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Consommation de tabac en Suisse: chiffres, faits, tendance et assistance
Fumer, en dépit des risques

Fumer, en dépit des risques : 15 milliards de volutes bleues

En 1997, pas moins de 14'873'000'000 cigarettes ont été fumées en Suisse, pour lesquelles les fumeurs ont dépensé plus de trois milliards de francs. Selon une étude comparative des pays européens menée en 1990, la Suisse se place dans le peloton de tête des fumeurs avec une consommation annuelle de plus de 2300 cigarettes par personne. Tous les pays voisins affichent un nombre de fumeurs inférieur à celui de la Suisse, où la part d'adeptes de l'herbe à Nicot a pourtant diminué de 20% en quinze ans - du milieu des années septante à la fin des années quatre-vingt. Il n'empêche que le nombre de cigarettes vendues ne s'est réduit que dans une faible proportion : si, par rapport aux années quatre-vingt, la Suisse compte moins de fumeurs, ceux-ci consomment plus de cigarettes.

Essor de la cigarette, premier produit en vogue chez les jeunes

Depuis le début des années nonante, la part de fumeurs en Suisse est restée pour ainsi dire constante, à un tiers de la population (27% des femmes et 38% des hommes). Tandis que le taux des consommateurs de tabac âgés de plus de 25 ans a quelque peu diminué, celui des jeunes - en particulier les 15-19 ans - a dramatiquement augmenté. C'est ce qui ressort de l'enquête suisse sur la santé menée en 1997. Entre 1992 et 1997, ce taux est passé de 29 à 41% chez les garçons de cette tranche d'âge et de 18 à 39% chez les filles du même âge. On observe la même tendance chez les écoliers : entre 1994 et 1998, la part de fumeurs réguliers (plus d'une cigarette par semaine) âgés de 15 ans a augmenté de plus de 10% chez les garçons et de plus de 5% chez les filles. Aujourd'hui, quelque 25% des écoliers âgés de 15 ans fument déjà au moins une fois par semaine.

Les fumeurs jouent à la roulette russe

Nul enfant n'ignore que la fumée est la cause de maladie et de décès et qu'elle favorise l'apparition de nombreux troubles. Toujours est-il qu'un tiers de la population helvétique fume. Autrement dit, nombreuses sont les personnes - et notamment les jeunes - qui adoptent un comportement nuisible à leur santé en toute connaissance de cause. Les fumeurs se voilent souvent la face en avançant des allégations telles que " Ça n'arrive qu'aux autres ! " ou "Tu fumes, tu ne fumes pas, tu meurs quand même!". Ils se justifient par des observations telles que "Mon grand-père a 75 ans, il fume depuis longtemps et s'en porte très bien." Il est vrai que tous les fumeurs ne meurent pas d'un cancer du poumon, d'un infarctus du myocarde ou d'une autre maladie liée au tabagisme. Il n'empêche qu'ils courent un risque de mourir prématurément beaucoup plus élevé que les non-fumeurs: près de la moitié des fumeurs réguliers meurent tôt ou tard des conséquences de la consommation de tabac. A l'évidence, les fumeurs jouent à la roulette russe.

La fumée nuit gravement à la santé

Nombre de recherches scientifiques prouvent que la fumée du tabac nuit aux tissus et aux organes.
Par rapport aux non-fumeurs, les fumeurs...

  • courent un risque jusqu'à trente fois plus élevé de souffrir de bronchite, d'emphysème (dilatation anormale des alvéoles pulmonaires), d'inflammation pulmonaire ou de grippe
  • courent un risque dix fois plus élevé de mourir d'un cancer du poumon
  • courent un risque sept fois plus élevé d'être victime d'un infarctus du myocarde.

La liste des dommages causés par le tabac est encore longue :

  • Maladies vasculaires au niveau des reins et des intestins
  • La "jambe du fumeur" est une affection qui résulte d'une irrigation sanguine insuffisante des artères. Celles-ci se resserrent par suite d'inflammation ou de dépôt et la circulation ne peut plus se faire correctement
  • Plus de la moitié des cancers du larynx, de l'oesophage et de la bouche sont imputables au tabagisme. De même, la consommation de tabac favorise le cancer des lèvres, de la cavité buccale, de l'estomac, du col de l'utérus et de la vessie
  • Les fumeurs courent un risque plus élevé d'être victimes d'une attaque cérébrale
  • Le lien entre le tabac et les ulcères de l'estomac, du duodénum et de l'intestin grêle est établi

D'innombrables études effectuées partout dans le monde indiquent que les fumeurs ont une capacité pulmonaire inférieure à celle des non-fumeurs, le phénomène étant le plus marqué en phase expiratoire. Les jeunes qui commencent à fumer à l'âge de quinze ans présentent, à l'âge de vingt ans, une capacité pulmonaire 10% inférieure à la capacité des personnes n'ayant jamais fumé.

Tabac: les faits en bref

En Suisse...

Pipe, cigare, cigarettes légères

Non seulement la vente des cigarettes, mais aussi celle des cigares est en nette augmentation. La fumée de la pipe et celle du cigare provoquent les mêmes dommages à la santé que celle de la cigarette, y compris les maladies cancéreuses. Quant aux cigarettes plus légères, elles ne réduisent pour ainsi dire pas le risque de cancer du poumon et peuvent en outre déboucher sur des formes d'affections particulières. On observe une augmentation des cancers se déclarant à la périphérie du poumon, comme l'adénocarcinome, qui provient de ce que le consommateur inhale plus profondément la fumée.

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Tabac et grossesse

La fumée du tabac est dommageable à l'enfant à naître. La femme enceinte qui fume expose le foetus à des risques de naissance prématurée, de poids de naissance inférieur à la moyenne et de mort foetale. A la naissance, les enfants de mères fumeuses pèsent en moyenne 200 grammes de moins que ceux de mères non-fumeuses. Lorsque la mère cesse de fumer, les risques encourus par son foetus de subir des dommages intra-utérins sont comparables à ceux de personnes qui n'ont jamais fumé.

Fumée passive

La fumée passive désigne le fait, pour l'entourage, d'inhaler la fumée des autres. On distingue la fumée latérale qui se dégage de la cigarette qui se consume spontanément - de la fumée centrale, c'est-à-dire la fumée directement inhalée et expirée par la bouche. La fumée passive est cancérigène. En Suisse, on estime que deux cents personnes décèdent chaque année d'un cancer du poumon dû à un tabagisme passif. En outre, diverses études indiquent que celui-ci provoque des maladies cardio-vasculaires. Quoi qu'il en soit, dans les familles où les parents sont de grands fumeurs, les enfants sont davantage sujets à des affections des voies respiratoires inferieures. Un environnement de fumeurs est également un facteur déclenchant de l'asthme chez l'enfant. Selon certaines enquêtes, le risque de mort subite chez le bébé fumeur passif est deux à trois fois plus élevé que chez le bébé préservé de la fumée. De toute évidence, vivre dans un environnement sain et sans fumée de tabac fait partie des droits fondamentaux de la personne.

Tabac et fumée: les substances nocives

La nicotine
La nicotine accélère le rythme cardiaque, rétrécit les petits vaisseaux sanguins - comme ceux de la peau - et induit une mauvaise alimentation des tissus. Selon l'humeur du moment et la quantité de cigarettes consommées, les fumeurs recherchent essentiellement l'effet calmant ou stimulant de la nicotine. Une consommation élevée de nicotine engendre une dépendance physique comparable à celle de l'héroïne.

Le goudron
Le goudron de la fumée du tabac contient une multitude de substances cancérigènes. Au contraire de la nicotine, le goudron n'a pas d'effet sur le psychisme. A long terme, les dépôts de goudron endommagent les organes respiratoires.

Le monoxyde de carbone
Le monoxyde de carbone est une substance particulièrement toxique pour les voies respiratoires. Il a notamment la particularité de se fixer sur l'hémoglobine plus facilement que les molécules d'oxygène et, par conséquent, d'entraver la capacité d'absorption d'oxygène des globules rouges. L'oxygénation de l'organisme en pâtit. En outre, le monoxyde de carbone augmente la teneur du sang en graisses et accroît ainsi les risques d'artériosclérose.

Pourquoi fume-t-on?

Les situations et les raisons qui incitent à fumer sont multiples :

  • pour se détendre
  • pour combattre le stress
  • pour se concentrer
  • pour se donner une contenance
  • par habitude
  • pour faire comme les autres (entourage direct ou modèles)
  • pour vaincre l'embarras ou l'insécurité
  • parce que le fumeur ne peut pas s'en empêcher (dépendance)
Fumer est une habitude qui puise ses fondements dans le comportement social habituel. Les enfants intègrent cette "normalité" dès leur plus jeune âge, en particulier s'ils voient leurs parents ou tout autre adulte de référence fumer. Si les écoliers allument leur première cigarette, c' est tout d'abord par envie d'essayer. La volonté d'appartenir à un groupe de pairs arrive en deuxième position. Des études sur les raisons qui motivent la consommation de tabac démontrent que les jeunes fumeurs ont d'eux-mêmes une image et une estime inférieures à celles de leurs pairs non-fumeurs. Les périodes de dépression, le stress lié à l'école et les problèmes relationnels avec les parents peuvent aussi inciter les jeunes à commencer de fumer.

Publicité : 120 millions de francs pour appâter le chaland

En Suisse, les cigarettes comptent parmi les produits les plus vantés par la publicité. L'industrie mobilise quelque 120 millions de francs par an pour la publicité et la vente, notamment dans le cadre du parrainage de manifestations. A ce sujet, les cigarettiers sont péremptoires lorsqu'ils affirment que la publicité ne sert qu'à conserver les parts de marché ou à en gagner d'autres dans le segment des fumeurs, et en aucun cas à inciter les jeunes à fumer. Il est pourtant évident que l'industrie du tabac cherche à appâter le jeune chaland non fumeur, puisque les cigarettes jouissent d'une fidélité à la marque particulièrement élevée : publicité ou pas publicité, rares sont les fumeurs qui changent de marque au cours d'une année. En Suisse, trois grands fabricants se taillent la part du lion. Aussi, même si le fumeur change de marque de cigarettes, il est fort probable qu'il continue de consommer les produits du même fabricant.

Image publicitaire : en profonde contradiction avec la réalité

L'omniprésence de la publicité pour les cigarettes influe sur le comportement des jeunes. Le phénomène a d'autant plus d'impact que la publicité véhicule des valeurs telles que la liberté, l'aventure et le plaisir immédiat - auxquelles les jeunes sont particulièrement sensibles - et les met en corrélation avec la consommation de tabac. Ces valeurs ne reflètent pas - du moins à long terme - la réalité des fumeurs; pour s'en convaincre, il suffit d'opposer l'image et la réalité :

Le désir de liberté et d'aventure

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"Jambe du fumeur" : tissus nécrosés par une mauvaise circulation sanguine, due à la nicotine

Le plaisir immédiat

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Gauche : poumon sain
Droite: poumon hypertrophié par des dépôts de goudron

Cigarettes : près de 60% des fumeurs souhaitent arrêter

Selon l'enquête suisse sur la santé menée en 1997, près de 60% des fumeurs souhaitent arrêter de fumer. 24% ont déjà essayé, mais ont rechuté. On le sait, le tabac engendre une dépendance. Aussi arrêter de fumer n'est-il pas qu'une question de volonté. La dépendance physique se traduit par l'apparition de symptômes corporels de manque lorsque l'organisme est privé de nicotine pendant une certaine période (au réveil, notamment). La dépendance psychique renvoie à un réflexe, celui de la personne qui allume automatiquement une cigarette quand elle accomplit certains actes ou se trouve dans certaines situations. Les consommateurs de tabac moyennement dépendants peuvent, s'ils sont animés d'une motivation suffisante, arrêter de fumer par leur propre volonté, avec le soutien de leur famille et de leurs amis. Lorsqu'il s'agit de personnes fortement dépendantes à la nicotine, l'aide d'un médecin s'impose. L'expérience démontre qu'un fumeur doit en général s'y reprendre à plusieurs fois avant de parvenir à arrêter de fumer. Mais la rechute n'est pas inutile, puisqu'elle permet à la personne d'acquérir des informations importantes et motivantes sur la vie sans tabac. Persévérer avec courage est tôt ou tard couronné de succès!

Arrêter de fumer : un effort qui en vaut la chandelle

Arrêter ? - Oui, mais comment ?

Des centres de santé spécialisés en la matière existent dans de nombreuses villes. Ces centres proposent soit des programmes de groupes, soit des consultations privées. Le médecin traitant constitue aussi un allié précieux pour tous ceux qui prennent la décision d'arrêter de fumer. La brochure "Vous voulez arrêter de fumer ?", éditée par l'Association suisse pour la prévention du tabagisme (AT), à Berne, contient un aperçu des principales méthodes de désaccoutumance ainsi qu'une liste d'adresses utiles. Le matériel pédagogique peut être demandé auprès de l'ISPA ou de l'AT.

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Editeur : Institut suisse de prévention de l'alcoolisme et autres toxicomanies (ISPA)
Case postale 870, 1001 Lausanne, Tél.: 021 321 29 35, Fax: 021 321 29 40
E-mail: irifo@sfa-ispa.ch, Internet http://www.sfa-ispa.ch
Avec le soutien de: l'Association suisse pour la prévention du tabagisme
AT, Effingerstr. 40, 3001 Berne, Tél.: 031 389 92 46, Fax: 031 389 92 60
E-mail: info@at-schweiz.ch, Internet http://www.at-schweiz.ch