Comment se présente la maladie d'Alzheimer ?

ima38818.gif (8160 octets)L'évolution. La première chose qui frappe chez un patient atteint d'Alzheimer, c'est l'aggravation rapide des problèmes de mémoire.
Tout ce qui s'est passé récemment, en d'autres termes dans les dernières heures ou jours, n'est conservé en mémoire que par morceaux épars ou alors oublié de manière irrévocable. Les patients atteints ne peuvent rien apprendre de nouveau. Par contre, la mémoire des faits anciens et très lointains reste encore relativement longtemps conservée chez beaucoup de patients. Ce n'est que dans les stades avancés que les souvenirs anciens, ceux de la jeunesse et de l'âge adulte, sont perdus également. Il existe cependant également des patients atteints d'Alzheimer chez lesquels c'est la perte d'une autre faculté qui est au premier plan, par exemple une difficulté de langage ou de la reconnaissance. Le temps passant, la plupart des patients ont de plus en plus de peine à s'orienter dans le temps et dans l'espace. Beaucoup d'entre eux ressentent cette perte du sens de l'orientation avec angoisse, inquiétude et tension intérieure. Ils marchent dans tous les sens, comme s'ils étaient constamment en train de chercher quelque chose. Souvent on remarque cette agitation principalement pendant la nuit. Certains patients se perdent ou confondent les saisons ou les moments de la journée. Avec l'évolution de la maladie, les perturbations des fonctions cérébrales augmentent et empêchent de plus en plus la poursuite d'une vie indépendante.
ima38819.gif (8321 octets)Vers la fin, les patients deviennent inertes, apathiques, et montrent toujours moins d'intérêt envers leur entourage. La pensée abstraite et logique est perdue. Comme les patients ne peuvent plus calculer, ils ne peuvent plus gérer leur argent ou faire des paiements. Les soins corporels et l'habillement sont de plus en plus négligés. Le débit du langage se ralentit, le vocabulaire diminue, la communication devient difficile. Des mouvements et des actions orientés vers un but ne peuvent plus être coordonnés. Il peut survenir une perte du contrôle sur la vessie et sur la fonction de l'intestin (incontinence). Certains gestes habituels et automatisés peuvent encore fonctionner (repasser, laver la vaisselle, plier des linges, désherber le jardin, etc.).
Dans les dernières phases de la maladie, les patients perdent encore la faculté de marcher et de s'asseoir, ils deviennent grabataires etima38820.gif (8085 octets) incontinents.
La maladie d'Alzheimer est cependant rarement la cause de décès. Le plus souvent c'est une maladie infectieuse ou un virus qui entraîne la mort du patient.
Cette perte progressive des fonctions du cerveau, que rien ne parvient à arrêter, est provoquée par une perte progressive des cellules dans le cerveau. Des groupes entiers de cellules nerveuses (neurones) cessent progressivement de fonctionner et finissent par mourir.

La fonction cérébrale normale. Le cerveau est constitué d'environ 100 milliards de cellules qui sont reliées entre elles par un réseau extrêmement compliqué de liaisons. On estime que chaque cellule nerveuse (neurone) possède jusqu'à 10 000 connexions (synapses) pour communiquer avec d'autres cellules nerveuses.
On distingue dans le cerveau deux couches : la substance grise et la substance blanche. L'écorce cérébrale, ou cortex, contient les cellules ou neurones. C'est ce qui lui donne sa couleur grise et son nom de substance grise. Sous l'écorce, la substance blanche est constituée par les prolongements des neurones et par d'autres sortes de cellules qui assurent le soutien du tissu cérébral. Ces autres cellules sont responsables de la nutrition et du métabolisme des cellules du cerveau, elles s'occupent également de réparer les tissus cérébraux endommagés. On trouve également des vaisseaux sanguins extrêmement fins, qui apportent jusque dans les tissus les plus reculés l'oxygène et les éléments nutritifs, principalement du glucose, mais apportent également les éléments constitutifs des cellules. Les mêmes vaisseaux sont bien entendu nécessaires pour éliminer le gaz carbonique, qui résulte de la respiration cellulaire, et pour éliminer également tous les déchets provenant du métabolisme des cellules. Le cerveau est un organe extrêmement actif, et toutes ces structures participent à cette intense activité.

ima38821.gif (8678 octets)Les changements dans le cerveau lors de maladie d'Alzheimer. Lors de maladie d'Alzheimer, certaines cellules nerveuses du cerveau meurent. Il s'ensuit une diminution de la substance grise. C'est pourquoi on parle d'une démence corticale.
Dans les neurones malades, certaines protéines (amyloïdes) se développent, et attaquent la surface des cellules, les rendent perméables pour des substances toxiques. Des structures anormales se développent également à l'intérieur des cellules nerveuses : par exemple les neurofibrilles. Les cellules dégénèrent et meurent en formant de petits amas, les plaques. La fonction du réseau de cellules nerveuses est perturbée. Les connections avec d'autres cellules nerveuses et la communication des informations sont interrompues. La disparition des cellules concerne différents systèmes de cellules nerveuses, mais avant tout les neurones appelés cholinergiques. Il en résulte un manque de différents messagers entre les cellules (neurotransmetteurs), en particulier un manque du neurotransmetteur acétylcholine, surtout dans l'écorce cérébrale. On appelle neurones cholinergiques ceux qui transmettent les informations par l'intermédiaire d'un messager appelé acétylcholine.ima38823.gif (9071 octets)
ima38822.gif (8056 octets)Les parties du cerveau qui sont par exemple responsables de la respiration ou de la circulation et qui sont donc vitales continuent cependant de travailler normalement.
Ce sont surtout les régions du cerveau qui sont responsables des fonctions intellectuelles supérieures qui sont les plus concernées par la perte des cellules nerveuses : celles qui règlent la mémoire, le langage, la pensée, l'orientation, la connaissance et la reconnaissance des objets, etc.

 

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