L'hypertension artérielle
Brochure d'information à l'intention du patient offerte
par la Fondation Suisse de Cardiologie

Introduction

Votre médecin a diagnostiqué chez vous une hypertension artérielle (tension artérielle excessive). C'est d'ailleurs le diagnostic le plus couramment posé lors d'une consultation médicale. En Suisse, près d'un adulte sur sept est hypertendu - cela représente quelque 500 000 personnes, hommes et femmes. Un tiers des personnes concernées ignorent tout de cette menace insidieuse parce qu'elles ne font pas contrôler régulièrement leur tension. Un autre tiers d'entre elles, bien que parfaitement renseignées, ne prennent pas assez au sérieux les avertissements et les recommandations de leur médecin.
En soi, l'hypertension n'est pas une maladie. Pas étonnant, donc, qu'on ne se sente pas malade, d'autant plus qu'on ne ressent aucune douleur. Il ne faut tout de même pas prendre le diagnostic à la légère, mais écouter scrupuleusement les conseils du médecin. En effet, l'hypertension est un des principaux facteurs de risque de graves affections cardio-vasculaires comme la maladie coronarienne (angine de poitrine, infarctus du myocarde), l'attaque cérébrale, l'insuffisance cardiaque, la dégradation de la circulation sanguine dans les jambes et certains troubles visuels.
Comparés aux gens qui bénéficient d'une tension artérielle normale, les hypertendus non traités sont deux à dix fois plus nombreux à être victimes d'une attaque cérébrale, d'un infarctus ou d'une insuffisance cardiaque - autant de vilains accidents qui peuvent entraîner de lourds handicaps, voire la mort précoce. En revanche, si l'on traite correctement l'hypertension, on réduit considérablement les risques.
Cette brochure vous décrit dans un langage accessible les multiples facettes de l'hypertension. Elle répond aux questions les plus courantes à ce sujet et vous aide à mieux comprendre le traitement que vous suivez, et à contribuer activement à sa réussite.

Pour que le sang circule, il faut une certaine pression

On ne pourrait pas vivre sans tension artérielle, mais trop serait nuisible. Pour pouvoir parcourir les artères qui l'amènent à tous les organes et tissus de l'organisme (muscles, peau, etc.), le sang doit être sous pression. C'est le muscle cardiaque qui fait office de pompe. Il donne simultanément le rythme et la pression. La tension maximale se produit dans les artères quand le cœur se contracte pour propulser le sang. On appelle cette tension maximale la tension systolique. Elle reflète l'effort de pompage du cœur (figure 1).
Après cette phase, la tension ne peut continuer à exister que si les artères exercent une certaine résistance. Donc, pendant la courte pause qui se produit entre deux mouvements de pompage du cœur, les parois des artères, grâce à leur élasticité, conservent une certaine tension qui permet au sang de continuer à circuler. Tandis que le cœur se remplit, les artères présentent une tension moindre que celle qui existait lors de l'expulsion. On appelle cette tension minimale la tension diastolique. Elle reflète la résistance que le sang rencontre dans les ramifications terminales des artères, les artérioles (figure 1).

Figure 1 : La circulation sanguine dans le cœur
Quand le muscle cardiaque se contracte (systole), la tension est à son maximum (pression systolique). Quand le muscle cardiaque se relâche pour se remplir de sang (diastole), la tension est à son minimum (pression diastolique).

La tension artérielle varie

L'une des particularités - d'ailleurs parfaitement normale - de la tension artérielle, c'est sa variation tout au long de la journée (on parle de variation circadienne, ce qui signifie «tour d'un jours», 24 heures). La tension augmente le matin au lever, baisse un peu vers midi pour une heure ou deux, recommence à monter en fin d'après-midi, pour enfin diminuer pendant le sommeil à des valeurs qui peuvent être jusqu'à 15% moindres que pendant la journée. A ces variations circadiennes viennent s'ajouter d'autres facteurs physiques, intellectuels et psychiques. La peur, les soucis, les stimuli professionnels ou familiaux, un intense travail intellectuel, le bruit, la douleur et les activités physiques sont autant d'éléments qui contribuent à augmenter la tension artérielle de manière transitoire (figure 2).

La régulation de la tension artérielle est un processus délicat

La tension artérielle et ses variations sont gérées par le système nerveux végétatif. C'est un système autonome (non soumis à la volonté) qui travaille au moyen de deux leviers. Les nerfs sympathiques incitent énergiquement le système cardio-vasculaire à augmenter son activité tandis que les nerfs parasympathiques, eux, veillent plutôt à lui envoyer des messages qui le calment. A part le système nerveux, d'autres paramètres contribuent à régler le contrôle de la tension artérielle. Les reins, par exemple, jouent un rôle prépondérant. Comme ce sont eux qui se chargent notamment du processus d'élimination de l'eau et du sel, ils peuvent faire monter ou baisser la tension artérielle en modifiant le volume de sang disponible. En outre, ils sécrètent une substance appelée rénine qui exerce un effet hypertenseur. L'hypertension se manifeste quand toute cette mécanique extrêmement sophistiquée se dérègle.

Quand peut-on parler d'hypertension ?

On parle d'hypertension artérielle lorsque la tension artérielle est égale ou supérieure à 140/90 mm Hg de manière soutenue (figure 3). Toutefois, pour diagnostiquer l'hypertension, une seule mesure isolée de la tension ne suffit pas. On ne parle d'hypertension artérielle que quand on a pu mesurer au moins à trois reprises pendant quelques semaines consécutives une valeur systolique égale ou supérieure à 140 mm Hg, et une valeur diastolique égale ou supérieure à 90 mm Hg. Ces valeurs sont exprimées en millimètres de mercure (mm Hg), que l'on visualise par la hauteur du mercure dans une colonne verticale. Il n'y a donc hypertension que si l'on dépasse l'une ou l'autre de ces valeurs, ou les deux ensemble. Une hypertension systolique isolée est surtout fréquente chez les personnes âgées.

Figure 2: La mesure ambulatoire de la tension artérielle sur 24 heures
Pendant 24 heures, on contrôle la tension artérielle à intervalles réguliers. Dans le cas présent, on a enregistré une tension moyenne de 138/87 mm Hg durant la journée (phase active) et de 117/79 mm Hg pendant la nuit (phase de repos). Les valeurs limites de la tension systolique et diastolique sont indiquées par une ligne horizontale, Tout en bas (ligne pointillée bleue), on voit la fréquence du pouls (donnée en pulsions par minute).

L'hypertension est le plus souvent de cause inconnue

Chez plus de 90% des hypertendus, on ne découvre aucune cause à l'hypertension artérielle. On parle alors d'hypertension primaire ou essentielle. Pour la majorité des patients, plusieurs facteurs se conjuguent mutuellement pour produire finalement cette hypertension primaire. Les facteurs déclenchants sont multiples. Il y a ceux qui sont maîtrisables comme l'obésité, une alimentation mal équilibrée, une consommation excessive de sel ou d'alcool, la sédentarité (manque de mouvement) et le stress. D'autres facteurs ne sont pas contrôlables comme l'hérédité et l'âge. En général la tension artérielle augmente à partir de l'âge de 35 ans. Chez les femmes, la tension artérielle n'augmente souvent qu'à partir de la cinquantaine, soit au début de la ménopause.
Dans un cas sur vingt seulement, on peut identifier une cause bien précise de l'hypertension. On parle alors d'hypertension secondaire. C'est un phénomène assez rare dû la plupart du temps à des affections ou à des troubles de l'irrigation rénale, ou parfois à certaines maladies cardiovasculaires ou à des dérèglements hormonaux. Dans certains cas, le traitement de ces affections permet de guérir l'hypertension.

L'hypertension est une «maladie silencieuse»

L'hypertension artérielle est une «maladie silencieuse» et c'est en cela qu'elle est dangereuse. La plupart des sujets ne ressentent aucun symptôme troublant ou dérangeant, alors même que l'hypertension est en train d'abîmer leurs artères, de solliciter excessivement leurs organes et d'augmenter considérablement les risques de complications. En cas d'hypertension sévère, se manifestent parfois des symptômes comme des maux de tête, des troubles de la vue, une certaine fatigue ou des acouphènes (tintements dans les oreilles). Mais ce sont là autant de manifestations qui peuvent tout aussi bien avoir une autre origine. Sans thérapie sérieuse et ciblée, l'hypertension artérielle peut entraîner, à terme, des dégâts plus ou moins graves (figure 4).

Figure 3 : Classification de l'hypertension
On distingue plusieurs degrés de gravité en fonction des valeurs de la tension artérielle.

Les dangers de l'hypertension

Les artères soumises à une tension excessive s'épaississent et durcissent, ce qui favorise le développement de l'athérosclérose. Une fois le diamètre interne des artères réduit à cause des dépôts artériosclérotiques, on risque une thrombose, c'est-à-dire l'obstruction d'une artère par un caillot. Si cela se produit dans une artère cérébrale, le résultat est une apoplexie (ou attaque cérébrale). Si cela se produit dans une artère coronaire, le résultat en est un infarctus du myocarde. Ce phénomène peut aussi se produire dans les artères des jambes, en particulier chez les fumeurs. On parlera alors de la maladie artérielle occlusive périphérique, qui peut causer de vives douleurs lors de la marche (claudication intermittente ou «jambe du fumeurs»). Enfin, si l'hypertension suscite des troubles de l'irrigation, voire l'obstruction des artères rétiniennes, elle peut entraîner de sérieux troubles visuels.
L'hypertension peut aussi causer des dommages aux reins. Lorsque les reins sont endommagés, on trouvera alors trop de protéines dans les urines. Avec le temps, les petits filtres rénaux ou glomérules vont mourir les uns après les autres, se muant en cicatrices inutiles. Dès ce moment, les reins rempliront de moins en moins bien leur rôle de filtres, jusqu'à devenir incapables d'assurer le processus d'élimination. C'est l'insuffisance rénale.
Insuffisamment ou pas traitée, l'hypertension oblige le ventricule gauche (qui est la partie du cœur plus particulièrement chargée du pompage) à propulser le sang avec une force accrue, puisque les artérioles opposent une résistance toujours plus grande au flux sanguin. Le muscle cardiaque s'adapte donc à cet effort supplémentaire en épaississant sa paroi musculaire et en se relâchant moins bien, ce qui entrave le bon remplissage des ventricules lors de la phase de repos. Un examen aux ultrasons permet de diagnostiquer l'hypertrophie du ventricule gauche. Un traitement anti-hypertenseur permet à l'hypertrophie de se résorber. En revanche, en l'absence de traitement, il faut s'attendre à voir la paroi cardiaque se renforcer et les cavités ventriculaires s'agrandir, de sorte que, pour finir, le cœur ne pourra fournir que des quantités de sang insuffisantes aux artères. C'est là ce qu'on appelle l'insuffisance cardiaque. Ses victimes ont le souffle court, sont vite fatiguées et ont les pieds enflés.
Figures 4 : Les points auxquels s'attaque l'hypertension
Une hypertension non traitée peut entraver sérieusement la santé des vaisseaux et des organes indiqués.

Suivre un bon traitement, c'est éviter des complications

Dans les cas d'hypertension secondaire où l'on est en mesure d'identifier une maladie causale, un traitement médical approprié permet parfois une guérison complète. Par exemple, s'il existe une sténose (rétrécissement du diamètre intérieur) des artères rénales, on peut procéder à leur dilatation par ballonnet. S'il s'agit d'une tumeur qui produit en surabondance des hormones favorisant l'hypertension, on retrouvera parfois une tension artérielle normale après ablation de la tumeur.
En cas d'hypertension primaire - et c'est le cas de figure le plus répandu - la chirurgie n'entre pas en compte. Les mesures thérapeutiques s'axent sur la modification du style de vie et sur les médicaments anti-hypertenseurs. Si vous présentez une hypertension (légère ou moyenne), votre médecin peut commencer par essayer de normaliser votre tension en optimisant votre mode de vie et en excluant partiellement ou totalement les facteurs de risque. Mais là, rien ne peut se faire sans votre entière collaboration !

Changer de mode de vie
Lutter contre l'obésité. Si votre pèse-personne dénonce un excès pondéral, vous devriez perdre des kilos en optant pour une alimentation moins généreuse en calories, mais aussi vous accorder un peu d'exercice physique. Pour définir le poids à ne pas dépasser, on se fie à l'indice de masse corporelle (IMC), qui ne doit en aucun cas dépasser 25. Comment calculer votre IMC ? C'est simple: divisez votre poids (formulé en kilos) par votre taille (formulée en mètres, par exemple 1,70 mètres), puis divisez encore une fois le résultat par votre taille. Perdre du poids permet en général de mieux contrôler la tension artérielle et parfois de diminuer le traitement médicamenteux.
Limiter l’apport de sel. Certains sujets hypertendus sont sensibles au sel, c'est-à-dire que leur tension varie en fonction de l'apport de sel. Dans ce cas, une réduction de la consommation de sel entraîne une légère baisse de la tension. Limitez votre consommation de sel à 5-6 g maximum par jour, ce qui correspond à 2-2,4 g du sodium qui se trouve dans le sel de cuisine, et qui est justement un élément hypertenseur (1 g de sel de cuisine = 0,4 g de sodium). Cette quantité représente encore le triple des besoins physiologiques réels. Évitez au maximum les mets riches en sel ainsi que les plats précuisinés, qui contiennent toujours beaucoup de sodium (soupes et sauces en sachets, préparations surgelées à réchauffer, poudres effervescentes et levures chimiques, puddings, conserves). Si vous buvez beaucoup d'eau minérale, portez votre choix sur un produit contenant moins de 150 mg de sodium par litre. Et n'oubliez pas qu'il existe des sels sans sodium qui ont beaucoup de saveur.
Veiller à l'apport de calcium. Selon les toutes dernières recherches, on trouve moins d'hypertendus dans les pays où l'on consomme beaucoup de calcium. Faites la part belle aux produits laitiers allégés (yaourts, séré, fromage blanc), sans oublier les fruits et les légumes frais.
Modérer la consommation d'alcool. Les hommes hypertendus devraient limiter leur consommation d'alcool à 30 g par jour, ce qui correspond à 3 dl de vin ou à 7 dl de bière. Pour les femmes, la limite quotidienne est un peu plus basse, soit 20 g, c'est-à-dire à peu près 2 dl de vin ou 5 dl de bière. Consommé en excès, l'alcool augmente la tension artérielle et souvent la fréquence cardiaque.
S'accorder du mouvement. L'exercice physique devrait devenir l'une des composantes régulières de votre quotidien. Les activités d'endurance sont particulièrement recommandées (p. ex. marche rapide, jogging, natation, ski de fond), et cela 30 minutes par jour ou trois fois une heure par semaine. On
voit souvent la tension systolique baisser de 10 mm Hg. Avant de définir leurs activités physiques, les sujets cardiaques devraient commencer par tester leur résistance en faisant un électrocardiogramme d'effort.
Bannir le stress. A terme, le stress contribue à faire grimper la tension artérielle. Si vous changez de style de vie, profitez-en pour réduire le stress à un minimum. Vous pouvez apprendre à vous détendre en pratiquant des exercices de maîtrise respiratoire, de yoga, de training autogène ou de relaxation musculaire progressive.
Renoncer à fumer. Si la fumée n'influence que peu la tension artérielle, elle favorise en revanche l'artériosclérose et augmente considérablement le risque de formation de caillot dans les artères dénaturées. Ne sous-estimons pas le risque d'infarctus du myocarde, d'attaque cérébrale et d'occlusion des artères des jambes. Tous vos efforts pour réduire les risques d'hypertension seront inutiles si vous continuez à fumer.
Faire baisser le taux de cholestérol et traiter le diabète. L'excès de cholestérol et le diabète sont des facteurs de risque qui réclament un traitement rigoureux. Il faut opter pour une alimentation pauvre en graisses, en cholestérol et en sucres, éventuellement en plus de la prise de médicaments anti-cholestérol ou anti-diabétiques.
Remplacer la pilule. Si vous utilisez la pilule anticonceptionnelle, discutez avec votre médecin de la possibilité d'adopter une autre méthode contraceptive.

Les médicaments anti-hypertenseurs
Le but du traitement de l'hypertension est de ramener la tension artérielle à des valeurs normales se situant au-dessous de 140/90 mm Hg, idéalement à 135/85 mm Hg ou au-dessous. Si vous n'avez pas atteint cet objectif après quelques mois simplement en changeant de mode de vie, le médecin vous prescrira une médication. Si vous présentez une hypertension sévère, on vous prescrira en principe un médicament dès le début du traitement.
Les médicaments anti-hypertenseurs permettent de normaliser la tension artérielle - pour autant qu'ils soient pris régulièrement. Mais, ils ne permettent pas de guérir l'hypertension artérielle une fois pour toutes. Autrement dit, vous allez devoir prendre ces médicaments à vie.
Il existe diverses sortes de médicaments anti-hypertenseurs qui agissent sur différents facteurs de régulation de la tension artérielle. On commence en général par prescrire un médicament contenant une seule substance active (monothérapie). Si, après un certain laps de temps, il ne permet pas d'obtenir une baisse suffisante ou provoque des effets indésirables, on optera pour une préparation représentative d'un autre groupe de substances actives.
Pour presque une personne sur deux, la prise d'un médicament unique ne permet pas une baisse de tension suffisante. Ce n'est alors qu'en combinant deux substances actives, agissant chacune sur un facteur précis de régulation, que l'on parvient à normaliser la tension artérielle. En choisissant la combinaison médicamenteuse, le médecin veille à ce que les éventuels effets indésirables propre à chaque produit s'atténuent ou s'annulent réciproquement. Il existe de nombreuses préparations qui combinent deux substances actives dans un seul comprimé (combinaisons médicamenteuses).
Hormis le fait de voir des chiffres moins élevés sur la colonne de mercure, vous ne constaterez pas immédiatement les effets positifs de la baisse de votre tension artérielle. Mais, à long terme, un traitement conséquent contribue efficacement à prévenir beaucoup de maladies telles que l'infarctus, l'attaque cérébrale ou l'insuffisance rénale.

Les médicaments les plus prescrits

Les diurétiques. Ils aident les reins à éliminer surtout le sodium et l’eau. L’abaissement du volume de sang circulant et la diminution de la résistance opposées par les artérioles fait baisser la tension artérielle.

Les bêtabloquants. Les nerfs sympathiques (qui font partie du système nerveux végétatifs) régissent le rythme et le débit cardiaques. Généralement, ce sont des raisons psychiques (soucis, tensions, etc.) qui stimulent les nerfs sympathiques, suscitant indirectement une hausse de tension. les bêtabloquants bloquent certains effets cardiaques et périphériques de la noradrénaline. Par ce biais, ils diminuent le rythme cardiaque et baissent la tension artérielle.

Les antagonistes du calcium. Dans l’hypertension primaire, les ramifications terminales des artères (les artérioles) sont contractées. Les antagonistes du calcium réduisent l’apport de calcium aux cellules musculaires des parois des artérioles. Il s’ensuit une relaxation de ces cellules, ce qui permet aux artérioles de se dilater et à la tension artérielle de baisser.

Les inhibiteurs de l’enzyme de conversion (ACE) et les antagonistes de l’angiotensine II. Le système rénine-angiotensine-aldostérone est un système hormonal complexe qui joue un rôle déterminant dans la régulation de la tension artérielle. La rénine est une hormone sécrétée par les reins. Une fois parvenue dans le sang, elle suscite la formation de l’angiotensine I. Une autre enzyme, l’enzyme de conversion de l’angiotensine (en anglais : Angiotensin Converting Enzyme, d’où l’abréviation ACE) transforme alors l’angiotensine I en angiotensine II. Or, l’angiotensine II incite les artérioles à se contracter, donc à opposer davantage de résistance à la circulation du sang et à faire augmenter la tension artérielle. En outre, l’angiotensine II stimule la sécrétion d’aldostérone par les glandes surrénales. L’aldostérone est une autre hormone qui favorise la rétention du sel par les reins, et par conséquent augmente la volume sanguin et la tension artérielle. Les inhibiteurs ACE inhibent la formation de l’angiotensine II. Ces médicaments permettent aux artérioles de se dilater et ainsi de baisser la tension artérielle. Les antagonistes de l’angiotensine II n’empêchent pas la formation de l’angiotensine II, mais ils bloquent l’action de cette substance biologique. Pour cela, ils prennent la place de l’angiotensine II sur les récepteurs dans les parois des vaisseaux.

Questions et réponses

Qu'entend-on par «hypertension de cabinet» où «effet blouse blanche» ?
C'est une formulation aimablement humoristique pour désigner une hypertension tout à fait provisoire et infondée. Ce phénomène est dû à l'émotion que ressentent certains patients en se trouvant soudain plongés dans une atmosphère médicale. L'autocontrôle de la tension et les mesures enregistrées sur une longue période servent à distinguer une hypertension vraie d'une hypertension consultative, et donc à formuler un diagnostic sûr. Pour l'autocontrôle de la tension, le patient se sert d'un appareil (soit acheté dans le commerce soit fourni par le médecin) qui lui permet de mesurer lui-même sa tension à différentes heures, données qu'il retranscrira dans un carnet de contrôle. Pour mesurer la tension sur une journée entière, le médecin peut proposer au patient de porter à la ceinture un appareil préprogrammé qui enregistre la tension à intervalles réguliers. En analysant les mesures obtenues, on peut déterminer la valeur moyenne des tensions systolique et diastolique sur la journée. L'analyse de la tension sur 24 heures révèle le nombre de fois où la tension systolique dépasse 140 mm Hg et la tension diastolique 90 mm Hg. Le médecin se soucie également de savoir si la tension baisse comme il se doit pendant le sommeil.

Est-ce vrai que l'on se sert généralement de la «technique oscillométrique» pour mesurer la tension artérielle ? Qu'est-ce que cela veut dire ?
En consultation médicale ou en milieu hospitalier, on utilise encore souvent la méthode conventionnelle ou auscultatoire. Après avoir gonflé la manchette de pression, le médecin écoute les bruits des battements cardiaques avec son stéthoscope. La circulation sanguine produit du bruit dans l'artère brachiale (du bras) quand on relâche lentement la pression de l'air contenu dans la manchette. Le premier bruit qu'on entend indique la pression systolique, tandis que le dernier son audible indique la pression diastolique. Les chiffres correspondants se lisent sur une colonne de mercure, raison pour laquelle on exprime la tension artérielle en termes de millimètres de mercure (mm Hg). Il s'agit donc là de la méthode auscultatoire.
L'oscillométrie repose sur un autre principe sur lequel on a développé la plupart des appareils actuellement existants. Des microprocesseurs électroniques calculent les variations (oscillations) de tension produites par les ondes pulsées de la circulation sanguine. Comme cette méthode ne tient pas compte du facteur bruit, il n'y a pas besoin de stéthoscope ou de micro placé dans la manchette gonflable. Une fois la mesure terminée, on se contente tout simplement de lire les résultats (valeurs systolique, diastolique et pouls) sur un écran d'affichage. Bien sûr, ces appareils indiquent les résultats en mm Hg bien qu'ils ne contiennent pas de mercure. En cas de pouls extrêmement irrégulier, il est recommandé de faire mesurer la tension par le médecin.

Peut-on se fier à un appareil qui se fixe au poignet ?
Depuis peu, on trouve des tensiomètres qui se fixent au poignet et qui exploitent, eux aussi, la technique oscillométrique. Entièrement automatiques, ils comportent une petite manchette gonflable qui se détend dans les temps voulus. Certains appareils possèdent une manchette intégrée (Blood Pressure Watch). Utilisés correctement, ces engins sont assez fiables. En revanche, les appareils entièrement automatiques qui mesurent la tension et le pouls aux jointures des doigts affichent souvent des résultats erronés, par exemple si l'on ne maintient pas la main à hauteur du cœur ou si les artérioles sont contractées à cause du froid.

A quoi faut-il prendre garde quand on mesure soi-même sa tension artérielle ?
Il vaut la peine de prendre régulièrement sa tension soi-même pour pouvoir donner de précieux renseignements à son médecin quant à l'efficacité du traitement. L'idéal, c'est d'inscrire les données recueillies sur un carnet de contrôle sans omettre d'y ajouter d'utiles remarques comme les indispositions passagères, les vertiges, les troubles du sommeil, médicaments non administrés, ou encore les sollicitations physiques ou psychiques. De plus, il est important que vous preniez votre tension toujours au même poignet et aux mêmes heures, matin et soir. Abstenez-vous de fumer et de boire du café ou des boissons alcooliques avant la prise de tension. Ne procédez à cet examen qu'après vous être accordé une pause assise d'au moins cinq minutes dans un endroit calme. Veillez à maintenir votre poignet à hauteur du cœur si vous mesurez votre pression avec un appareil au poignet. Comparez vos résultats avec ceux que le médecin a obtenus. Enfin, faites étalonner régulièrement votre appareil (au moins une fois par an) par le fabricant ou le concessionnaire.

Les hypertendus doivent-ils éviter de pratiquer certains sports ?
En cas d'hypertension primaire, les artérioles sont contractées, ce qui augmente la tension dans l'ensemble du système circulatoire. L'activité physique suscite une dilatation des artérioles, puisque les muscles que l'on sollicite réclament davantage d'oxygène au sang. Les hypertendus ont donc tout intérêt à s'astreindre régulièrement (au moins 30 minutes par jour en moyenne) à des activités d'endurance comme la marche rapide, la randonnée en montagne, le jogging, le vélo, le ski de fond, la natation (dans le calme et dans une eau ni trop froide ni trop chaude), la danse. Ces activités impliquent l'intervention rythmée de grands groupes musculaires. Le pouls s'accélère sans pour autant que la tension artérielle augmente beaucoup. On évitera en revanche les activités sportives qui amènent les muscles à se tendre violemment - c'est-à-dire les sports de force comme l'haltérophilie -, car ces efforts ne sont pas liés à des mouvements réguliers et qui, en conséquence, provoquent une hausse subite de la tension artérielle.

Si on me prescrit un médicament, dois-je m'attendre à des effets indésirables ?
Au début du traitement la prise d'un médicament peut provoquer une baisse passagère des performances physiques ou intellectuelles quand la tension artérielle diminue rapidement. Fatigue, vertiges, troubles de la concentration sont donc des plaintes fréquentes en début de thérapie. Mais, en principe, comme l'organisme s'adapte rapidement à une tension plus basse, ces troubles s'estompent avec le temps. Les effets indésirables durables ne touchent en fait qu'une petite partie des personnes qui prennent un anti-hypertenseur. Il existe toutefois des effets indésirables propres à chaque type de médicaments et qui sont incontournables même en réduisant les doses. Un exemple : la toux irritative pénible mais tout à fait bénigne qui touche certaines personnes qui prennent des inhibiteurs ACE. Si la toux devient vraiment dérangeante, le médecin peut opter pour un autre médicament, par exemple un antagoniste de l'angiotensine II. Les effets cutanés (démangeaisons, éruptions) exigent que l'on change de médicaments. Les antagonistes du calcium peuvent éventuellement être à l'origine d'effets indésirables bénins (maux de tête, rougeurs du visage, jambes enflées, œdèmes aux pieds, constipation). La fatigue, les troubles de la libido, les mains et les pieds froids, comptent parmi les effets indésirables le plus souvent recensés des bêtabloquants. Un taux trop bas de potassium dans le sang les crises de goutte et les crampes sont des effets secondaires connus des diurétiques. Aujourd'hui, les antagonistes de l'angiotensine II constituent certainement la classe d'anti-hypertenseur la mieux tolérée.

En cas d'effets indésirables, puis-je interrompre le traitement ?
Lorsque surviennent des effets indésirables, le mieux, c'est d'en parler immédiatement à votre médecin. La plupart du temps, on arrive très bien à améliorer la tolérance, soit en diminuant les doses, soit en optant pour une autre préparation, soit encore en substituant une combinaison à la monothérapie existante. L'apparition d'un effet secondaire ne doit pas vous décourager de continuer votre traitement.

Puis-je me dispenser de prendre mes médicaments pendant le week-end et en vacances ?
Que vous consacriez vos vacances au sport, au farniente ou à la découverte, il est impératif que vous poursuiviez le traitement prescrit. En effet, dès qu'on interrompt le traitement, la tension artérielle remonte. Si vous voyagez en avion, gardez vos médicaments dans votre bagage à main, au cas - toujours possible - où les valises se perdraient. Si vous traversez plusieurs fuseaux horaires, demandez auparavant à votre médecin à quelles heures prendre vos médicaments pour compenser la perte ou le gain de temps.

Puis-je renoncer au traitement si je suis détendu ?
Les états nerveux extrêmes font grimper subitement la tension artérielle. C'est un phénomène normal qu'il ne faut pas confondre avec l'hypertension. Or, ce que le médecin a diagnostiqué chez vous, c’est bel et bien de l'hypertension. Cela signifie que votre tension est excessive la plupart du temps tant qu'elle n'est pas traitée médicamenteusement, que ce soit au repos ou dans les phases actives, que vous soyez énervé ou détendu. Voilà pourquoi vous ne devriez en aucun cas cesser de prendre vos médicaments même si vous vous sentez parfaitement bien. Car aussitôt que vous négligerez le traitement, votre tension artérielle remontera.

Vais-je devoir prendre des anti-hypertenseurs pendant longtemps ?
Il n'y a qu'un moyen d'éviter la dégradation des parois des artères et la sollicitation excessive du cœur, du cerveau et des reins : c'est de ramener la tension artérielle à des valeurs normales. En cas d'hypertension sévère, cela implique un traitement médicamenteux à long terme dans la mesure où les autres dispositions (alimentation plus équilibrée, perte de poids, réduction de la consommation de sel et d'alcool, maîtrise du stress) n’auraient pas suffi à ramener la tension à des valeurs de 135 et 85 mm Hg. Des changements au niveau du style de vie et l'élimination de facteurs de risque sont toujours bénéfiques : ils permettent bien souvent de réduire le traitement médicamenteux après quelque temps.

Les médicaments me posent des problèmes d'impuissance. Que faire ?
On sait que certains médicaments peuvent favoriser l'impuissance, mais certains autres facteurs sont concernés : l'âge, les dispositions psychiques, la consommation d'alcool, le tabagisme, les maladies concomitantes comme le diabète. Il faut aussi prendre en compte l'importance et la rapidité de la baisse de la tension, ainsi que le produit utilisé. A fortes doses, les bêtabloquants et les diurétiques, par exemple, suscitent plus souvent des manifestations d'impuissance que ne le font les antagonistes du calcium, les inhibiteurs ACE et les antagonistes de l'angiotensine II. N'hésitez pas à parler de vos problèmes d'impuissance à votre médecin. Si c'est le médicament qui est en cause, on peut éventuellement diminuer les doses ou le remplacer par une autre préparation.

Ma tension est-elle trop basse sous traitement ?
Il se peut que sous traitement, la tension artérielle devienne trop basse. Cela se manifestera par de vertiges au changement de position, une fatigue excessive et un manque d'entrain. Si vous présentez ces symptômes caractéristiques d'une hypotension orthostatique parlez-en à votre médecin pour qu'il adapte votre traitement. Une tension artérielle basse sans symptôme ne nécessite aucune adaptation de traitement tant qu'elle est bien tolérée.

A quels intervalles dois-je faire des contrôles médicaux ?
Tant que le traitement contre l'hypertension n'a pas permis de revenir à des valeurs normales de tension artérielle, il faut faire mesurer votre tension chez le médecin tous les mois ou tous les deux mois. Une fois que votre tension sera normalisée, vous pourrez en principe vous contenter de contrôles plus espacés. La fréquence des consultations dépend essentiellement des éventuelles maladies concomitantes.

Vous trouverez dans cette brochure un carnet personnel de contrôle de la tension artérielle destiné à recueillir les mesures que vous prenez vous-même. Reportez-y, dans les colonnes prévues à cet effet, la date et l’heure de la mesure, les valeurs systoliques et diastoliques enregistrées, ainsi que le pouls. Sous «remarque», indiquez d’éventuels événements ou indispositions passagères (par exemple les vertiges, les troubles du sommeil, médicaments non administrés, les sollicitations physiques ou psychiques). Lors de la prochaine consultation, présentez vos notes au médecin.

Vous pouvez obtenir gratuitement des exemplaires supplémentaires
de ce carnet auprès de la
Fondation Suisse de Cardiologie
«carnet de tension artérielle»
Case postale 368, 3000 Berne 14
Tél. pour commandes 031 388 80 83, fax 031 388 80 88
e-mail : info@herzstiftung.ch

Cette brochure a été réalisée en collaboration avec l'Association suisse contre l'hypertension.

Schweizerische
Vereinigung
gegen den
hohen Blutdruck
Association suisse
contre
l'hypertension

Associazione
svizzera contro
l'ipertensione
Associaziurn
svizra
cunter
l'ipertensiun

Nous remercions les spécialistes de l'Association de leur coopération et de leurs conseils. Notre gratitude va aussi à la maison MSD

MSD

Merck Sharp & Dohme-Chibret AG
Schaffhauserstrasse 136, 8152 Glattbrugg

dont le généreux soutien financier a permis la parution de cette brochure.

Cette brochure vous est offerte par la Fondation Suisse de Cardiologie. La Fondation de Cardiologie s'efforce de publier régulièrement des informations à l'intention des patients et des bien-portants pour leur présenter en toute objectivité les problèmes cardiaques et circulatoires, ainsi que leur prévention et leur traitement. De plus, la Fondation Suisse de Cardiologie soutient des projets scientifiques dans le domaine des maladies cardiovasculaires. Ces deux activités exigent des sommes d'argent considérables chaque année. Par un don, vous nous aiderez à poursuivre notre activité pour le bien des malades cardiaques et de la population en général. Nous vous remercions cordialement de votre aide.

Le label de qualité ZEWO garantit une affectation correcte
et désintéressée de vos dons à des fins d'utilité publique

Le ZEWO (Bureau central des œuvres de bienfaisance) confère ce label de qualité aux institutions d'utilité publique en Suisse qui respectent les directives strictes du ZEWO quant à la présentation des comptes, la gratuité et la transparence. Ce label de qualité est digne de confiance ; il vous protège contre le détournement de vos dons.

La Fondation Suisse de Cardiologie - reconnue d'utilité publique par le ZEWO

Fondation Suisse de Cardiologie
Schwarztorstrasse 18, 3000 Berne 14
Téléphone 031388 80 80, fax 031388 80 88
E-mail : info@herzstiftung.ch
Compte de chèques postaux 10-65-0




retour_zap.gif (5643 octets)home.gif (2082 octets)