Classification des démences

ima38831.gif (10485 octets)On distingue les démences primaires des démences secondaires. Une démence primaire ou primaire dégénérative provient d'une perte progressive de cellules nerveuses dans le cerveau, dont la cause exacte est encore inconnue (par exemple maladie d'Alzheimer).
Une démence secondaire est la conséquence d'une autre maladie, que l'on peut traiter ou qui peut même guérir, entraînant indirectement une perturbation des fonctions cérébrales (par exemple une maladie de la glande thyroïde).

 

Démences primaires, irréversibles :

Dégénératives

Maladie d'Alzheimer
Maladie de Parkinson
Chorée de Huntington
Sclérose en plaques
Maladie de Pick
Démence du lobe frontal
Démence avec corps de Léwy
Maladie de Creutzfeldt-Jakob
Autres démences très rares

Vasculaires

Démences multi-infarctus
Maladie de Binswanger

Il existe également des formes mixtes de démence vasculaire et dégénérative. On parle alors de démence mixte.

Des démences secondaires, réversibles, surviennent lors de :

ima38832.gif (7579 octets)La démence vasculaire. La démence vasculaire se classe au second rang des maladies les plus fréquentes du cerveau dues à l'âge. Dans cette forme de démence c'est avant tout une anomalie des vaisseaux du cerveau qui provoque les dégâts dans les tissus du cerveau, par suite d'un apport insuffisant de sang dans les tissus, qui est lui-même provoqué généralement par des lésions d'artériosclérose dans les vaisseaux. Le manque de circulation sanguine provoque la mort de petites régions du cerveau sous forme de micro-infarctus (petite attaque) ou, lorsque les troubles circulatoires sont plus importants, par la mort des cellules de grandes régions du cerveau, c'est alors un infarctus cérébral appelé aussi attaque d'apoplexie. Dans certains cas, les dégâts sont bien délimités et ne concernent qu'une région et sa fonction, par exemple le langage. De nombreux micro-infarctus peuvent cependant se produire sans que le patient s'en rende compte.
Au début d'une démence vasculaire, les patients n'ont que de légers problèmes de mémoire et d'orientation. On remarque plutôt chez eux un ralentissement de la pensée et des mouvements, ainsi qu'un manque d'agilité et de flexibilité mentale. L'évolution de la maladie se caractérise par de fortes fluctuations. On peut observer une aggravation subite, suivie d'une récupération progressive de la fonction, puis de nouveau une aggravation brusque, etc. Peu à peu les différentes fonctions ne peuvent malheureusement plus récupérer, puisque le tissu cérébral est continuellement détruit par les micro-infarctus qui récidivent constamment. Les autres formes irréversibles de démences sont rares et ne seront pas discutées dans cette brochure.

Les démences secondaires réversibles et le délire. Les démences secondaires sont plutôt rares. Elles sont causées par un grand nombre de dérèglements comme un manque de vitamines (B12), des troubles hormonaux, l'alcoolisme, la syphilis, des maladies virales et des tumeurs du cerveau. On peut souvent les guérir en traitant la maladie primaire.ima38833.gif (10459 octets)
La dépression est considérée comme une pseudodémence. Les personnes âgées dépressives donnent souvent l'impression qu'elles sont démentes. Leurs pensées et leurs actions sont ralenties, elles manquent de concentration et ne s'intéressent à rien et souffrent de troubles de la mémoire. Il arrive que des personnes âgées reçoivent un diagnostic de démence bien qu'en fait elles ne souffrent que d'une grave dépression. Dans le grand âge, des affections banales des voies respiratoires ou de l'appareil digestif, une fracture osseuse, une petite intervention chirurgicale, certains médicaments et même un infarctus du myocarde peuvent provoquer un épisode aigu de confusion, ou, comme on l'appelle en langage spécialisé, un délire. Un stress psychologique, par exemple le deuil après la perte du partenaire ou le choc du placement en institution peuvent aussi se répercuter négativement sur l'état mental.
Puisque dans la plupart des cas la suppression du facteur déclenchant permet de normaliser l'état mental, on parle de syndrome démentiel réversible. Une guérison n'est cependant pas possible dans tous les cas, en particulier lorsque les troubles se sont manifestés sur une longue période.
Un diagnostic de démence n'est pas facile à poser. Il est indispensable que le médecin traitant procède à un examen approfondi dans tous les cas de troubles mentaux. La plupart des médecins installés envoient leur patient chez un spécialiste pour procéder à ce diagnostic différentiel, c'est-à-dire chez un neurologue, dans une Clinique de la mémoire ou d'autres centres spécialisés pour les diagnostics de démence.

Le diagnostic différentiel. Un critère important pour distinguer une démence réversible d'une démence irréversible est le commencement et l'évolution de la maladie. Une démence irréversible commence généralement de manière lente et insidieuse, et s'aggrave progressivement. La démence réversible par contre débute généralement de manière soudaine. Les patients montrent surtout de la confusion. Un bon interrogatoire du patient et des proches (anamnèse) est par conséquent indispensable.
Le médecin procède à un examen de l'urine et du sang et réalise un électrocardiogramme afin d'exclure des maladies curables. Pour détecter des maladies du cerveau, il peut demander soit un électroencéphalogramme (EEG) soit utiliser les procédés d'imagerie médicale comme le scanner (tomographie computérisée), le MRI (tomographie par résonance magnétique) ou un SPECT (tomographie computérisée par émission de photons). D'autres examens sont plus rares, comme par exemple l'examen du liquide céphalo-rachidien ou la mesure des débits sanguins dans les vaisseaux par la sonographie Doppler (ultrasons).ima38834.gif (8687 octets)
Il n'existe actuellement encore aucun examen de laboratoire et aucune caractéristique qui prouve de manière certaine qu'il s'agit d'une maladie d'Alzheimer. Le diagnostic est dans le meilleur des cas très probable mais n'est jamais certain à 100 %. Il n'est attribué que lorsque les examens ont permis d'exclure toutes les autres possibilités de maladie provoquant une démence. Ce n'est qu'après la mort du patient et un examen du cerveau que le diagnostic peut être confirmé de manière certaine.
Quant au diagnostic de démence vasculaire, il est posé lorsque les patients montrent des signes nets, localisés, de troubles neurologiques (par exemple une diminution des réflexes), et lorsque la maladie débute tout d'un coup, qu'elle progresse de manière variable et lorsque les déficits intellectuels semblent plutôt provenir de troubles situés en ima38835.gif (10175 octets)dessous de l'écorce du cerveau. De nos jours on utilise le plus souvent un examen MRI pour confirmer le diagnostic clinique.

Le traitement de la démence vasculaire. Le traitement exige avant tout un bon contrôle des valeurs de la pression artérielle, un régime pauvre en graisse et en cholestérol, une adaptation si nécessaire du poids corporel, ainsi qu'un entraînement physique régulier.
On peut actuellement influencer favorablement aussi bien la maladie d'Alzheimer que la démence vasculaire avec des médicaments. Ces maladies restent cependant pour l'instant incurables, c'est-à-dire irréversibles.
Les possibilités de traitement autres que les médicaments sont discutées dans la partie pratique.

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