Infarctus du myocarde - et ensuite ?

Brochure d'information à l'intention du patient
offerte par la Fondation Suisse de Cardiologie

Introduction
Le médecin vous a certainement expliqué ce que signifie le diagnostic d'infarctus ou d'angine de poitrine, comment la maladie est apparue, et ce qui vous attend. Même si vous l'avez écouté attentivement, il y a peut-être certaines choses qui vous ont échappé ou que vous avez oubliées... C'est bien compréhensible : vous êtes encore sous le choc.
Cette brochure vous permettra de revenir à tête reposée sur votre maladie, ses causes, son évolution et son traitement. Ainsi, vous serez plus à l'aise pour demander des précisions à votre médecin. Ce que nous souhaitons par-dessus tout, c'est dissiper vos craintes et vous indiquer comment vous allez pouvoir contribuer activement à la restauration et au maintien de votre santé et de votre bien-être.

Le cœur : un organe central
Le cœur est l'élément essentiel de notre système circulatoire (que l'on appelle aussi système cardio-vasculaire = cœur + vaisseaux). En plus d'être une centrale énergétique, le muscle cardiaque (car le cœur est un muscle) est aussi une station de pompage qui assure la bonne circulation du sang. Le cœur envoie le sang dans les grandes artères, qui se subdivisent en vaisseaux de plus en plus petits, pour irriguer toutes les parties du corps (cerveau, reins, foie, muscles, etc.). C'est par l'intermédiaire du sang que les organes reçoivent l'oxygène et les nutriments qui leur sont nécessaire ; simultanément, ils lui confient en retour le dioxyde de carbone et d'autres «déchets» dont ils doivent se débarrasser. Pour retourner au cœur, le sang passe par les veines, qui le conduisent aux poumons où il se recharge en oxygène.
Les artères coronaires ont une importance toute particulière, puisqu'elles approvisionnent le cœur lui-même en «carburant», c'est-à-dire en oxygène. Les coronaires se situent tout au début de l'aorte. La coronaire droite irrigue surtout la partie inférieure du cœur, tandis que la gauche irrigue les parties antérieure et latérales.

Les affections coronaires et leurs causes
La cause principale des affections coronaires est une dégénérescence qui se caractérise par des dépôts graisseux sur les parois internes des artères, par leur durcissement et leur calcification. Ce processus de dégénérescence s'étale sur des années ; on l'appelle artériosclérose.
Les symptômes de l'artériosclérose ne commencent généralement à se manifester que très tard, quand un ou plusieurs organes ne sont plus suffisamment irrigués, ou quand un organe ne reçoit plus de sang du tout à cause d'une occlusion. Ainsi, par exemple, une occlusion des artères des jambes peut être fatale aux orteils. Quand l'artériosclérose touche une artère cervicale, il y a risque d'apoplexie (attaque cérébrale).
L'altération artérielle la plus fréquente est la sclérose coronaire, c'est-à-dire la calcification des artères coronaires. Aujourd'hui encore, c'est une des principales causes de décès et d'invalidité dans notre pays. Mais l'artériosclérose précoce n'est pas une fatalité ! On peut s'en prémunir en ayant une bonne hygiène de vie et en évitant les facteurs de risque. Et même après un infarctus ou avec une angine de poitrine (troubles circulatoires douloureux dans la région du cœur), le patient peut contribuer efficacement au maintien et à l'amélioration de sa qualité de vie et de son bien-être.

Qu'est-ce que l'infarctus du myocarde et l'angine de poitrine ?
L'infarctus du myocarde est la conséquence immédiate de l'occlusion d'une artère coronaire ou de l'une de ses ramifications. Privée subitement d'oxygène, la partie concernée du cœur meurt, se nécrose. Cet événement s'accompagne la plupart du temps de douleurs comparables à des crampes.
On parle d'angine de poitrine quand le cœur reçoit trop peu de sang - et donc d'oxygène - à cause de rétrécissements (sténoses) des artères. C'est une affection dont les douleurs sont caractéristiques, mais il n'y a pas de nécrose des tissus cardiaques comme c'est le cas lors d'un infarctus.

Les douleurs thoraciques, un signal d'alarme
Le rétrécissement des artères se manifeste le plus souvent par des douleurs thoraciques. Le patient ressent une vive douleur (rarement discrète) au milieu de la cage thoracique, derrière le sternum. Il peut aussi ressentir une sensation - non douloureuse, celle-là - d'oppression, ou d'un poids sur le thorax. Quand ces troubles surgissent, bien des patients paniquent, manquent d'air ou transpirent abondamment. L'angine de poitrine se manifeste surtout pendant des efforts physiques, lors de l'exposition au froid ou après un repas copieux. La douleur peut irradier dans les bras (généralement le gauche), le cou, les mâchoires et le dos. Certains patients ressentent plutôt des douleurs dans la région de l'estomac. La douleur s'estompe généralement après quelques minutes de repos.
Les douleurs thoraciques peuvent aussi être la conséquence d'un traumatisme d'une partie du muscle cardiaque quand ce dernier est privé d'oxygène : c'est alors l'infarctus du myocarde. Les douleurs ne sont pas très différentes de celles de l'angine de poitrine. En revanche, elles durent nettement plus longtemps (de 30 minutes à plusieurs heures) et le repos n'apporte aucune amélioration spontanée. De plus, elles peuvent s'accompagner de difficultés respiratoires, d'étourdissements, de nausées et de vomissements.
Si les douleurs thoraciques durent plus d'un quart d'heure et qu'elles résistent aux médicaments prescrits dans ce cas, appelez immédiatement votre médecin traitant. Mais s'il est 4 heures du matin et qu'il ne répond pas, vous êtes mal pris... Soyez toujours prêt à cette éventualité : relevez dans l'annuaire le numéro du médecin de garde, le numéro des urgences (attention : le 114 n'est pas encore valable pour toute la Suisse) ou le numéro d'un autre service compétent. En cas de doute, demandez à votre médecin comment procéder. Si vous deviez présenter ces symptômes lors de votre convalescence, consultez immédiatement.

Votre séjour à l'hôpital
Lors de votre infarctus, vous avez tout d'abord été aux soins intensifs, sous surveillance constante, pour que l'on puisse repérer et traiter à temps d'éventuelles complications (douleurs, troubles du rythme cardiaque, chute de la tension artérielle, etc.). En principe, ces complications apparaissent durant les heures qui suivent l'infarctus et leur incidence diminue rapidement après 48 heures.
Dès ce moment, vous êtes entré dans une phase de réhabilitation. Votre collaboration active revêt une énorme importance, puisque le résultat de la réhabilitation ne dépend pas seulement des dégâts que votre cœur a subis, mais aussi de ce que vous allez faire pour vous-même !
Au début de la réhabilitation, il convient non seulement de mobiliser l'organisme, mais également de traiter le choc psychique consécutif à l'infarctus. Dans les premières semaines, il arrive qu'on soit démoralisé, voire déprimé. Cet état psychique s'explique aisément, puisque vous et votre entourage avez été confrontés à une situation qui vous pose des questions existentielles, par exemple face à l'avenir ou à des problèmes financiers, etc. Essayez de ne pas vous laisser obnubiler par ces questions : elles se résoudront tranquillement au fil des semaines. L'essentiel, pour le moment, c'est de guérir le plus vite possible.
Suivant les résultats de vos examens, on vous proposera peut-être une opération : soit un pontage des artères coronaires, soit une dilatation des artères par ballonnet. Ces interventions ont pour objectif d'améliorer l'irrigation du cœur. Si une opération n'est pas toujours nécessaire, un traitement médicamenteux s'impose par contre dans la plupart des cas. Les médicaments aident à prévenir un nouvel infarctus et à garantir l'approvisionnement du cœur en oxygène.
Une bonne part de la réhabilitation consiste à se remettre en question. Vous devrez peut-être renoncer à certaines habitudes qui constituent un risque pour votre système cardio-vasculaire. Nous verrons cela plus en détail dans les chapitres qui suivent. Une autre question va se poser très bientôt : vous allez devoir opter entre une réhabilitation ambulatoire ou dans un établissement de cure.

Réhabilitation ambulatoire ou dans un établissement de cure
Le but de la réhabilitation est de réinsérer socialement et professionnellement le patient qui a subi un infarctus ou une opération du cœur, en tenant compte de son état physique.
Dans les cliniques, on apprend au cardiaque à concilier les exigences quotidiennes avec ses capacités et ses limites physiques. Dans le cadre d'entretiens approfondis, il reçoit des informations exhaustives sur sa maladie. Pour d'innombrables patients, c'est une sorte de renaissance : ils découvrent une meilleure qualité de vie et un plaisir renouvelé à s'adonner à des activités physiques. Néanmoins, certaines personnes redoutent une séparation prolongée, surtout après leur hospitalisation alors que d'autres, au contraire, souhaitent se retrouver, après leur hospitalisation, entourées de personnes partageant les mêmes préoccupations.

Réhabilitation en clinique
Même en clinique, la réhabilitation exige une collaboration active du patient pour une pleine et entière réussite. Il faut s'investir personnellement pour parvenir à augmenter progressivement ses capacités physiques et affronter concrètement sa maladie. Si l'on veut que la réhabilitation soit un plein succès, il faut être prêt à «se donner» sans réserves. La plupart des programmes de réhabilitation en clinique comprennent - outre le suivi médical - des séances d'entraînement et de détente (par exemple des exercices d'endurance : marche et jogging en terrain accidenté, natation, ski de fond, etc.). L'aspect théorique n'est pas négligé, et l'on a droit à de nombreuses séances d'information et à des discussions de groupe sur les comportements à risques, sur l'alimentation, etc.
Si une réhabilitation en clinique s'avère indispensable, elle est normalement prise en charge par l'assurance maladie.

Le programme et les buts des groupes ambulatoires de coronariens
Une ou deux fois par semaine, des groupes de dix à quinze patients se réunissent sous la direction d'un physiothérapeute ou d'un professeur d'éducation physique pour faire des exercices en salle. Un médecin est présent pour surveiller ces séances ; c'est un spécialiste de la réanimation et il dispose de tout le matériel requis. Etabli en fonction des besoins, le programme de rééducation physique comporte de la gymnastique, du fond, du vélo stationnaire, des jeux d'adresse, des jeux de balle, de la natation et des exercices de relaxation (training autogène ou autres méthodes analogues). En gros, les buts de la réhabilitation ambulatoire sont les suivants :

Le travail en groupe permet aux participants d'être motivés, de continuer à s'accorder régulièrement du mouvement, et aussi de partager une joie de vivre renouvelée. Mais les rencontres de coronariens ne doivent en aucun cas tourner aux démonstrations de bravoure !
Ces activités ne sont normalement pas remboursées par les assurances maladie ; néanmoins, la plupart d'entre elles couvrent ces frais pendant un certain temps pour les patients qui ont renoncé à une cure dans un établissement spécialisé.

Conditions de participation et inscription
Avant de s'inscrire à un groupe ambulatoire ou pour une cure en clinique, le patient a tout intérêt à en parler avec son médecin au terme de son hospitalisation : c'est à ce moment-là qu'on dispose de toutes les informations utiles. Les conditions de participation à un stage de réhabilitation active sont les suivantes :

Les coordonnées des divers groupes sont disponibles auprès des hôpitaux régionaux et des centres de réhabilitation. Vous pouvez également vous les procurer en vous adressant à la Fondation Suisse de Cardiologie, Schwarztorstrasse 18, case postale 368, 3000 Berne 14 ou au secrétariat du Groupe Suisse de travail pour la réadaptation cardiaque, Clinique de Genolier, 1261 Genolier

Que puis-je faire d'utile ?

Ne fumez pas
Si vous voulez ménager votre système cardio-vasculaire, il est essentiel de ne pas fumer. Si ce n'est pas encore fait, arrêtez ! Cela en vaut la peine, même pour les fumeurs de longue date : en effet, le risque diminue progressivement dès l'arrêt du tabagisme.
Rappelons ici que l'infarctus du myocarde est beaucoup plus dangereux pour les fumeurs que pour les non-fumeurs. Dans les 48 heures qui suivent l'infarctus, les fumeurs présentent deux fois plus de complications graves. En continuant à fumer après un infarctus du myocarde, on double le risque de récidive.
Il existe toutes sortes de méthodes pour arrêter de fumer ; leur succès varie en fonction du type de personnalité du fumeur. Le sevrage est toujours un peu difficile, mais on dispose maintenant de moyens permettant de gommer les symptômes désagréables de la désintoxication. La réussite est pratiquement assurée pour les fumeurs qui acceptent d'être soutenus dans leur démarche par des parents, des amis, un groupe d'entraide ou un professionnel de la santé.

Alimentez-vous correctement
Aussi grave que la fumée : l'excès de cholestérol (graisses) est un des éléments clés du développement de l'artériosclérose. Une goutte de sang prélevée dans une veine ou au bout du doigt permet maintenant de déterminer le taux de cholestérol. Le taux idéal est de 200 mg/ dl au moins. Des valeurs plus élevées provoquent déjà un risque.
Pour la plupart d'entre nous, une alimentation équilibrée correspond aux normes suivantes : le principe de base est d'ingérer moins de calories (c'est-à-dire de perdre du poids en cas d'obésité), moins de graisses (au maximum 25%-30% des calories devraient provenir de graisses ou d'huiles), limiter les aliments contenant du cholestérol (p. ex. jaune d'œuf, cervelle, abats). On privilégiera les produits à base de céréales ainsi que les fruits et légumes - en gros, tout ce qui pousse au jardin. Le tableau de la page suivante vous donne des indications sur le mode d'alimentation que vous feriez bien d'adopter.

Que manger et boire ?

Produits

à privilégier  à restreindre  à éviter
lait lait maigre ou drink, boisson lactées, lait complet boissons au laitcomplet sucrées
produits laitiers yoghourt nature ,light ou fit, kéfir nature, séré maigre, fromage blanc allégé, fromage de moins de 35% de matière grasse yoghourt complet, boissons au lait allégé sucrées, yoghourt allégé sucré, séré gras, fromage de 35% et davantage de matière grasse yoghourt complet sucré, crèmes au lait complet sucrées, toutes les sortes de crèmes, séré à la crème, fromage double  crème
viande viande maigre, tartare,
viande séchée
viande entremêlée, saucisses et charcuteries light viande grasse, lard, salami, charcuterie, saucisses, terrines
volaille poulet et dinde, sans la peau   poulet et dinde avec la peau, canard et oie
poisson cabillaud, sole, flet, brochet, sandre, merlan, perche saumon, thon frais, carpe poisson à l’huile, hareng, anguille, fritures, fruits de mer
oeufs blanc d’œuf œuf entier jaune d’œuf
légumineuses petits pois, haricots, lentilles, tofu pousse de soja  
fruits tous les fruits et baies fruits secs conserves de fruits sucrées
légumes tous les légumes et salades,  cuisinés avec peu de matières grasses conserves de légumes salées avocat, olives
noix     toutes les noix et akènes
champignons tous les champignons (frais ou séchés) conserves de champignon salées  
pommes de terre pommes de terre bouillies en robe des champs, en purée, cuisinées sans matières grasses pommes de terre en purée et en salades cuisinées avec peu de matières grasses pommes frites, röstis, pommes de terre rôties, croquettes
pain pain complet pain blanc feuilletés, pâtisseries
céréales toutes les céréales complètes, riz complet, pâtes complètes riz blanc, flocons et mueslis sucrés barres au muesli et aux céréales
huiles et graisses huile de tournesol, de carthame, de colza, de germe de maïs, d’olive huile d’arachide, de soja, mayonnaise light, margarine allégée mayonnaise, margarine, beurre, saindoux, graisse de coco
sucres et douceurs édulcorants artificiels sucre, confitures, miel, sorbets chocolat, bonbons, pâtisseries, sucreries, crèmes glacées
boissons eau minérale, thé, boissons light jus de fruit, jus de légume, bière, vin boissons sucrées (limonades, thé froid, boissons énergétiques), liqueurs, eaux de vie, apéritifs

 

Quant aux dix «commandements» ci-dessous, il vous garantissent une alimentation raisonnable et néanmoins savoureuse.
  1. Varier son alimentation
  2. Revenir à un poids normal en adaptant l'apport calorique
  3. Prendre des repas moins copieux mais plus fréquents
  4. Absorber suffisamment de protéines
  5. Limiter la consommation de graisses saturées et les remplacer par des acides gras essentiels
  6. Renoncer aux aliments riches en cholestérol
  7. S'assurer un apport suffisant en fibres (on les trouve dans les céréales, les fruits et les légumes)
  8. Préparer correctement les mets
  9. Saler et sucrer avec modération
  10. Modérer sa consommation d'alcool

 

 

S'accorder du mouvement, c'est se faire du bien
Durant votre hospitalisation déjà, on va essayer d'améliorer votre résistance physique. L'objectif à court terme est d'augmenter votre endurance de sorte que vous puissiez reprendre vos activités. C'est ce à quoi parviennent, après trois mois, plus de 85% des personnes qui ont fait un infarctus sans complications.
A part les exercices de gymnastique sous la conduite d'un moniteur compétent, c'est la marche qui est une des meilleurs activités physiques. Une fois rentré à la maison, il vous faut absolument continuer à bouger.
En sortant de l'hôpital, vous pourrez déjà, pendant la première semaine, faire matin et soir une promenade d'un kilomètre en marchant tranquillement. Cela vous prendra 20 minutes à chaque fois. Chaque semaine, vous pouvez additionner un kilomètre de plus et, dès la troisième semaine, accélérer le pas. Après six semaines, vous devriez pouvoir marcher une heure matin et soir. Veillez à ne pas sortir de trop bon matin (surtout s'il fait froid) et à faire une sieste après les repas.
Souvenez-vous également d'un principe très important : votre pouls ne devrait en principe jamais aller au-delà de 120/min. , ni dépasser de plus de 20 votre rythme normal. Pour définir plus précisément ces données, vous ferez un ECG (électrocardiogramme) d'effort. Cet examen permet au médecin de vous indiquer quel est votre fréquence personnelle lors de l'effort. Veillez à ce que les efforts que vous faites n'entraînent pas de douleurs. Si des douleurs devaient se manifester, consultez immédiatement votre médecin traitant. On recommande également d'avoir toujours sur soi un médicament d'urgence (il s'agit en général de nitroglycérine).

La reprise de l'activité sexuelle
D'innombrables études ont démontré que l'effort physique et la charge émotionnelle propres aux relations sexuelles accélèrent le rythme cardiaque et respiratoire, ce qui fait grimper la tension artérielle. En fait, il ne s'agit là que d'un effort relativement modéré. Autrement dit, si vous pouvez gravir les escaliers sans peine ou faire d'un bon pas le tour d'un pâté de maisons, vous pouvez - et devez ! - reprendre vos relations sexuelles comme vous en aviez l'habitude.
Certains patients présentent des problèmes d'érection ou d'éjaculation après un infarctus et n'osent pas en parler à leur médecin. C'est dommage, car cela peut tomber sur le moral et perturber la relation de couple. Des éléments psychiques peuvent entrer en compte - comme l'anxiété ou la peur de se trouver en défaut - mais aussi les médicaments prescrits. Si vous rencontrez ce genre de problème, parlez-en ouvertement à votre médecin : parfois, il suffit de substituer un médicament à un autre pour que tout rentre dans l'ordre.

Gérer le stress
L'épreuve par laquelle vous avez passé est aussi une chance : celle de reconsidérer votre style de vie. Et il s'agit surtout d'apprendre à connaître ses limites, de savoir établir un bon équilibre entre les obligations professionnelles et la vie privée, de s'accorder des moments de détente et de loisirs. Bien sûr, on ne pourra jamais éliminer toutes les causes de stress. De plus, il serait vain de vouloir changer de personnalité.
L'important, c'est d'apprendre à mieux gérer son stress. A cet effet, il existe des méthodes de relaxation et d'autres solutions dont on vous parlera au cours de votre réhabilitation. Il y a cinq règles principales pour vaincre le stress :

  1. Prendre totalement conscience de son mode de vie
  2. Tenir compte de son état de santé (et donc bien connaître ses limites) pour définir les performances qu'on veut réaliser
  3. S'accorder suffisamment de loisirs
  4. Découvrir le calme et la tranquillité
  5. Exercer des activités physiques (faire confiance à son corps, à toute sa personne)

Exploitez le potentiel de la médecine moderne
Cette brochure vous a ouvert des pistes : vous avez pu vous faire une idée de la manière dont vous allez pouvoir contribuer à votre complet rétablissement. Mettez le même enthousiasme à suivre les thérapies que vous prescrira votre médecin. Cela signifie : prendre vos médicaments comme il se doit, traiter votre diabète si c'est le cas bref, faire preuve d'une bonne observance thérapeutique. Et, plus important que tout : vous êtes maintenant motivé non par la peur de devoir changer vos habitudes, mais par les perspectives d'une nouvelle qualité de vie !

Ce qu'il faut encore savoir
• Puis-je consommer de l'alcool ?
Il n'y a aucune raison de renoncer à une consommation raisonnable. Toutefois, abstenez-vous de boire des alcools forts. Et souvenez-vous que l'alcool n'est pas un médicament...
• Puis-je boire du café ?
La caféine présente dans le café exerce une légère stimulation cardiaque. C'est également valable pour le thé et les boissons au cola. Vous pouvez boire du café en quantités raisonnables à moins que votre médecin ne vous indique le contraire.

Quelques données sur les médicaments les plus fréquemment utilisés

La plupart des victimes d'un infarctus doivent s'astreindre, parfois pendant tout le reste de leur vie, à la prise régulière de certains médicaments.
Les plus fréquemment utilisés sont les suivants :

Les préparations aux nitrates aident l'organisme à couvrir les besoins enoxygène du muscle cardiaque. Elles sont généralement prévues pour des urgences sous forme de capsule, de spray ou de tablette à sucer. Il arrive qu'on les prescrive sous forme de patchs.
Les inhibiteurs de l'activité des plaquettes sanguines comme l'acide acétylsalicylique (ASS) mieux connu sous le nom d'aspirine, empêchent les plaquettes sanguines de s'agglomérer pour former un caillot susceptible d'obturer une artère coronaire. On les prescrit souvent à long terme après un infarctus du myocarde ou une opération du cœur.
Les anticoagulants abaissent considérablement les capacités de coagulation du sang. Ils s'imposent à long terme après un infarctus grave ou en présence de certains troubles du rythme cardiaque.
Les bêtabloquants ralentissent la fréquence cardiaque et la tension artérielle. Ils contribuent à mieux rentabiliser le travail du cœur.
Les inhibiteurs de l'enzyme de conversion aident le cœur à retrouver sa force après un gros infarctus, et ils abaissent la tension artérielle.
Les antagonistes du calcium peuvent contribuer à éviter de nouvelles altérations artérielles, et ils abaissent aussi la tension artérielle.
Les anti-arythmiques sont utilisés lors de certaines irrégularités du rythme cardiaque, de sorte à équilibrer la fréquence.
Les hypolipémiants sont prescrits en cas de troubles du métabolisme des graisses (taux excessif de cholestérol) si un régime ne suffit pas à régler le problème.

Votre médecin traitant définira quels médicaments il vous faut et vous expliquera comment les prendre. De votre discipline thérapeutique dépendra pour une bonne part la réussite du traitement !

• Puis-je voyager ?
A priori, sans aucune limitation. Simplement, évitez les déplacements en avion pendant le mois qui suit l'infarctus. De plus, les très longs voyages fatigants, les grosses chaleurs et les bagages excessivement lourds ne sont pas recommandés.
• Puis-je conduire ?
Pendant trois à quatre semaines après votre retour à domicile, évitez le stress de la conduite automobile. Passé ce délai, vous pouvez vous y remettre tranquillement.
Tous les cas diffèrent ! Discutez donc de votre situation personnelle avec votre médecin. Vous conviendrez ensemble des limites à ne pas franchir, en fonction de votre état.

La Fondation Suisse de Cardiologie remercie Bayer (Schweiz) AG
pour le généreux financement de la réédition de cette brochure.

Cette brochure vous est offerte par la Fondation Suisse de Cardiologie. La Fondation de Cardiologie s'efforce de publier régulièrement des informations à l'intention des bien-portants et des patients, pour leur présenter en toute objectivité les problèmes cardiaques et circulatoires, ainsi que leur prévention et leur traitement. De plus, la Fondation Suisse de Cardiologie soutient des projets scientifiques dans le domaine des maladies cardiovasculaires. Ces deux activités exigent des sommes d'argent considérables chaque année. Par un don, vous nous aiderez à poursuivre notre activité pour le bien des malades cardiaques et de la population en général. Nous vous remercions cordialement de votre aide.

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