Quel est le traitement à suivre ?

Dans la mesure où son origine est inconnue, on ne peut guérir l'arthrose. Cela ne signifie pas qu'un bon traitement est inutile. Le traitement de l'arthrose devrait être adapté aux symptômes et aux besoins de chaque patient.

Dans ce chapitre, nous allons présenter les différentes bases de traitements de l'arthrose:

                          

Le maintien de la fonction articulaire

Il est primordial de protéger les articulations atteintes d'arthrose des charges excessives et inappropriées. Il existe diverses possibilités d'éviter les charges inutiles. Demandez conseil à un(e) physiothérapeute. La surcharge pondérale est un autre facteur entraînant une charge excessive sur les articulations et ainsi une augmentation des douleurs arthrosiques. Pour cette raison, on conseille aux personnes souffrant d'arthrose d'éviter une surcharge pondérale.

L’arthrose ne se limite pas aux articulations, elle exerce une influence également sur les muscles et les tendons qui contribuent à la mobilité de l'articulation. Ceux-ci peuvent être affaiblis. Les physiothérapeutes donnent des conseils aidant le patient à rester en forme et à conserver une statique correcte. Du fait de la modification de la charge exercée sur l'articulation, les muscles et les tendons subissent des pressions inhabituelles, ce qui peut entraîner des raideurs et des douleurs. L'inactivité occasionnée par les douleurs affaiblit les muscles, augmente ainsi les douleurs et entraîne une instabilité de l'articulation touchée. D'où l'importance d'un bon fonctionnement musculaire, qui peut être favorisé par des exercices de physiothérapie ciblés et une activité sportive ménageant les articulations (natation, vélo, etc.).

La thérapie physique

L'application de chaleur aide à détendre les muscles contractés et à soulager la douleur. En cas de forte inflammation de l'articulation atteinte, une application de froid peut supprimer l'inflammation et soulager la douleur.

Des massages particuliers (par exemple « point gâchette » effectués par un(e) physiothérapeute aident à détendre les muscles et les tendons contractés, voire douloureux, au niveau des articulations touchées, ce qui améliore la fonction des articulations et soulage la douleur.

Les médicaments

Il n'existe pas de médicaments qui suppriment l'arthrose à son origine. Les médicaments aident cependant à soulager douleurs et raideurs, ainsi qu'à faire disparaître d'éventuelles inflammations. Des antalgiques courants comme le Paracétamol (par exemple Tylenol®, Acetalgine®, Dafalgan®, etc.) peuvent soulager temporairement les douleurs. L'articulation peut ainsi fonctionner de manière plus efficace.

Lorsque l'articulation est enflammée, des médicaments anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS) peuvent être prescrits. II existe des dizaines de préparations de ce type de médicaments, comme Aulin®, Balmox®, Brufen®, Celebrex®, Ponstan®, Voltarène®, etc. Ces médicaments suppriment la douleur et l'inflammation de l'articulation. Leurs effets secondaires les plus fréquents sont des troubles gastro-intestinaux. Ces effets - s'il y en a, et leur intensité - varient d'un individu à l'autre. Par ailleurs, certains médicaments présentent un risque de provoquer des effets secondaires plus élevés que d'autres.

En cas d'importante inflammation concomitante au niveau de l'articulation arthrosique, des glucocorticostéroïdes (préparations à base de cortisone) peuvent être injectés dans l'articulation. L'amélioration qui en résulte peut durer plusieurs mois. L'utilisation à long terme de glucorticostéroïdes sous forme de comprimés est déconseillée en cas d'arthrose car leur action est minime ; de plus, ils causent des effets secondaires qu'il est préférable d'éviter. Ces dernières années, des chondroprotecteurs ont été lancés sur le marché, dont deux sous les noms de Condrosulf® et Structum®. Par ailleurs, les préparations Synvisc®, Hyalgan® et Ostenil® sont utilisées en infiltrations dans le but de lubrifier artificiellement l'articulation. Bien que ces médicaments soient présentés comme des substances protégeant le cartilage, cet effet n'a pas été démontré à ce jour. Le seul effet scientifiquement prouvé est une certaine réduction des douleurs. Par ailleurs, les préparations sous forme d'infiltrations sont onéreuses et ne sont pas remboursées par les caisses maladie.

La prise de médicaments n'est pas nécessaire pour tous et, le cas échéant, la dose à prescrire varie d'un patient à l'autre. En cas d'absence de douleurs ou de douleurs minimes, il n'est pas nécessaire d'en prendre. En cas de douleurs importantes et persistantes, une prise continue de médicaments peut être nécessaire.

Les moyens auxiliaires

Pour certains patients, des moyens auxiliaires peuvent être indiqués. Les physiothérapeutes ou les ergothérapeutes adaptent le matériel nécessaire à leurs besoins. Une canne ou des béquilles peuvent, surtout chez les patients âgés, réduire la charge exercée sur l'articulation et, ce faisant, soulager la douleur et faciliter la marche. En cas d'arthrose métacarpo-phalangienne du pouce, des attelles peuvent aider à alléger la charge. Par ailleurs, il existe de nombreux moyens de faciliter l'exécution des tâches ménagères. Des semelles amortissantes peuvent alléger la charge exercée sur les articulations des genoux et des hanches. Des semelles orthopédiques permettent d'améliorer une position quelque peu inappropriée de l'os (comme des genoux légèrement cagneux, des jambes arquées, des pied plats). Un pansement adhésif placé autour de la rotule, que l'on appelle «taping», permet de réduire la douleur lors d'une activité physique comme la marche.

Les interventions chirurgicales

Une intervention chirurgicale peut s'avérer nécessaire dans les cas où l'arthrose a modifié la position de l'os de manière inappropriée, où lorsqu'une personne souffre de douleurs intenses. En cas de déviations articulaires ou de troubles congénitaux (par exemple luxation des hanches), une intervention corrective permet de diminuer la charge exercée sur les articulations et empêche ou retarde ainsi l'apparition de l'arthrose. Lorsque l'articulation est gravement atteinte, elle peut être remplacée par une articulation artificielle, une prothèse. Cette intervention permet de supprimer des douleurs et des limitations majeures de la mobilité - par exemple lorsque la personne est debout ou lorsqu'elle marche - ce qui contribue également à maintenir l'autonomie du patient.

Dans la mesure où de larges expériences ont été faites dans ce domaine, surtout concernant les prothèses des hanches et des genoux, on peut dire que ces opérations font aujourd'hui partie des interventions de routine.

Par contre, les transplantations de cartilage n'en sont encore qu'à un stade expérimental. Des cellules cartilagineuses ou un fragment de cartilage du patient, cultivés en éprouvette, sont transplantés dans l'articulation concernée. Il n'est cependant pas certain que cette méthode devienne un jour une intervention courante. Elle ne sera en tous les cas applicable que dans quelques années.

Les traitements de médecine alternative

Nombreuses sont les personnes atteintes d'arthrose qui se demandent si les méthodes alternatives ne leur apporteraient pas plus d'avantages. Il existe des traitements très diversifiés tels que les régimes et l'homéopathie. Leur idée commune tient compte du fait que la santé n'englobe pas seulement les facteurs somatiques. Cette approche prend en compte le fonctionnement de l'être humain dans sa globalité. Il existe par exemple, dans le commerce, de nombreuses préparations pour traiter l'arthrose ou pour régénérer le cartilage atteint. Leur efficacité n'est cependant pas scientifiquement prouvée. Quand il s'agit de préparations à usage externe - par exemple des pommades ou crèmes -, ou des produits homéopathiques ou anthroposophiques, il n'y a pas d'objection majeure.

De nombreux traitements alternatifs ne sont pas remboursés par les caisses maladie. Ces dernières années, la «thérapie de champ magnétique» s'est développée ; elle soignerait de nombreuses maladies rhumatismales, dont l'arthrose. Cette méthode semble avoir un effet sédatif sur les douleurs des personnes souffrant d'arthrose. Elle n'est très souvent pas remboursée par les caisses maladie et reste très onéreuse.

Si vous envisagez un traitement alternatif, discutez-en avec votre médecin traitant. Il tiendra compte de votre souhait au cours du traitement.