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Allaitons, vomme nous voulons... |
A la naissance d'un enfant
A la naissance d'un enfant, les mères ont le choix de le nourrir au biberon ou de l'allaiter au sein. A l'heure actuelle, beaucoup de mères, en lui donnant le sein, font le choix de profiter pleinement de ce moment privilégié de relation avec leur enfant.
D'autres ne peuvent pas ou ne souhaitent pas le faire et ne doivent pas, bien évidemment, être considérées comme de "mauvaises mères."
Parmi celles qui allaitent au sein, nombreuses sont celles qui arrêteront rapidement leur allaitement pour des raisons diverses: motivations mal partagées dans le couple, décision de dernière minute à laccouchement, conseils contradictoires du personnel de santé, préjugés, isolement, méconnaissance des réseaux d'entraide, contraintes de la vie quotidienne, sont souvent à l'origine de ces arrêts prématurés, non souhaités et vécus avec regret.
Le comité français d'éducation pour la santé, constatant ces difficultés, a décidé de s'adresser aux femmes qui ont choisi d'allaiter leur enfant. Même si le plus souvent nous dialoguerons avec la mère, le père reste très présent à travers toutes ces réponses.
C'est à partir d'extraits
de lettres adressées par des mères à lassociation dentraide
"Solidarilait," et grâce à la collaboration de spécialistes, que nous avons
retenu un certain nombre de difficultés résultant d'un manque d'information. Ces
problèmes, souvent liés à une anxiété passagère, peuvent être résolus par des
conseils simples et pratiques
sous n'avons pas cherché à rédiger un catalogue, ni à proposer des attitudes
définitives, mais par ces informations, à vous apporter réconfort et soutien.
1) "J attends mon premier enfant, j'ai envie de l'allaiter mais je crains de ne pas avoir de lait car j'ai une petite poitrine."

2) "Ce qui m a fait hésiter pour allaiter notre bébé, était la crainte partagée avec son père d'abîmer ma poitrine."
Cest surtout pendant
la grossesse que le volume des seins va augmenter à cause des modifications de
sécrétion hormonale. Un massage des seins et des mouvements de gymnastique peuvent dès
ce moment-là éviter les vergetures et l'affaissement éventuel.
Proportionnellement, lors de la montée laiteuse, l'augmentation du volume est moins
importante.
3) "Pourrai-je allaiter mon enfant, alors que
mes bouts de seins sont mal formés ?"
Si les seins vraiment
ombiliqués sont très rares, il peut cependant arriver que les mamelons soient aplatis;
roulez les alors entre le pouce et l'index, comme une cigarette, ou stimulez leur
érection par massage sous la douche pendant la grossesse.
Les manipulations seront douces et modérées car l'excès de stimulation pourrait
entraîner des contractions.
Une solution complémentaire consiste à porter un soutien gorge dont vous aurez découpé
le bout, afin de permettre la saillie du mamelon. Vous pouvez également porter des
coquilles. (voir image en fin de brochure)
Au moment de la mise au sein, ce qui importe c'est que le bébé puisse prendre dans sa
bouche une grande partie du mamelon.
4) "Lorsque mon enfant sera né, quand doit-il prendre le sein ?"
Le plus tôt possible car
cette mise au sein dans les premières heures après l'accouchement favorise la montée
laiteuse; si on leur en donne l'occasion, la plupart des bébés tètent avec avidité.
Ils savent chercher et trouver le sein. Vous pouvez demander cette mise au sein précoce.
Cependant, si un certain délai est observé pour cette mise au sein, vous aiderez votre
bébé à trouver et à bien saisir l'aréole de votre sein.
5) "Mais, que peut-il se passer pendant les premières mises au sein ?"
Les premières mises au
sein sont un moment d'apprentissage et de découverte pour vous et votre enfant.
Profitez de votre séjour en maternité pour savourer le plaisir d'être avec lui;
bientôt vous vous sentirez plus sûre de vous.
La succion du mamelon peut être inconfortable pendant les premières tétées (bébé
vorace, mauvaise installation...). Progressivement, vous allez trouver la bonne formule!
Si les bouts de seins sont douloureux, l'application de glaçons placés dans
un gant de toilette, sur le mamelon, peut vous soulager. Limitez la durée des tétées à
6 ou 7 mn environ par sein et, en dernier recours, vous pouvez utiliser une tétine
protège-sein. (voir image en fin de brochure)
6) "Et comment éviter les douleurs de la montée laiteuse ?"
Cette tension peut être prévenue si l'enfant peut téter quand il le désire; la montée laiteuse se fera alors de façon plus harmonieuse; mais si la montée laiteuse crée une tension mammaire que vous ressentez avec douleur, vous pouvez la soulager en appliquant des gants d'eau chaude puis en massant vos seins.
7) "Comment m'installer - pour donner le sein ?"
Une idée de cadeau:
faites-vous offrir des coussins! La position la plus confortable est celle qui vous
convient le mieux
Ce qui est important est de soutenir votre dos et de faire en sorte que la bouche du
bébé soit à portée du mamelon. Si vous choisissez la position assise, pensez à
surélever vos pieds et à soutenir le bras qui tient le bébé.
8) "Est-il nécessaire de se nettoyer systématiquement les seins avant et après chaque tétée ?"
La bouche de votre bébé
n'est pas stérile, une toilette du sein quotidienne à l'eau et au savon non parfumé est
suffisante, mais il est important de vous laver souvent les mains.
Si vous êtes amenée à recueillir votre lait pour le conserver, les mesures d'hygiène
doivent être tout particulièrement respectées. (Informez-vous auprès du lactarium de
votre région)
9) "Je viens d'accoucher et je voudrais savoir combien de fois par jour je dois allaiter mon bébé."
La demande de votre bébé
déterminera l'offre, l'équilibre va se créer progressivement; à la maternité, c'est
son appétit et votre disponibilité qui décideront des horaires. Les demandes du bébé
sont souvent anarchiques les premières semaines: c'est normal, il cherche son rythme.
D'une tétée à l'autre, il peut dormir longtemps avant de réclamer.
Ayez confiance en vous, cette période d'apprentissage est faite
d'adaptations réciproques qui contribuent à la réussite de l'allaitement.
10) "Dois je toujours donner les deux seins à chaque tétée ?"
Il est préférable d'alterner les deux seins au cours de la tétée et de ne pas commencer par le même sein à la tétée suivante.
11) "Mon bébé pleure, je crains que mon lait ne soit pas bon, il faudrait l'analyser."
Nayez pas cette crainte, le lait s'adapte parfaitement aux besoins de l'enfant. Sa composition et son goût varient au cours de la jour ée et pendant la tétée: au début, c'est un liquide clair qui étanche la soif du bébé, et progressivement, le lait s'enrichit en matières grasses, devient crémeux et satisfait ses besoins.
12) "Quand dois-je craindre un engorgement et
que faire pour l'éviter ?"
Loffre et la demande
ne sont pas toujours concordantes les premiers jours et " deux situations peuvent
alors se rencontrer: Dans ces deux situations, le massage des seins peut vous aider à passer ce cap
difficile.
La position que vous prenez pendant la tétée, ainsi que celle de votre bébé, sont
importantes pour prévenir l'engorgement, reportez-vous à la question n° 7.
Ne jetez pas votre lait: chaque année, 60.000 enfants
prématurés naissent en France et ont besoin de vous.
Comme les banques de sang, il existe des banques de lait ou lactariums (voir adresses page
21) qui attendent votre appel téléphonique. N'hésitez pas à les contacter même pour
de petites quantités. Ils vous conseilleront et vous apporteront gratuitement, coquilles,
tire-lait manuel ou électrique, ainsi que des biberons stériles pour recueillir le lait.
13) "Je perds beaucoup de lait entre les
tétées, ce qui est inconfortable et gênant. Que puis-je faire pour éviter cet
inconvénient ?"
Effectivement, lorsque vous donnez un sein, l'autre peut couler. Vous pouvez également craindre de tacher vos vêtements entre les tétées. Mieux vaut alors utiliser des coquilles que des coussinets, car chaleur plus humidité favorisent la multiplication microbienne et pourraient entraîner des crevasses.
14) "Je désire allaiter mon troisième enfant. Comment éviter les crevasses qui m'ont tant gênée pour les aînés ?"
Parfois douloureuses quand
elles surviennent, les crevasses sont une cause d'échec de l'allaitement. Elles peuvent
pourtant être la plupart du temps évitées par de petites précautions :
15) "J'ai un début de crevasse, que dois-je faire ?"
Si malgré les mesures de prévention, une crevasse se prépare, il faut la soigner rapidement. Les conseils sont multiples et parfois contradictoires : on peut vous proposer des pommades ou différentes lotions. Assurez-vous d'un conseil médical et avant chaque tétée, veillez à ce que le sein ne présente aucune trace de produit médicamenteux Le plus important est de maintenir le bout de sein sec (vous pouvez même utiliser pour cela un sèche-cheveux). Quand cela vous est possible, n'hésitez pas à exposer vos seins à l'air et au soleil.
16) "Ce qui m'a le plus inquiétée fut de voir
comme le volume des seins a diminué subitement dès mon retour à la maison. J'avais
l'impression de ne plus avoir de lait."
Dans les premiers jours qui
suivent le retour chez vous, fatigue et inquiétude de "ne pas savoir faire"
peuvent provoquer une diminution de la lactation. Cela ne veut pas dire que vous n'aurez
plus de lait.
Reposez-vous, mettez votre bébé au sein fréquemment et augmentez la consommation de
boisson: la montée laiteuse redeviendra petit à petit normale. Pensez à appeler une
amie qui a déjà allaité ou la PMI (Protection maternelle et infantile) qui pourra vous
envoyer une puéricultrice à domicile. Vous retrouverez alors quiétude et confiance en
vous.
Après avoir quitté votre foyer seule, vous revenez à deux: il va falloir trouver un
nouvel équilibre. Cette étape va vous demander une adaptation, la recherche d'un rythme
nouveau avec votre bébé, sans cesse présent par ses joies, ses pleurs et ses petits
ennuis.
Le père de l'enfant va être désormais avec vous et aura bien des occasions de
participer. Il peut langer le bébé, le laver, le bercer, le porter. Partagez vos moments
de repos, votre bébé entre vous deux
17) "Existe-t-il des "recettes" pour avoir plus de lait?"
On prête des vertus à certains aliments, épices et tisanes qui ont l'avantage pour certains, en donnant bon goût au lait, de stimuler la succion du bébé et donc la lactation. Vous pouvez trouver en pharmacie des produits qui réunissent ces différentes caractéristiques; leur effet n'est pas forcément garanti... On dit souvent que la bière favorise la montée laiteuse; cela reste à prouver et n'oublions pas que la bière est une boisson alcoolisée.
18) "On m'a dit que les enfants nourris au sein avaient souvent la diarrhée."
Il est peu probable qu'il
s'agisse d'une diarrhée. Les selles d'un enfant nourri au sein ont des caractéristiques
que vous apprendrez à reconnaître: après l'émission dans les premiers jours du
méconium (noirâtre), les selles sont fréquentes, molles, jaune d'or, si l'enfant ne
reçoit pas de biberon de complément (lait ou eau sucrée).
Si, dans la majorité des cas, les selles sont fréquentes, on peut parfois constater une
à deux selles par jour, voire moins. Ne vous inquiétez pas, de nombreux témoignages
nous font part de la rareté des selles de certains bébés (1 par 24 h). Si le ventre est
souple, ce n'est pas pour autant une constipation.
19) "En nourrissant mon bébé, je suis en quelque sorte à sa disposition, mais j aimerais bien pouvoir me libérer et sortir un peu. Comment faire?"
Cest une question que
se posent souvent les mères pendant la grossesse. L'allaitement maternel, en supprimant
la préparation des biberons, donne un sentiment de libération.
De plus, à notre époque, il est possible de transporter facilement le bébé (poche ou
poussette).
Si vous préférez ou devez sortir seule, vous pouvez alors tirer un peu de votre lait
(manuellement ou avec un tire-lait) et le stocker dans un biberon stérile au
réfrigérateur (dans la partie la plus froide) pendant 48 h ou au congélateur pendant 15
jours ou 3 semaines.
20) "Dois-je peser mon bébé tous les jours?"
A la maternité, votre bébé est pesé tous les jours pour vérifier la reprise progressive de son poids de naissance. De retour chez vous, cette mesure n'est peut-être pas indispensable et peut vous angoisser; une perte de poids, chez un bébé est rare, s'il est en bonne santé et s'il mange bien. Il sera suffisant de peser votre enfant une fois par semaine (un nourrisson prend environ 150 g à 200 g par semaine). N'oubliez pas de reporter le poids sur le carnet de santé de l'enfant.
21) "Je désire allaiter mon bébé plusieurs mois: dois-je craindre l'apparition d'une nouvelle grossesse pendant la période d'allaitement ?"
Lallaitement ne vous
met pas à l'abri d'une ovulation qui peut très bien survenir avant le retour de couches
(à noter que celui-ci n'altère en rien la qualité de votre lait).
L'allaitement retardant le retour de couches, une contraception pourra être envisagée.
Il est important que vous abordiez ce problème avec votre médecin, qui saura vous
conseiller un moyen contraceptif compatible avec l'allaitement.
22) "Mon bébé est tellement vorace et affamé,
que même en lui donnant les deux seins, qu'il vide complètement, il pleure."
Sachez que votre enfant ne pleure pas forcément parce qu'il a faim. Les pleurs représentent son seul moyen d'expression et peu à peu vous saurez les interpréter. Peut-être a-t-il soif, dans ce cas, proposez-lui un biberon d'eau; peut-être a-t-il seulement besoin de rester contre vous et d'être câliné et caressé.
23) "Comment dois-je organiser mon alimentation pour être le plus en forme possible et avoir du bon lait?"
Votre alimentation doit
être semblable en qualité à l'alimentation recommandée pour l'ensemble de la
population. Elle permettra d'assurer vos propres besoins et la fabrication de votre lait.
Cependant, s'il faut manger un peu plus, il ne s'agit pas de "manger pour
deux"...
N.B.: Une brochure diffusée par le CFES, "la Santé dans l'assiette,
" vous apporte des informations sur les aliments, leur composition, leur rôle dans
l'organisme, ainsi que des conseils de préparation.
24) "Mais, en pratique, que dois-je manger ?"
Voici un exemple de répartition des groupes d'aliments au cours de la journée. Bien sûr, ce schéma est indicatif et vous l'adapterez selon vos goûts et vos habitudes.
Petit déjeuner
Déjeuner

Goûter
Dîner
N.B.: N'abusez pas des excitants comme le café et le thé et n'oubliez pas que l'alcool passe dans notre lait, alors abstenez-nous, ou n'en buvez que très modérément et toujours au cours d'un repas. Puisque nous en sommes aux habitudes quotidiennes, un mot sur le tabac: éliminez-le, il est toujours déconseillé et franchement nuisible au cours de l'allaitement.
25) "Y a-t-il vraiment des aliments que je ne
dois pas consommer?"
Il est vrai qu'on dit "il ne faut pas manger de légumes à goût fort;" tels que le cresson, les choux, le céleri, les oignons, car leur arôme parfume le lait. Cependant, votre bébé peut les apprécier. C'est à vous de voir si lorsque vous avez mangé l'un de ces légumes, votre bébé en accepte le goût. Il peut déjà s'initier à votre type de cuisine. Continuez donc à aimer une cuisine relevée et parfumée si telles sont vos habitudes. Il sera toujours temps de la modifier si vous constatez un refus de votre bébé au moment de la tétée.
26) "Je voudrais maigrir en continuant d'allaiter."
Dans la majorité des cas,
un allaitement bien conduit et une alimentation variée et équilibrée, permettent un
retour progressif à votre poids habituel. Un vrai régime amaigrissant, dans le cadre d'un allaitement ne s'improvise pas.
N'hésitez pas à consulter. Remarque: Un allaitement prolongé peut permettre à l'organisme d'utiliser les
graisses stockées pendant la grossesse dans le tissu sous-cutané et donc participer à
la perte de poids.
Si votre excès de poids est trop important, essayez de limiter
27) "Je dois reprendre mon travail dans un mois,
comment faire?"
Que vous souhaitiez
arrêter partiellement ou totalement votre allaitement, vous avez raison d'y penser à
l'avance, car le "mécanisme" ne peut s'arrêter du jour au lendemain. Vous
posez là la question du sevrage. Si votre bébé a moins de 3 mois, vous remplacerez une
tétée (de préférence la moins abondante de la journée) par un biberon de lait le 1er
âge.
Dès que votre bébé sera habitué à ce nouveau mode d'alimentation, proposez-lui un
deuxième biberon au cours de la journée et ainsi de suite. Si votre bébé a plus de 3
mois, référez-vous à la question n° 29
Allaitement et travail sont compatibles aussi longtemps que vous le souhaitez; vous
pouvez, si vous le désirez, continuer à allaiter votre enfant, en conservant la tétée
du matin et celle du soir. Vous n'aurez pas à craindre les engorgements, un sevrage en
douceur permet une diminution progressive de la lactation.
Indépendamment de l'aspect alimentaire, le sevrage est pour vous et pour l'enfant une
nouvelle étape.
Peut-être aurez-vous un pincement au coeur ou une petite nostalgie de cette
"séparation'." Mais c'est l'occasion pour vous et son père de développer un
autre rapport avec lui, et vous l'aiderez dans l'apprentissage de son autonomie.
28) "J'ai déjà commencé à donner un biberon mais il ne l'aime pas et le refuse."
Il est vrai que le goût de
ce nouveau lait est bien différent du vôtre et que le contact de la tétine n'offre pas
le même type de plaisir que votre sein.
Assurez-vous d'abord que votre enfant a vraiment faim. D'autre part, le moment choisi ne
lui convient peut-être pas. Dans un premier temps, pour l'habituer à la tétine, vous
pouvez mettre votre lait dans un biberon et le lui donner.
29) "Mon bébé a quatre mois, je l'allaite encore: dois-je commencer à lui donner autre chose et à quel moment dois-je arrêter l'allaitement ?"
Si sa courbe pondérale est
régulière et si vous souhaitez continuer à l'allaiter totalement, votre lait lui suffit
complètement.
Toutefois, vous pouvez progressivement lui faire découvrir d'autres goûts. En pratique,
commencez par proposer à la fin d'une tétée quelques cuillerées à café de compote ou
de jus de fruits ou de purée de légumes.
L'introduction de poisson, de jaune d'oeuf, de viande, se fera progressivement, plus tard.
Rien ne vous oblige à arrêter l'allaitement à quatre mois. L'arrêt spontané dépend
de votre désir et de
vos contraintes, et peut avoir lieu en un minimum de quelques
semaines à plusieurs mois. L'important est que cet arrêt soit progressif et non brutal.
30) "J'attends mon deuxième bébé et je crains comme pour le premier d'accoucher prématurément: me sera-t-il possible de l'allaiter?"
On appelle prématuré, un
enfant né avant la 37e semaine. Mais quels que soient le terme ou le poids de votre
bébé, les enfants fragiles et sensibles aux infections ont plus besoin que les autres du
lait de leur mère.
Accouchant prématurément, votre lait sera plus riche en protéines et en anticorps que
si vous accouchiez à terme (adaptation remarquable de la nature).
Si votre enfant est transféré ou s'il est trop faible pour téter, vous pourrez tirer
votre lait manuellement ou bien, pour mieux amorcer la lactation, vous pourrez utiliser un
tire-lait électrique dernier modèle. Le lait recueilli sera donné à votre bébé le
plus tôt possible et ainsi, dès qu'il sera capable de téter, vous pourrez le mettre au
sein.
31) "je dois subir une césarienne, cela ne va-t-il pas compromettre l'allaitement?"
Si la césarienne est
pratiquée sous anesthésie générale, une petite quantité d'anesthésiant traverse le
placenta pendant l'intervention et peut être responsable d'une légère somnolence de
votre enfant.
Quand il sera éveillé, ne craignez pas de lui donner votre lait, la quantité
d'anesthésiant qu'il peut contenir sera inférieure à celle qu'il a reçue pendant
l'intervention.
De plus en plus, les césariennes sont réalisées sous anesthésie péridurale et ce
problème devient très secondaire.
Vous pourrez mettre votre bébé au sein dès que vous vous sentirez un peu mieux
Demandez de l'aide à votre entourage pour vous installer allongée ou assise, soutenue
par des coussins.
32) "J'attends des jumeaux et je désire allaiter. Est-ce possible ?"
La plupart des mères du
monde entier sont en mesure d'allaiter des jumeaux de manière satisfaisante. Pendant le
séjour à la maternité, votre disponibilité vous permettra de les mettre au sein l'un
après l'autre. La quantité de lait s'adaptera à leurs besoins.
A votre retour à la maison, une insuffisance de la lactation ou la fatigue peuvent
obliger l'apport de complément de lait le 1er âge. Dans ce cas, il suffira d'alterner
seins et biberons pour chaque enfant en attendant le retour de la lactation. Donner un
biberon ne signifie pas arrêt de l'allaitement, au contraire, essayez de persévérer.
Vous pourrez les nourrir le temps que vous désirez.
Autour de vous, vous pourrez sûrement rencontrer quelqu'un qui a vécu la même
expérience. Essayez de ne pas rester seule, appelez une association, le service de PMI ou
la puéricultrice, qui pourront répondre à votre demande.
33) "Je souffre depuis quelques années de maux
de tête Puis-je continuer pendant la période d'allaitement à prendre les médicaments
qui me soulagent habituellement ?"
Ne prenez aucun médicament
sans l'avis de votre médecin, pendant la période de l'allaitement.
Certains médicaments passent dans le lait et risqueraient d'entraîner des troubles chez
votre enfant.
34) "Dois je arrêter l'allaitement en cas de fièvre ?"
On peut avoir de la fièvre
pour de multiples raisons, y compris celles liées à la montée laiteuse et aux
lymphangites. L'apparition d'une fièvre ne doit pas nécessairement faire arrêter
l'allaitement; c'est en fonction de la cause de la fièvre que votre médecin décidera de
ce qu'il faut faire. Dans un certain nombre d'infections, les anticorps que vous fabriquez
passeront dans votre lait et contribueront à la protection de votre enfant.
Buvez de toute façon abondamment.
MÉCANISME DE LA SÉCRÉTION LACTÉE

N.B.: Ce mécanisme simple peut être perturbé par la fatigue, l'inquiétude, les contrariétés qui provoquent une diminution ou un arrêt de la lactation. Calme, repos et confiance en soi sont nécessaires pour la réalisation harmonieuse de l'allaitement.
Schéma tiré du "Manual of feeding infants and young children." Margaret Cameron and Ingur Hofvander Oxford University Press 1983.

Vous pouvez vous adresser
à l'association Solidarilait qui vous indiquera où les trouver dans votre région.
Siège social Lactarium de Paris: 26, bd Brune - 75014 PARIS. Consultez la liste jointe.
Larrivée de l'enfant représente une situation nouvelle qui demande une adaptation
de la cellule familiale.
Lallaitement
maternel en fait partie et il est bien normal devoir apparaître, la fatigue aidant, un
certain désarroi et des inquiétudes, parfois renforcés par les conseils contradictoires
de lentourage et des professionnels.
Les quelques questions
que nous venons d'évoquer ici renvoient le plus souvent à des réponses où le bon sens
prend une large place; mais il est important d'échanger et de partager vos
préoccupations même si celles-ci sont en apparence anodines. Prenez contact autour de
vous avec les femmes ayant partagé la même expérience, vous pouvez, par exemple, vous
adresser:

Illustration G. Curiace.
Association internationale
Leche League (Ligue pour l'allaitement maternel) B.P. 18 78620 L'ÉTANG LA VILLE
Association nationale
Solidarilait Siège social: Lactarium de Paris 26, bd Brune 75014 PARIS
Associations régionales
(liste non exhaustive: renseignez-vous dans votre région, auprès des professionnels
de santé).
Action pour l'Allaitement
8, rue de l'Abbé-Hanauer 67100 STRASBOURG
Info-Allaitement
Bayers -16460 AUNAC
Groupe allaitement de Lyon
25, rue de l'Églantine - 69500 BRON
Pour connaître les groupes d'entraide français
écrivez à : COURRIER INTER ASSOCIATION-ALLAITEMENT
19, rue de Dalhain - 67200 STRASBOURG

