROGÈNES |
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LES EFFETS RECHERCHÉS |
LES PRODUITS |
PRINCIPAUX
EFFETS |
| Euphorie, détente ou parfois excitation, hallucinations. | Cannabis (marijuana ou haschich). |
Possibilité de dépendance essentiellement psychologique
(+), plus forte en usage régulier (+ +). Troubles de la mémoire, déconcentration, ivresse, perte de la vigilance. Risques psychologiques pour les plus fragiles. Toxicité voisine du tabac. |
| Hallucinations. | De nombreuses plantes et champignons
"exotiques". |
Dépendance (+ ou -). Risques de confusion mentale. |
| Délires. | Belladone, datura. |
Dépendance (+ ou -). Risques de confusion mentale, d'accidents divers, d'accidents psychiatriques graves chez les plus fragiles. |
| Hallucinations, délires. | L.S.D. |
Dépendance (+ ou -). Risques de confusion mentale, d'accidents divers, d'accidents psychiatriques graves chez les plus fragiles. |
| Hallucinations, délires, excitations. | Ecstasy |
Manifestations physiques multiples. Risques de confusion mentale, d'accidents divers, d'accidents psychiatriques graves pour les plus fragiles. |
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LES SEDATIFS |
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LES EFFETS RECHERCHÉS |
LES PRODUITS |
PRINCIPAUX
EFFETS |
| Détente, endormissement. | Infusions (verveine camomille, tilleul,
etc.). |
Néant. |
| Détente, endormissement. | Médicaments à base de plantes
(phytothérapie). |
Néant. |
| Détente, lutte contre l'angoisse et l'anxiété. | Tranquillisants, anxiolytiques (usage
légal sur ordonnance médicale). |
Dépendance (+ +) sur longue période. Troubles de la mémoire (+), conséquences graves en cas de surdosage. |
| Favoriser l'endormissement, lutter contre le réveil précoce. | Somnifères (usage légal sur ordonnance
médicale). |
Dépendance (+ +) sur longue période. Troubles de la mémoire (+), conséquences graves en cas de surdosage. |
| Détente, euphorie, endormissement. | Alcool. |
Dépendance (+ + +). Ivresse, perte de la vigilance, toxicité hépatique, digestive, coma éthylique, accident de sevrage (délirium tremens). |
| Suppression de l'état de manque. | Méthadone, usage légal. Produit délivré exclusivement aux héroïnomanes par des centres sur prescription médicale. |
Dépendance(+ + +) "gérée médicalement". Forme buvable évitant les risques énumérés ci-dessous. |
| - Lutte contre les fortes douleurs chez les malades. - Flash, fortes détentes psychiques et physiques, "défonce" chez les toxicomanes. |
Dérivés de l'opium (morphine,
héroïne, codéine) et autres antalgiques. |
Dépendance (+ + +). Risques liés au produit : amaigrissement, caries dentaires, overdose. Risques liés à l'injection sans précaution d'hygiène : seringues usagées, absence d'asepsie, abcès, infections pulmonaires, septicémie. Risques liés au partage de seringues non stériles : transmission de maladies infectieuses (hépatites B et C, virus du sida ...). |
| "Défonce", détente. | Solvants (éther, trichloréthylène,
colle, solvants industriels). |
Dépendance (+ + +). Toxicité rénale, cardiaque et pulmonaire, troubles psychiatriques graves. |
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Qu'est-ce qu'un toxicomane ?
Il y a plusieurs types d'usagers de la drogue :
Comment la toxicomanie se manifeste-telle ?
Le sevrage est la privation du ou des produits auxquels le toxicomane
est habitué. Il est en "état de manque".
Lorsque l'on supprime brutalement, chez un sujet dépendant, sa substance toxique, il se
produit des manifestations physiques plus ou moins violentes ainsi qu'un malaise
psychologique souvent profond.
Aussi, le sevrage, doit-il être effectué sous contrôle médical, progressivement, afin
de faire disparaître les effets de la tolérance et de la dépendance entraînés par la
toxicomanie.
Les effets recherchés par l'absorption de substances toxiques sont de
trois ordres directement liés au type de drogue :
Quelles sont les
différentes drogues ?
Dans l'absolu, il n'y a pas de 'bonnes drogues" ou de "mauvaises drogues". On peut seulement distinguer les drogues "légales" (alcool, tabac ... )les drogues "prescrites" (médicaments morphiniques, barbituriques et tranquillisants ... ) et les drogues "interdites".
Pourquoi les jeunes se droguent-ils
La toxicomanie est le symptôme d'un malaise profond. "C'est la
rencontre d'un produit, d'un individu et d'une société" (Pr. Claude
Olievenstein).
De même qu'il y a plusieurs types de drogues et d'effets recherchés, il y a plusieurs
contextes familiaux ou sociaux à l'origine de la conduite toxicomaniaque.
Elle peut être provoquée par :
Comment s'explique ce lien
entre adolescence et toxicomanie ?
L'adolescence se caractérise fondamentalement par une crise qui
apparaît de plus en plus tôt (dès 10-12 ans) et qui dure de plus en plus longtemps (
jusqu'à 24-25 ans). Cette période est marquée par de profonds bouleversements physiques
et psychologiques et se manifeste par une révolte, une opposition parfois violente aux
modèles parentaux, scolaires, institutionnels.
Il s'agit de la crise d'adolescence "normale".
Elle est utile dans la structuration de la personnalité et nécessaire pour le passage au
stade adulte. Elle demande que les adultes soient présents pour aider, écouter, guider
mais aussi limiter et manifester leur amour.
Lorsque cette crise se déroule mal on parle de crise d'adolescence
"pathologique".
Celle-ci résulte souvent d'une carence dans l'entourage de l'adolescent qui ne trouve
personne pour assurer efficacement le rôle d'écoute, de conseil, de guide et lui
apporter l'amour qu'il attend.
Dès lors, soit il ne réagit pas et risque de s'installer dans la maladie mentale, soit
la souffrance l'incite à des passages à l'acte, des réactions violentes contre les
autres ou contre lui-même. Parmi elles, les conduites toxicomaniaques.
Quels sont les signes d'alerte ?
La diversité des comportements qui traduisent un malaise, un mal être
de l'adolescent est très grande.
Schématiquement on distingue des signes précoces et des symptômes tardifs.
Les signes précoces :
Les signes tardifs :
Quelle attitude adopter face à ce malaise ?
Même si les attitudes adoptées par l'adolescent sont du domaine de la
provocation, les adultes doivent instaurer, maintenir le dialogue avec le jeune, lui
montrer qu'ils sont attentifs, l'assurer de leur affection et de leur compréhension tout
en évitant le jugement, lui signifier sans cesse qu'il peut compter sur eux.
Il est important que l'adolescent se sente entouré même s'il semble rejeter l'aide
proposée.
L'adulte doit également lui faire part de ses propres doutes, de ses interrogations et
pas seulement de ses certitudes.
Si l'on présume que l'adolescent a eu une expérience de drogue, il convient d'éviter de
l'espionner, de fouiller dans ses affaires.
Il est préférable d'aborder le sujet directement.
Quels traitements sont proposés aux toxicomanes ?
Lorsqu'un toxicomane présente des signes d'intoxication aiguë avec
dépendance physique et psychique, la cure de sevrage (en milieu médical) s'avère
indispensable, elle doit être impérativement assortie d'une démarche de participation
active de la part de l'intéressé.
Il s'agit là d'une première étape qui pourra être suivie d'une période de postcure
dans un centre spécialisé, destinée à faire le lien avec le retour à une existence
sans dépendance. Les jeunes usagers de la drogue, légers, occasionnels ou tentés par
elle, adressent un appel, expriment leur difficulté à vivre. Pour eux, il faut favoriser
l'accès à des lieux d'accueil et d'écoute,
En quoi consistent les traitements ?
La prise en charge des toxicomanes s'effectue sur deux plans : physique
et psychique.
A la cure de "sevrage physique" qui consiste en une aide médicamenteuse
transitoire s'associe et succède une cure de "sevrage psychologique" où
l'équipe thérapeutique aura pour objectif de réduire l'angoisse et la culpabilité du
patient, de l'aider à résoudre son sentiment d'infériorité et d'autodévolorisation,
de le soutenir pour qu'il mène à bien des projets personnels attrayants et
revalorisants.
Cette démarche est longue et fastidieuse et s'accompagne fréquemment de rechutes.
Qu'est-ce qu'un traitement de substitution ?
C'est l'utilisation temporaire, sous contrôle médical, d'une substance
médicamenteuse destinée, à libérer le sujet de la dépendance à l'héroïne. A ces produits, s'ajoute la naltrexone (Nalorex â ) très
peu utilisée en France. "Les thérapeutiques de substitution peuvent améliorer la situation sanitaire et
sociale des usagers dépendants chroniques d'héroïne. Réduisant les risque individuels,
la substitution permet au toxicomane de modifier son comportement (réduction ou arrêt de
l'usage de drogues injectables, des actes délictueux, reprise ou formulation de projets
d'insertion sociale, de formation ...).
Ce traitement médical doit s'accompagner d'une prise en charge psychosociale.
Trois produits de substitution sont principalement utilisés :
Elle contribue donc, avec les autres moyens thérapeutiques à lui faire recouvrer sa
dignité. Elle change l'image qu'il a de lui-même et que les autres ont de lui. Elle ne
résout pas le problème de la dépendance aux drogues en général et à l'héroïne en
particulier : la substitution ne guérit pas la toxicomanie, mais elle traite le
toxicomane."
Tels sont les termes de la conclusion de la Conférence Interuniversitaire sur les
"intérêts et limites des traitements de substitution dans la prise en charge des
toxicomanes". (Châtenay-Malabry - Faculté de Pharmacie - 23 - 24 - 25 juin 1994).
Pour prévenir les risques de toxicomanie, les établissements sont
encouragés à proposer des activités participatives de conduite de projets pour mettre
les élèves en situation de résoudre des problèmes et favoriser leur aptitude à
s'exprimer, s'affirmer, trouver des solutions...
Les responsables sont invités à mieux former et informer les adultes de
l'établissement, quelles que soient leurs fonctions, sur l'adolescence, les conduites à
risques...
Enfin, la politique de prévention repose sur la mise en place de Comités
d'environnement social.
De quoi s'agit-il ?
Créé en 1990 par le Ministère de l'Education nationale, le Comité
d'environnement social regroupe, autour du chef d'établissement, la communauté
éducative et les acteurs de la vie sociale et du quartier (associations, acteurs
institutionnels ...). Il développe une politique de prévention, crée un lien entre
l'école et son environnement, coordonne les initiatives.
Auparavant, on aura procédé à l'analyse de l'établissement et de son environnement,
des problèmes, des ressources, des capacités d'initiative, des compétences à
développer.
Le Comité d'environnement social utilise une démarche de projet. Elle suppose la
définition d'objectifs opérationnels, repérables en temps et en lieu, réalistes et
limités.
RÉPRESSION DE L'USAGE ET DU TRAFIC DE STUPÉFIANTS La loi française affirme l'interdiction de se droguer et
sanctionne l'usage de stupéfiants : jusqu'à un an de prison et /ou 25 000 F d'amende
(Code de santé publique 31 décembre 1971). |
TOXICOMANIE ET PRÉVENTION DES RISQUES INFECTIEUX Du fait de leur pratique d'injection intraveineuse, dans des conditions
d'hygiène précaires, la population des toxicomanes est exposée aux risques infectieux
majeurs. En France, le constat est tristement éloquent : A l'évidence, si le débat sur les drogues de substitution est réactivé par ces
chiffres alarmants, c'est celui sur la prévention des risques qui se pose. La France est
très en retard sur les autres pays développés puisque la séroconversion des
toxicomanes est jusqu'à dix fois plus importante que dans des pays ayant un niveau de vie
égal. Cette différence a probablement des causes multiples, cependant le retard des
autorités et des intervenants en toxicomanie à prendre en charge ce problème a
objectivement concouru à cet état de choses. Depuis fin 1992, un virage a été pris et
les autorités ont accepté de s'engager dans une politique plus active de réduction des
risques comprenant notamment : |

ADRESSES UTILES DROGUES INFO SERVICE 3615 TOXITEL CENTRE DIDRO (Drogue et Jeunesse) Mission Interministérielle à la Lutte contre la Drogue et la
Toxicomanie (M.I.L.D.T.) |
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L'éducation au service de la santé
Tour Maine-Montparnasse - 34e étage
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