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Excursions en montagne à de grandes
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Les
sports extrêmes sont prisés également par la population générale. Les
agences de voyage offrent des expéditions dans des altitudes jusqu'à 6000
mètres. Cependant, de nombreux amateurs de montagne ne disposent pas de
l'expérience nécessaire en ce qui concerne les réactions de leur corps lors
de l'ascension. Souvent, les expéditions proposées par les agences prévoient
une ascension trop rapide à de grandes altitudes, et le corps ne trouve pas le
temps de s'acclimater. Et ce sont surtout les jeunes alpinistes faisant
confiance à leur bonne condition physique qui tendent à se mettre en danger
par une ascension trop rapide sans prendre garde aux signaux d'alarme de leur
corps. L'attitude la plus raisonnable et offrant la meilleure prévention du mal
aigu des montagnes (associé à de dangereux oedèmes cérébraux et
pulmonaires) est de prendre son temps pour l'ascension.
Planification et préparatifs
- Préparez votre expédition en montagne avec soin; renseignez-vous bien
sur les conditions locales et l'équipement nécessaire; informez-vous à
temps auprès de spécialistes et d'alpinistes expérimentés.
- Avant de vous lancer dans l'aventure, vous devez consulter un médecin
pour une évaluation de votre aptitude à participer à une telle
expédition en montagne, surtout si vous avez déjà atteint un certain âge
ou faites partie des personnes ayant des problèmes de santé préexistants
(maladies pulmonaires, épilepsie, diabète, problèmes cardiaques,
traitement médicamenteux régulier, etc.).
- Au besoin, votre protection vaccinale doit être renouvelée ou
complétée conformément aux règles en usage et en fonction des exigences
de votre pays de destination.

- Composez une pharmacie de voyage appropriée, de sorte à disposer de ce
qu'il faut en cas d'urgences telles que les douleurs, le mal de mer, les
petites blessures, etc., en tenant compte des restrictions imposées par
votre capacité de transport. Profitez des compétences d'autres personnes
(personnes expérimentées en ce qui concerne les expéditions en montagne,
spécialistes des magasins d'équipements de voyage, médecin ou pharmacien
pour les questions d'ordre médical).
Le mal aigu des montagnes
Symptômes
- Monter trop rapidement à de trop grandes altitudes provoque -
indépendamment de la forme physique que l'on peut avoir - les symptômes du
mal aigu des montagnes (MAM): mal de tête, abattement, nausée,
perte d'appétit, vertige, insomnies et sensation générale d'être malade.
Il s'agit de symptômes d'une perturbation du cerveau, un organe
particulièrement sensible aux carences d'oxygène.
- Si l'ascension est poursuivie malgré de tels symptômes, on risque le
développement d'un oedème pulmonaire de haute altitude
(caractérisé par une détresse respiratoire, des râles respiratoires, une
cyanose du visage et une respiration précipitée) avec pénétration et
accumulation de liquide dans les poumons. Cette condition peut rapidement
provoquer la mort si le patient n'est pas ramené à de plus faibles
altitudes et traité de façon adéquate.
- L’oedème cérébral de haute altitude apparaît éventuellement
en même temps que l'oedème pulmonaire. Il se manifeste par un mal de tête
intense, des troubles de l'équilibre, des vomissements, une apathie
croissante et une perte de conscience. Il peut rapidement entraîner le
décès de la victime.

Prévention par un comportement raisonnable
- La meilleure méthode pour éviter le mal aigu des montagnes et les
oedèmes de haute altitude est de monter lentement, de sorte à permettre
une bonne acclimatation. La règle générale est de ne pas franchir plus de
300m d'altitude par jour à des altitudes au-delà de 2500 à 3000 mètres.
- Il faut également éviter un surmenage, qui pourrait favoriser le
développement du mal aigu des montagnes.
Prévention médicamenteuse
- Chez les personnes qui savent qu'elles supportent mal l'altitude ou dans
les situations où une adaptation raisonnable à l'altitude n'est pas
possible, il est recommandé de prendre de l'acétazolamide - qui influence
l'équilibre acido-basique du corps et stimule la respiration - en
traitement préventif. L'acétazolamide est pris chaque jour à une dose de
250 à 500 mg à partir du jour précédant l'exposition à l'altitude
d'environ 2500 mètres. L'acétazolamide peut également être pris aux
premiers signes du mal aigu des montagnes pour accélérer la régression
des symptômes. Au début, le médicament provoque une évacuation accrue
d'urine; il est donc important de boire suffisamment, surtout à une grande
altitude. En outre, l'acétazolamide peut provoquer de légers troubles de
la sensibilité des mains, des pieds et de la bouche.
Traitement des premiers symptômes
- Dès les premiers signes qui apparaissent, il faut un jour de repos à la
même altitude ou un peu en dessous. Cela permet généralement de faire
régresser les symptômes, et l'ascension peut être poursuivie en veillant
à prendre le temps qu'il faut.
- Lors de troubles persistants ou croissants, il est impératif de
redescendre d'au moins 500 à 1000 mètres, et de rester à cette altitude
jusqu'à ce que le patient se sente à nouveau complètement rétabli.
Traitement de symptômes graves d'oedème cérébral
- Dans sa forme grave avec le début d'un oedème cérébral, le mal aigu
des montagnes est une situation qui menace directement la vie. La victime
doit immédiatement descendre ou être transportée vers le bas.
- Si l'on dispose d'oxygène, celui-ci doit être administré à raison de
deux à quatre litres par minute.
- Le traitement peut être soutenu par la prise orale ou l'injection
intraveineuse de dexaméthasone. Celle-ci est dosée initialement à 8 mg,
puis à 4 mg toutes les six heures.
Traitement de symptômes graves d'oedème pulmonaire
- Une descente immédiate, un transport vers le bas et une administration
éventuelle d'oxygène sont absolument indiqués.
- Si ce n'est pas possible, on traite le patient à la nifédipine (par
exemple 20 mg à libération prolongée toutes les six heures), et
éventuellement par un traitement hyperbare. Chez les patients atteints d'un
oedème pulmonaire de haute altitude, la nifédipine permet une
amélioration subjective, une augmentation de la saturation en oxygène, et
une régression de l'oedème.
Traitement d'une situation d'urgence menaçant la vie, avec oedèmes du
cerveau et du poumon
- Le transport immédiat à de faibles altitudes et l'administration
d'oxygène sont des mesures vitales.
- Une association de dexaméthasone, de nifédipine et d'acétazolamide est
administrée au patient.
- Les mesures pharmacologiques peuvent être combinées avec un traitement
hyperbare.
L'acétazolamide, la nifédipine et la dexaméthasone ne sont disponibles
que sur ordonnance médicale. Ils ne doivent être utilisés que de façon
exactement conforme
aux conseils du
médecin.
Comment se protéger contre l'hypothermie et
les gelures?
Prévention
- Un bon état de santé général, une bonne forme physique, des vêtements
parfaitement appropriés et un comportement intelligent sont la meilleure
protection contre les gelures.
- Les vêtements doivent conserver la chaleur du corps. Par temps froid,
avec beaucoup de vent à une grande altitude, les effets du froid sont
brutalement renforcés. Le visage, le cou et la nuque doivent être
couverts, car ils peuvent perdre énormément de chaleur.

- Un apport généreux de nourriture favorise la production de chaleur par
le corps. A de faibles altitudes, on donnera la préférence à une
alimentation riche en graisse, tandis qu'en grande altitude, on consommera
surtout des glucides.
- Les conditions météorologiques extrêmes comportent des risques
importants, surtout à de grandes altitudes ou en terrain très exposé aux
forces de la nature.
- Il faut éviter les vêtements étroits et les vêtements qui serrent
quelque part (surtout ceux qui coupent la circulation au niveau des mains et
des pieds). Les chaussettes et les chaussures doivent être exactement de la
bonne taille, mais sans serrer nulle part.
- Lors d'un froid extrême, il faut porter des moufles. Pour des activités
telles que la photographie ou la cuisine, on se contente de gants normaux,
que l'on porte le reste du temps sous les moufles. La méthode qui s'est
avérée la mieux appropriée consiste à porter des gants de laine ou de
matière synthétique sous des moufles fourrées.
- Pour éviter de perdre les moufles, on les attache à un ruban passé
derrière le cou.
- Les objets métalliques ne doivent pas être touchés les mains nues.
- Les grands efforts physiques font transpirer et provoquent une respiration
accrue, ce qui peut entraîner des pertes de chaleur et une hypothermie.
- Les pieds et les mains doivent rester au sec. Les chaussettes mouillées
doivent être changées, et la pénétration d'eau ou de neige dans les
chaussures doit être empêchée par des guêtres ou un autre système
approprié aux bords inférieurs du pantalon.
Traitement
- Il faut plusieurs heures pour réchauffer une personne en hypothermie,
même si l'impression de se remettre se manifeste plus rapidement. Ce n'est
alors pas le moment de s'exposer de nouveau à un froid extrême!
- Absolument éviter de frotter des extrémités gelées avec de la neige!
- Si les pieds ou les mains sont déjà gelés, il faut conserver le calme.
Les vêtements ne peuvent être enlevés que dans un local sûr et chaud. Le
réchauffement rapide avec de l'eau à 37 °C, qui peut être réalisé en
l'espace d'une demi-heure, n'est autorisé que si l'on se trouve dans un
local sûr et chaud, et strictement interdit dans d'autres conditions.
- S'il existe un risque de nouvelle exposition au froid, le réchauffement
d'une extrémité gelée est absolument interdit, car il pourrait alors
entraîner de très graves pertes de tissu du membre affecté!
Résumé
Prévention du mal aigu des montagnes
- Monter lentement! Au-delà de 3000 mètres d'altitude, ne pas franchir
plus de 300 m d'altitude par jour.
Traitement du mal aigu des montagnes et des oedèmes cérébraux et
pulmonaires
- Premiers symptômes (céphalée, apathie, perte d'appétit, nausée,
insomnie):
- Faire un jour de pause, se détendre
- Prendre du paracétamol ou de l'ibuprofène contre les douleurs
- Prendre 250 à 500 mg de Diamox par jour
- Symptômes graves avec oedème cérébral de haute altitude (mal de tête
intense qui ne réagit pas au paracétamol ou à l'ibuprofène,
vomissements, vertige, troubles de l'équilibre, troubles de la conscience,
perte de conscience):
- Descente, transport, oxygène
- Dexaméthasone 8 mg sous forme de comprimés ou d'injection intraveineuse,
puis dexaméthasone
4 mg toutes les six heures (alternativement: prednisone 50 à 100 mg
sous forme de comprimés
ou d'injection intraveineuse, puis prednisone 50 mg toutes les huit
à douze heures)
- Eventuellement en plus: caisson hyperbare
- Symptômes sérieux avec oedème pulmonaire (détresse respiratoire,
râles respiratoires, cyanose du visage, respiration précipitée):
- Descente, transport, oxygène
- Nifédipine 20 mg à libération prolongée toutes les six heures
- Eventuellement en plus: caisson hyperbare
- Situation d'urgence avec mal aigu des montages et oedème pulmonaire de
haute altitude:
- Descente, transport, oxygène
- Dexaméthasone et prednisone comme décrit ci-dessus, plus nifédipine,
plus acétazolamide 500 mg
Prévention des hypothermies et gelures
- Eviter l'exposition aux très grands froids et aux vents extrêmes
- Veiller à un habillement parfaitement approprié qui ne serre nulle part
- Protéger particulièrement le visage, le cou et la nuque
- Porter des moufles fourrées par-dessus des gants normaux en laine ou en
matière synthétique
- Veiller à une alimentation copieuse
- Garder les pieds et les mains au sec
- Eviter de transpirer
Traitement des gelures
- Conserver son calme. Ne retirer les vêtements que dans un local sûr et
chaud.
- Réchauffement avec de l'eau à 37 °C uniquement s'il n'y a aucun risque
de nouvelle exposition au froid extrême! Les gelures répétitives
provoquent des lésions tissulaires très graves.
- Ne pas frotter les extrémités gelées avec de la neige.
Prévention du paludisme
- Ne pas interrompre une prévention médicamenteuse en cours dans le
contexte d'un passage par des régions infestées à l'aller ou au retour.
- En cas de dosage hebdomadaire: prévoir la prise pour une date pendant la
descente.

Que faut-il considérer au sujet du
paludisme lors d'une destination dans une région tropicale?
- Le paludisme, qui est transmis par la piqûre de moustiques actifs au
crépuscule, constitue un risque de santé sérieux dans de nombreux pays
tropicaux. Il peut exceptionnellement être transmis jusqu'à des altitudes
de 2500 mètres, mais le danger faiblit sensiblement à partir de 1500 ou
2000 mètres.

Prévention
- Une prévention médicamenteuse du paludisme déjà commencée dans le
contexte d'un itinéraire passant par des zones infestées (Afrique,
notamment) pour le voyage à l'aller ou au retour ne doit pas être
interrompue.
- Surtout dans le cas d'une prise hebdomadaire de méfloquine, il peut être
recommandé de prévoir le jour de prise de sorte à ce qu'il ne tombe pas
sur un des jours de l'ascension, mais sur un des jours de descente (ou juste
après). Pour ce faire, il est même possible de prolonger l'intervalle de
prise de quelques jours.
Autres informations
- Les universités suisses de Genève, Zurich, Bâle et Lausanne
entretiennent en commun avec l'Office fédéral de la santé une page
internet
www.safetravel.ch
qui vous fournira presque toutes les informations nécessaires.
www.safetravel.ch
Dans les urgences suivantes, vous pouvez
contacter
l'organisme de secours REGA:
- Si vous devez être hospitalisé(e) au cours de votre séjour à
l'étranger.
- Au cas où vous avez besoin de médicaments d'urgence et que vous ne
connaissez pas leur dénomination dans le pays où vous séjournez.
- Si vous êtes hospitalisé(e) et désirez être rapatrié(e) dans votre
pays d'origine.
REGA, renseignements: 1414
Depuis l'étranger: ++41 333 333 333
Ces notices d'information sont l'oeuvre de la collaboration entre le
Groupe suisse de travail pour les conseils médicaux aux voyageurs (GSV) et
GlaxoSmithKline AG.
Pour de plus amples informations, veuillez consulter votre médecin ou
votre pharmacien.

